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ING Canada veut reprendre le sentier des acquisitions

par Vicky Poitras | 08 février 2007 17h55

La restructuration majeure que vient d’effectuer ING Canada permettra à son président et chef de la direction Claude Dussault de se remettre en mode acquisition.C’est ce qu’il a affirmé lors d’une entrevue réalisée avec le Journal de l’assurance, quelques heures après l’annonce d’une refonte majeure de la structure d’ING Canada.

Cette restructuration vise principalement deux objectifs : éliminer la confusion dans la conduite de certaines activités et accélérer la croissance de l’entreprise.

ING a ainsi créé un nouveau poste de chef de l’exploitation qui a été confié à Charles Brindamour. À ce titre, M. Brindamour hérite de la responsabilité de toutes les activités d’assurance au Canada.

Délesté de cette responsabilité quotidienne, M Dussault se concentrera sur des objectifs à long terme. Ce sera le cas des fusions et acquisitions, et aussi de la gestion du capital et du risque, de la planification stratégique et du développement du talent au sein de l’entreprise.

La dernière acquisition du groupe remonte à la fin de l’année 2004. ING avait alors acquis Allianz Canada, la division du géant allemand Allianz.

Faut-il voir derrière cette réorganisation une pression des marchés financiers pour plus d’acquisitions? Le président et chef de la direction d’ING Canada affirme que non. « Notre désir de performance n’est pas nouveau. Nos résultats étaient là dans le passé. Il faut continuer à monter la barre. Nous avons l’équipe pour le faire. »

« Il y a encore une centaine de compagnies d’assurance au Canada. Les cinq principaux assureurs IARD au Canada ont une part de marché de 35%. En assurance vie, les trois principaux possèdent plus de 75% du marché. Les cinq plus gros gestionnaires de fonds ont 50% de parts de marché. L’assurance IARD est donc un secteur très fragmenté. Il y a encore beaucoup de place pour la consolidation », estime M. Dussault.

La prochaine acquisition d’ING Canada ne se fera cependant pas en assurance de personnes. La mainmise du secteur par les Manuvie, Sun Life et Great West y rend impossible toute acquisition selon le président et chef de la direction d’ING Canada.

« Nous ne regardons plus ce marché. Il est possible d’avoir du succès lorsqu’on est parmi les principaux joueurs. C’est inaccessible au Canada en ce moment. L’assurance vie ne fait donc pas partie de notre développement », soutient M. Dussault.

ING cherche des acquisitions qui lui ressemblent : assureurs généralistes, tant en assurance aux particuliers qu’aux entreprises.

Objectifs ambitieux

Claude Dussault ne cache pas avoir des objectifs ambitieux à la suite de cette restructuration. Ceux-ci touchent autant le rendement de l’avoir des actionnaires que la croissance interne d’ING Canada.

« Nous voulons réaliser 500 points de base (5%) de plus que le marché pour le rendement de l’avoir de nos actionnaires. Nous voulons aussi que notre croissance interne soit 3% supérieure au reste de l’industrie. Si la croissance interne de l’industrie est à 2%, nous voulons donc que la nôtre soit à 5% », explique-t-il.

M. Dussault se dit satisfait du rendement de l’avoir des actionnaires. Celui-ci a été de près de 25% pour les neuf premiers mois de l’année 2006. Il en va autrement pour la croissance interne. Elle n’a été que de 2% pour la même période. « Notre croissance interne n’a pas été au rendez-vous. Le rendement de l’avoir des actionnaires demeure extrêmement important. En augmentant notre écart avec le marché, nous pourrons réinvestir dans notre croissance interne. Nous voulons utiliser notre atout de taille et d’efficacité pour améliorer notre croissance », indique M. Dussault.

La refonte de la structure visait aussi à clarifier les rôles dans certaines activités.

« Nous avons réalisé qu’il y avait trop de confusions entre les différentes unités d’ING Canada. Nous avons trois opérations distinctes et nos cadres supérieurs y touchaient tous », indique M. Dussault.

La confusion régnait surtout autour des activités rattachées aux réseaux de cabinets affiliés d’ING dans lesquels l’assureur est actionnaire. « En traitant avec un de nos dirigeants d’assurance, des courtiers pouvaient alors percevoir une certaine concurrence provenant des cabinets affiliés », a expliqué M. Dussault. Ils pouvaient ainsi voir en IND un assureur et un distributeur.

Trois nouvelles unités opérationnelles ont été créées pour faire cesser cette confusion : ING Assurance, BÉLAIRdirect et le réseau de distribution affilié, qui regroupe entre autres Grey Power et Canada Brokerlink. Les trois fonctionnent indépendamment l’une de l’autre. Ces entités sont toutes supervisées par Charles Brindamour.

Derek Iles a été nommé président d’ING Assurance. Il était auparavant premier vice-président des activités d’ING en Ontario. Denis Guertin s’occupera de BelairDirect et Roger Randall du réseau de distribution affilié.

« Notre objectif est de grossir chacune de nos business. Chaque opération doit être divisée et avoir une équipe dédiée. Il y aura donc un dirigeant pour chaque entité. Il aura toutes les responsabilités et les fonctions pour développer ses structures », note M. Dussault.

La nouvelle entité ING Assurance est divisée en quatre parties pour couvrir chaque région canadienne. ING a embauché Louis Gagnon, ancien président d’Inovesco, pour diriger les activités d’ING Assurance au Québec. M. Gagnon remplace Gilles Roy, nommé premier vice-président responsable de la gestion des risques, de la réassurance et du cautionnement chez ING Canada.

Allan Blair hérite des activités d’ING Assurance dans les provinces atlantiques. Debbie Coull-Cicchini hérite de l’Ontario, tandis que Jetse de Vries aura les provinces de l’Ouest.

Cette réorganisation a entrainé le départ de Jacques Valotaire, qui était premier vice-président des opérations d’ING Canada au Québec et dans les provinces atlantiques, ainsi que de BELAIRdirect.

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