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Droit à l’oubli : l’ACCAP répond à Jean-François Lisée

par Mathieu Carbasse | 05 décembre 2016 13h30

En conférence de presse jeudi dernier, le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, proposait de s'attaquer à la discrimination touchant les survivants du cancer, qui sont souvent incapables de s'assurer ou qui doivent payer des primes très élevées, suggérant l'adoption d'un projet de loi pour que ces derniers n'aient pas à payer davantage que les autres citoyens pour leur assurance.

« En ce moment au Québec, ce n'est pas parce qu'on a survécu au cancer qu'on cesse d'en être victime. Pour les survivants, contracter une assurance vie, une assurance invalidité, une assurance habitation, ou même obtenir un prêt s'avère difficile ou impossible, et ce, même si la possibilité d'une récidive est négligeable, voire nulle. Il s'agit d'une forme de discrimination que nous ne pouvons pas tolérer », indiquait ainsi le nouveau chef du PQ.

Mauvaise compréhension des consommateurs

La branche québécoise de l’Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes (ACCAP) n’a pas tardé à réagir. Selon l’association, si une véritable discussion s’engage, elle y participera et réaffirmera, par la même occasion, son soutien aux personnes victimes du cancer, corrigeant également la mauvaise compréhension des consommateurs à l'égard de l’industrie.

« Ce sera d'ailleurs l'occasion de témoigner de manière concrète du support que nos assureurs offrent en cas d'invalidité, de protection pour les maladies chroniques ou lors du remboursement des médicaments coûteux pour le traitement du cancer, leur permettant ainsi de se consacrer à la lutte contre le cancer », explique Suzie Pellerin, vice-présidente adjointe, affaires publiques et gouvernementales de l’ACCAP-Québec.

Discrimination envers les autres maladies?

« Dans la majorité des cas, les survivants d’un cancer redeviennent assurables, avec ou sans surprimes et ce souvent après 10 ans, et même avant pour certains cancers, poursuit Mme Pellerin. Les cas de cancers plus agressifs, plus difficiles à traiter, qui ont eu des récidives ou se sont propagés à d’autres parties du corps doivent, malheureusement être refusés, même 10 ou 15 ans après la fin de leur traitement, leur surmortalité étant évaluée trop risquée à assumer par un assureur. »

Et Suzie Pellerin de s’interroger sur le sort réservé à d’autres maladies. « Si on accorde un statut particulier aux victimes du cancer, demande-t-elle, est-ce qu'on discrimine ceux et celles souffrant d'une autre maladie? »

Le BAC parle de « confusion »

De son côté, le Bureau d’assurance du Canada (BAC), par la voix de sa responsable aux communications, Caroline Phémius, a également tenu à réagir à la proposition du Parti Québécois, rappelant que le droit à l’oubli ne concernait que l’assurance de personnes.

« Il s’agit d’une confusion de la part de Mme Lamarre et de M. Lisée., souligne Mme Phémius. En effet, en assurance de dommages, contrairement à l’assurance de personnes, il n’y a pas de questions relatives à la santé. Il n’est donc pas possible que des personnes se voient refuser une assurance habitation à cause d’un cancer qu’elles auraient eu dans le passé. »

 

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