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BComC veut relancer la Centrale RCCAQ

par Vicky Poitras | 29 avril 2008 19h22

La firme BComC, qui était responsable du développement de la Centrale RCCAQ, étudie la possibilité de relancer le projet de portail unique. Une décision doit être prise à cet effet au plus tard à la mi-mai.C’est ce qu’a révélé Martin Gauthier, gestionnaire intérimaire de BComC, au Journal de l’assurance. (NDLR : Roland Dionne, président de BComC, est présentement en convalescence.)

M. Gauthier ajoute que les avocats de BComC étudient les options légales qui découlent du retrait du Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ) du projet. « En regard de cela, on évalue de relancer la Centrale avec ou sans le RCCAQ. Tout dépendra du différend qu’on a avec eux », précise-t-il.Selon des documents juridiques consultés par le

Journal de l’assurance au Palais de justice de Montréal, BComC réclame le règlement d’un compte de 108 463,31$ que le RCCAQ refuse de verser. BComC est représenté par la firme Heenan Blaikie, tandis que le RCCAQ est représenté par la firme Tremblay Bois et associés.

Malgré ce litige, BComC consulte présentement les assureurs, les fournisseurs de logiciels et les courtiers pour déterminer la possibilité de relancer la Centrale.

« Nous sommes en période d’évaluation. Nous avons la ferme intention de régler ça d’ici la mi-mai », explique M. Gauthier.

André Arsenault, qui agissait à titre de consultant pour le RCCAQ lors du développement de la Centrale, travaille auprès de BComC. Il a envoyé une lettre aux assureurs et aux fournisseurs de logiciels pour mesurer leur intérêt dans le projet.

« C’est encore très fragmentaire. Je participe au projet, mais c’est strictement exploratoire. Par la lettre, nous voulons voir s’ils seraient intéressés à discuter du sujet. On n’est pas près d’avoir des discussions formelles. C’est très préliminaire. On ne sait pas encore où ça va nous mener », spécifie-t-il.

Appuis

Dans sa lettre, BComC indique avoir l’appui de quatre regroupements de courtiers pour relancer les discussions sur le portail unique : AssurExperts, Intergroupe Assurances, Réseau Courtiers Unis et Invessa assurances et services financiers. Les quatre ont confirmé au Journal de l’assurance qu’ils donnaient leur appui au projet à divers degrés.

Robert Beauchamp, président et chef de la direction d’Invessa a signé une lettre à BComC pour donner son appui au concept de portail unique, mais pas nécessairement au projet que pourrait entamer la firme. « Nous croyons au portail et à son utilité. Nous croyons que ça devrait continuer », dit-il.

Jacques Tardif, vice-président d’AssurExperts, a indiqué au Journal de l’assurance que Pierre Boisvert, président d’AssurExperts, a écrit à Martin Gauthier de BComC pour lui faire part de la déception de la bannière vis-à-vis la décision du RCCAQ. M. Boisvert y ajoute qu’il espère que BComC allait continuer dans l’élaboration du projet et qu’il donne son appui au projet.

« Si ça ne se fait pas là, personne ne va vouloir élaborer un projet de Centrale semblable. Ça fait quatre fois qu’on échoue depuis Appui. Ça doit aboutir à quelque chose pour l’intérêt du courtage », dit M. Tardif.

Renée Moore, directrice générale de Réseau Courtiers Unis, a confirmé que sa bannière avait signé une lettre d’appui. « Nous serions aussi prêts à en faire la promotion auprès de nos membres », dit-elle.

Conditions de succès

Intergroupe a aussi donné son appui à la Centrale, mais y a ajouté quelques conditions. « On ne peut pas s’opposer au projet en tant que tel, même si nous avons été échaudés par la décision du RCCAQ. Nous étions courtier testeur à l’automne et nous avons été déçus des tests, car il n’y avait que quelques interfaces disponibles. C’était encore embryonnaire. Nous avons été déçus de leur retrait en janvier, mais ils savent ce qu’ils font », explique Frédéric Dupont, vice-président, technologie.D’autre part, Intergroupe laisse la porte ouverte aux solutions des fournisseurs de logiciels. « Nous voulons donner une chance à Applied Systems et à Technologie Keal de prouver que leurs interfaces en temps réel peuvent être fonctionnelles. Nous sommes en phase d’exploration. Il est important pour nous de garder contact avec tous les fournisseurs. Nous faisons affaire avec Applied pour notre interface. Nous restons en contact régulier à ce propos avec Keal et Deltek, même si nous ne faisons pas affaires avec eux », dit M. Dupont.

Intergroupe a donc attaché des conditions à son appui à BComC. La première est de faire une analyse poussée des objectifs à rencontrer. « Il manquait d’analyse dans le projet du RCCAQ. On veut que BComC prenne le temps de bien analyser le tout avant de se lancer » dit M. Dupont.

Intergroupe veut en plus que BComC détermine le coût d’utilisation par courtier, puisque la bannière juge que cette question était restée floue dans le projet du RCCAQ. Intergroupe veut aussi que l’ensemble des principaux assureurs du Québec appuient le projet.

Finalement, Intergroupe demande à ce que chaque membre individuel d’une bannière soit sondé pour mesurer son appui au projet. Intergroupe se porte volontaire pour sonder ses propres membres. « Notre opinion diffère de chaque membre individuel d’Intergroupe. Il y en a certains qui se rallient à nous, tandis que d’autres sont contre », précise M. Dupont.

Intergroupe voit plus son appui comme une tape dans le dos qu’un appui formel. « On croit que BComC pourrait être surpris de voir le nombre de courtiers qui n’ont pas vraiment besoin de cet outil. Il ne faut pas oublier qu’il y a plusieurs courtiers qui concentrent au Québec et qui ne font affaire qu’avec un ou deux assureurs », fait remarquer M. Dupont.

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