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Des agents généraux obligés d’inspecter les conseillers

par Alain Castonguay | 12 mars 2018 07h00

Michel Kirouac, James McMahon, Pierre Vincent et Stéphane Rochon | Photo : Réjean Meloche

Lors du Congrès de l’assurance et de l’investissement, James McMahon a révélé que des assureurs ont commencé à obliger les agents généraux à s’occuper de l’inspection de leurs conseillers financiers en assurance. Du jamais vu auparavant, dit-il.

« Pour les fonds communs de placement, ça marche déjà comme ça. En assurance, c’est la responsabilité des assureurs. Alors, ils transfèrent le mandat de l’inspection sur le dos leurs intermédiaires. Nous sommes obligés d’aller inspecter des cabinets », a relaté le président, région du Québec, de Groupe financier Horizons.

Pierre Vincent, vice-président, assurance individuelle chez iA Groupe financier, souligne que ce sont les distributeurs qui sont plus proches des conseillers et connaissent mieux leurs besoins. « Du côté de l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP), nous nous sommes engagés à faire des inspections aléatoires chez les conseillers indépendants à travers le Canada. Le conseiller n’aimera pas tellement recevoir la visite des 18 assureurs dans la même année », estime-t-il.

Imposer ce mécanisme d’inspection est virtuellement impossible, puisque le conseiller pourra décider de transférer ses affaires auprès d’un autre agent général, souligne James McMahon. « L’assureur se préoccupe d’abord de protéger sa réputation. Il ne veut pas avoir son nom dans le journal. Il ne veut pas de scandale. Je n’en veux pas moi non plus. Alors, c’est pour ça qu’il met de la pression sur les conseillers », dit-il. La seule manière d’éviter ce surplus de paperasse est d’obliger le conseiller à confier toutes ses affaires au même agent général, ajoute-t-il.

Stéphane Rochon, président et chef de la direction d’Humania Assurance, constate que les changements imposés aux conseillers en valeurs mobilières finissent par s’imposer en assurance. Le tout survient toutefois en moyenne sept ans après.

« Le régulateur a décidé que la situation n’était pas gérable. Il a imposé ça pour les fonds communs. La concentration des affaires du conseiller dans un cabinet, ça se fera bientôt, d’ici cinq ans. C’est inévitable. On s’en va vers ça. » Le régulateur a déjà envoyé beaucoup de signaux à cet égard aux assureurs et aux conseillers, ajoute M. Rochon.

Pierre Vincent souligne qu’il porte le chapeau du réseau de carrière auprès de ses propres représentants. Ses employés lui soulignent que les exigences de conformité ne semblent pas être les mêmes que pour les conseillers indépendants. Parmi les 2 000 conseillers d’IA, plusieurs se demandent si l’existence de ces deux niveaux de conformité est juste.

Il doit y avoir un responsable de vérifier s’il y a adéquation entre les besoins financiers du client et le produit offert, souligne Stéphane Rochon. Michel Kirouac, vice-président directeur général du Groupe Cloutier, a dit lui aussi constater que l’industrie veut imposer ce mandat aux agents généraux.

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