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Des assureurs prennent le virage TI et en tirent des bénéfices

par Hubert Roy | 17 mars 2014 15h17

Les technologies de l’information (TI) occupent une place de plus en plus importante en assurance de dommages. Les assureurs y investissent de fortes sommes. Dans certains cas, les bénéfices sont déjà au rendez-vous.Intact Assurance et TD Assurance ont témoigné de leur expérience relativement à la transformation de données en information au Salon Business Intelligence, tenu au début de novembre, au Palais des congrès de Montréal. Pour les deux assureurs, l’implantation a été parsemée d’embuches. Malgré tout, le jeu en vaut la chandelle, disent les architectes qui ont créé ces systèmes.

Pierre Désilets, directeur principal de l’architecture générale des données chez Intact, a donné quelques indications sur l’implantation de la stratégie de données, Data Vault. Il s’agit d’un outil de modélisation qui archive des données provenant de différentes sources. Il permet de gérer plus efficacement les importants volumes de données qui transitent dans les systèmes informatiques décisionnels d’une entreprise. Dans le cas d’Intact, cette stratégie permet de générer un numéro de police pour un assuré sans avoir toutes les données en main, quitte à les intégrer au modèle plus tard.

« Nous n’avons plus besoin d’attendre la séquence des évènements pour agir. Avant, on ne pouvait pas entrer une réclamation avant d’avoir la police. C’est quelque chose qui n’arrive pas si fréquemment, mais il arrive que des gens aient un accident le jour même où leur contrat entre en vigueur. Parfois, pour toutes sortes de raisons, le courtier fait une vente le lundi ou le mardi, mais il l’entre dans le système le mercredi. Avant, on n’avait pas cette flexibilité. On a donc un système qui ne dépend pas des autres systèmes que nous avons en place. On peut dorénavant les relier ensemble », a expliqué M. Désilets.

Pourquoi de tels investissements sont-ils nécessaires? « Ça revient encore à la capacité de répondre au marché, dit M. Désilets. Notre ancienne architecture datait de dix ou douze ans. À cette époque, Internet faisait ses débuts. L’information publique n’était pas disponible partout, et on ne parlait pas de réseaux sociaux. On faisait donc les transactions le jour, et on mettait tout à jour le soir. Ce n’est plus cela aujourd’hui. Tout est devenu plus instantané. »

Le principal défi d’Intact dans l’implantation de sa Data Vault aura été de le connecter à son ancien système. « À un certain moment, nous avons eu des difficultés avec la Data Vault, mais c’est que nous avions fait l’erreur de vouloir régler nos problèmes comme avant. Nous nous sommes rapidement rendu compte que c’est seulement parce que nous ne savions pas encore comment nous y prendre. La rapidité avec laquelle nous avons pu régler les difficultés prouve l’efficacité de notre Data Vault », dit M. Désilets.

M. Désilets insiste pour dire qu’Intact ressort gagnante de cette stratégie et en tirera d’importants profits. « Pour effectuer ce genre d’implantation, le cadre, l’équipe et l’organisation autour du projet sont très importants. Oui, ce sont des changements qui vont apporter beaucoup de profits, mais il faut savoir comment faire ce changement. C’est pourquoi on a fait affaire avec un cabinet-conseil en intelligence d’affaires pour avancer dans cette voie », dit-il.

Intact poursuit l’implantation de sa Data Vault. « Ce sera toujours un travail sans fin. On arrive avec quelque chose de plus générique, qui n’est plus spécifique à Intact. Ça nous donne une flexibilité que nous n’avions pas avant, car nous sommes justement moins spécifiques », dit-il.

Autre avantage de la Data Vault : répondre immédiatement aux aléas du marché (time to market). « On a la capacité de livrer plus rapidement. À terme, on sera capable de livrer un rapport de performance aux courtiers. On n’en est pas encore là. Il faut se doter d’une architecture plus agile pour le faire. Les courtiers devraient donc en bénéficier. On est en plein déploiement », rappelle-t-il.

L’expérience de TD

Sylvie Makhzoum, vice-présidente associée, planification analytique chez TD Assurance, a à son tour relaté comment son entreprise a implanté un nouveau modèle de TI. Spécialiste des statistiques, elle a construit avec son équipe un modèle prédictif capable de relier les données de milliers de sondages effectués auprès de leur clientèle, aux informations de leur système de données. « Cette intégration permet non seulement de déceler nos lacunes en tant qu’entreprise, mais aussi de prévoir l’effet de changements sur la satisfaction du client », dit-elle.

Mme Makhzoum dit que TD Assurance est maintenant capable de gérer mensuellement l’amélioration de l’appréciation de la clientèle. Elle n’a toutefois pas détaillé les méthodes employées par ses statisticiens. « Ils arrivent toujours avec plusieurs solutions », a-t-elle dit.

La technologie va jusqu’à prédire les revenus engendrés par les modifications. « Nous ne sommes pas rendus aux prises de décisions en temps réel dont tout le monde rêve, mais ce modèle influence déjà la tarification. »

Elle se dit certaine que son modèle donne un avantage à TD par rapport à ses compétiteurs. Le modèle prédictif a pris quatre mois à bâtir et trois mois ont été nécessaires pour l’implanter. Mme Makhzoum dit viser des prédictions avec un taux de réussite de 70 %.

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