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Assurance IARD: Le recul du courtage face aux directs ralentit

par Ian Bolduc | 26 octobre 2008 20h35

Les assureurs à courtage ont continué de perdre du marché au profit des assureurs directs en 2007 comparativement à 2006, mais à un rythme moindre que les années précédentes.En 2007, le tandem assureur/courtier domine toujours le marché de l’assurance de dommages au Québec avec 56,3 % des parts du marché, contre 43,7 % pour les directs. Par rapport à 2006, les assureurs à courtage ont ainsi essuyé un recul de 0,8 % de leurs parts de marché au Québec, tous segments confondus. Les directs ont bénéficié d’une hausse équivalente. En 2006, la part de marché des assureurs à courtage était de 57,1 % contre 42,9 % pour les directs.

En 2006, le recul de la part de marché du courtage versus le direct était de 1,5 %. En 2005, il dépassait 2 %.

C’est grâce à l’augmentation des parts de marché dans le secteur de l’assurance aux entreprises que le courtage permet de limiter la fuite. La hausse est de 0,63 %. Les primes des assureurs à courtage en assurance aux entreprises sont ainsi passées de 907 millions de dollars (M$) en 2006 à 925 M$ en 2007. Au cours des deux dernières années, tous les segments d’affaires des assureurs à courtage affichaient une décroissance.

Bonne figure

Les assureurs directs prennent de l’avance dans tous les autres secteurs en 2007. Ils font bonne figure en responsabilité et en automobile, où ils gagnent respectivement 0,94 % et 0,78 %, pour des parts de marché respectives de 18,1 % et de 53 %. Les directs font aussi des gains importants dans la catégorie « autres », qui inclut notamment les segments chaudières et machines, caution, maritime et aviation. Dans ce cas, la croissance des parts affiche 6,1 %, pour une part de marché de 42,9 %. En valeurs absolues, ce marché est toutefois de moindre taille : il compte 432,8 M$ de primes.

Dans son ensemble, l’industrie IARD a vu son volume de primes augmenter en 2007, tout comme les deux catégories d’assureurs. L’industrie affiche un volume de primes de 7,4 milliards de dollars (G$), 4,2 G$ allant aux assureurs par courtage et 3,2 G$ allant aux assureurs directs. En 2006, l’industrie IARD comptait un volume de primes de 7 G$, 4 G$ allant aux assureurs à courtage et 3 G$ allant aux directs.

En 2007, les assureurs directs affichent une croissance de 6,2 % de leur volume de primes, contre 2,8 % pour les assureurs à courtage. En 2006, les assureurs à courtage avaient vu leur volume de primes diminuer de 2,4 %.

Le marché a ainsi bénéficié d’une croissance de 4 %, la plus forte depuis 2004. C’est une meilleure performance qu’en 2006, où la croissance s’était limitée à 0,2 %. Courtage et direct confondus, ce sont les secteurs de l’habitation et de la responsabilité qui ont connu les plus fortes augmentations de leur volume de primes. Elles sont respectivement de 8,3 % et de 8,7 %.

Replis et gains

Chez les cinq principaux assureurs à courtage au Québec, seule L’Union Canadienne affiche un recul de son volume de primes de 2006 à 2007, qui passe de 272 à 234 M$.

ING Canada voit ses primes passer de 800 M$ à 815 M$ de 2006 à 2007. AXA Assurances enregistre une progression de 606 M$ à 678 M$. Chez Aviva, le volume de primes passe de 291 M$ à 295 M$. De son côté, Lloyd’s voit son volume passer de 211 à 228 M$. En 2006, dans le top 5, seule L’Union Canadienne avait affiché une hausse.

Dans le top 5 des assureurs directs, un seul assureur est en perte de vitesse.

BélairDirect essuie ainsi un recul au niveau des primes, qui passe de 233 M$ en 2006 à 222 M$ en 2007. Les autres joueurs sont tous en hausse. Desjardins Groupe d’assurances générales voit son volume passer de 664 M$ à 682 M$. Le Groupe Promutuel enregistre une hausse de 48 M$ et son volume de primes passe de 496 M$ à 544 M$. La Capitale assurance générales voit son volume passer de 355 M$ à 376 M$, tandis que celui de La Personnelle passe de 232 M$ à 238 M$.

Un écart

La part totale du courtage est sans doute sous-estimée de 1 % dans la recension du Journal de l’assurance compte tenu du caractère hybride du Groupe Promutuel. Cette hypothèse est fondée sur le fait que le Groupe Promutuel, qui s’affiche comme un assureur direct, dit tirer 26 % de ses affaires du courtage. Historiquement, ce volume provenait principalement de Promutuel Dorchester et Promutuel Lévisienne-Orléans. Notre tableau présente d’ailleurs les primes de ces mutuelles agglomérées à celles du Groupe Promutuel.

En juillet 2008, les conseils d’administration de Promutuel Dorchester et de Promutuel Lévisienne-Orléans se sont désaffiliés du groupe afin de former le Groupe Ledor, une mutuelle d’assurance. Les autorités réglementaires ont autorisé le regroupement le 1er octobre dernier, selon la nouvelle compagnie.

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