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Aviva Canada teste un retour dans le marché des condos

par Hubert Roy | 26 mars 2018 07h00

Martin-Éric Tremblay et Patrice Jean

La décision d’Aviva Canada de quitter le marché des copropriétés a fait grand bruit en 2015. Trois ans plus tard, l’assureur teste une percée avec Lussier Dale Parizeau.

C’est par le biais d’un programme conçu par Lussier Dale Parizeau qu’Aviva a accepté de retenter sa chance dans le marché des condominiums du Québec. Son expérience se limitera pour l’instant aux syndicats de copropriété d’une valeur de plus de dix millions de dollars (M$).

Martin-Éric Tremblay, vice-président, Québec et Atlantique, d’Aviva Canada, précise qu’il s’agit d’un projet-pilote d’une durée d’un an. « On verra ce que ça donne ensuite. On veut accumuler du data pour refaire notre expérience dans ce créneau. En fonction des résultats, on verra si on étend notre programme ou si on le conserve exclusivement avec Lussier Dale Parizeau. »

M. Tremblay dit que sa compagnie a une volonté de revenir dans le marché du condominium québécois, malgré tous les problèmes qu’il vit. « On veut apprendre à partir de cela et voir comment le marché se comporte. C’est un petit pas, mais aussi une belle éventualité. On veut éviter de refaire les mêmes erreurs. »

Patrice Jean, président de Lussier Dale Parizeau, a révélé que c’est son cabinet qui a approché Aviva pour monter ce programme. « Nous avions été victimes du retrait d’Aviva à l’époque. Nous avions dû trouver des alternatives. Les conditions n’étaient pas toujours favorables pour nos clients, d’autant plus que d’autres assureurs ont resserré leurs règles de souscription par la suite. »

Cette fois-ci, l’approche de Lussier Dale Parizeau est basée sur la prévention. Les syndicats de copropriété qui veulent y adhérer devront montrer les efforts qu’ils font en la matière. Un guide de prévention a ainsi été développé par le courtier pour assister les administrateurs de condos dans leur démarche.

Conditions plus sévères

« Dans certains cas, ça ne peut marcher, notamment pour ceux qui sont à la recherche du plus bas soumissionnaire. On veut déployer notre programme de manière intelligente. Ça prend donc un engagement du syndicat de copropriétés », dit-il.

Même si le syndicat de copropriétés s’engage au niveau de la prévention, il n’est pas accepté pour autant. Seuls sont acceptés les bâtiments en béton, sous l’égide de gestionnaires ayant une formation en la matière. Les bâtiments en brique et en bois sont donc exclus, ceux-ci ayant causé de lourdes réclamations au fil des ans, explique Pierre Gravel, courtier responsable de la gestion du portefeuille et des programmes d’assurance condos de Lussier Dale Parizeau. Ce dernier conçoit d’ailleurs des programmes dans ce marché depuis le milieu des années 1980.

L’évaluation du bâtiment doit aussi être bien faite. Le calcul de la valeur de 10 M$ doit inclure les frais d’architecte, les frais de déblaiement, ainsi que les taxes.

Avoir des systèmes de protection des dégâts d’eau installés dans l’édifice est un plus. Très peu d’entrepreneurs en installent lors de la construction d’un bâtiment, fait remarquer M. Gravel.

Retrouve-t-on beaucoup d’édifices pouvant répondre à ces critères au Québec ? Il y en a de plus en plus, dit M. Gravel, bien que ce ne soit pas encore la majorité. La Tour des Canadiens, à Montréal, en est un exemple, souligne-t-il. « C’est là que sont les grandes valeurs en ce moment », précise-t-il.

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