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E&O : l’offre aux conseillers individuels se raréfie

FLASHFINANCE | PRIVILÈGE DE VOTRE NIVEAU PRO
par Alain Thériault | 17 septembre 2015 09h56

En raison d’une expérience en dents de scie, l’offre s’est raréfiée dans le marché de l’assurance responsabilité erreurs et omissions (E&O) des conseillers financiers.

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Des assureurs se hasardent timidement dans le marché alors que d’autres se sont retirés. Quelques mastodontes comme AIG, Liberty et Chubb du Canada, ainsi que les syndicats de Lloyd’s, dominent le jeu. Le créneau des conseillers financiers assuré individuellement attire peu les assureurs. Outre les syndicats de Lloyd’s, Travelers, AIG et Liberty en font. Des cabinets comme AON, Integro Courtiers en assurances et la turquoise sont considérés comme des distributeurs majeurs en assurance responsabilité.

La directrice de l’assurance spécialisée de Chubb, Janik Lachance, a décrit ses activités d’assurance responsabilité comme celles d’un joueur de niche. (NDLR : Chubb a été acquis par ACE Limited début juillet.) L’assureur souscrit ainsi ses risques auprès de groupes de conseillers. La compagnie assurera par exemple une institution financière pour couvrir tous ses planificateurs financiers. « Notre préférence va à l’assurance aux entités, moins à celle des individus », dit-elle.

Directeur de l’assurance corporative à La Garantie, Philippe Côté a révélé que l’assureur est un joueur récent en assurance E&O. « Nous sommes entrés dans ce marché cette année pour des professions diverses, telles graphisme, consultation, traducteurs et gestionnaires immobiliers. Le programme n’est aucunement axé sur les conseillers financiers et n’a pas encore pris son essor. Nous en sommes aux premiers pas et avons souscrit quelques risques », dit-il.

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La Garantie utilisera son volume d’affaires en assurance des administrateurs et dirigeants comme levier au développement de la nouvelle gamme E&O. « La nouvelle offre complète bien celle de notre bloc d’affaires des administrateurs et dirigeants, et nous permettra de bonifier nos risques existants, lesquels se concentrent dans les PME. Il est plus facile de vendre cette couverture à un client avec qui le lien de confiance est déjà établi », dit M. Côté.

Selon Marie-Frédérique Sénécal, vice-présidente principale et directrice nationale du courtage d’AON Conseillers en gestion des risques, il est difficile d’évaluer le taux de pénétration de l’assurance E&O chez les conseillers financiers. « Beaucoup de primes issues de ce secteur proviennent d’ordres professionnels, par exemple les architectes et les ingénieurs. »

Les primes de l’assurance responsabilité E&O des conseillers demeure stable depuis quelques années, ajoute-t-elle. « Le prix élevé de la couverture peut parfois les surprendre », observe-t-elle. Héritage des scandales financiers du passé, précise Mme Sénécal.

« Selon que le conseiller soit ou non couvert en vertu d’un programme et selon les produits ou services qu’il choisit, sa prime pourra varier entre 700 $ et 3 000 $ », constate Mme Sénécal. Elle explique que la prime différera aussi selon que le programme visée des agents exclusifs d’un assureur, des employés d’une institution financière ou des conseillers indépendants rattachés à une firme de distribution ou une association. S’il y a un peu moins d’appétit des assureurs pour le risque E&O des conseillers financiers, Mme Sénécal souligne que le marché offre néanmoins des solutions.

Grossiste en assurance de dommages, Services de courtage national (SCN) a ses entrées dans plusieurs marchés de l’assurance E&O, y compris celui des conseillers. Mais ce n’est pas sa tasse de thé. « Nous avons accès à des marchés en E&O pour les conseillers financiers, mais nous ne nous orientons pas vers ce segment », dit Serge Ferron, vice-président, assurance responsabilité de SCN.

Le grossiste acceptera occasionnellement ces risques, lorsqu’ils sont transmis par des courtiers qui n’ont pas le volume suffisant pour les placer auprès de grands assureurs. « Nous sommes ouverts à tous les courtiers », dit-il. La plupart des cabinets dans ce segment passent par des grossistes ou sont membres de bannières qui leur permettent d’accéder à des marchés tels que les syndicats de Lloyd’s ou des assureurs tels AIG, Liberty ou Chubb, observe M. Ferron.

 

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