MENU

La consolidation dans le marché ne doit pas amenuiser l’intérêt du client

par Andrea Lubeck | 02 février 2018 07h00

Evelyne Verrier

Malgré la consolidation qui a cours dans l’industrie, l’intérêt du client doit demeurer une priorité pour les conseillers et intermédiaires de marché.

Cette réflexion est celle d’Evelyne Verrier, associée chez Lavery. Elle l’a partagée lors d’une conférence prononcée à l’occasion du plus récent Congrès 2017 de l’assurance et de l’investissement.

« Face à toute cette consolidation, des enjeux demeurent. L’intérêt supérieur du client doit être priorisé. Agir en conseiller consciencieux, divulguer les liens d’affaires, respecter les règles concernant les conflits d’intérêts, avoir à cœur d’assurer l’impartialité et l’indépendance malgré tous ces mouvements pour être à la fine pointe », a-t-elle expliqué.

Parallèle avec le projet de loi 150

Me Verrier a établi un parallèle entre le projet de loi 150 proposé par le ministre des Finances Carlos Leitão dans l’industrie de l’assurance de dommages et la situation dont est témoin le marché de l’assurance de personnes. Notamment, le projet de loi évoque la règle des 20 %, soit la limite de participation qu’un assureur ou une institution financière peut détenir dans un cabinet. Un cabinet ne pourra plus être inscrit en tant que courtier si la participation d’un assureur ou d’une institution financière dépasse le seuil des 20 %, auquel cas l’inscription devra être faite en tant qu’agence.

« Du moment où un cabinet de courtage doit devenir un agent à cause de toutes les règles sur l’investissement et le financement, cela a un impact sur la responsabilité. Le niveau de responsabilité de l’assureur face à un agent versus un courtier indépendant n’est pas le même », a-t-elle précisé.

Accès au financement

Donc, que ce soit en assurance vie ou en dommages, les enjeux face à la consolidation sont les mêmes, a résumé Me Verrier. « Les couts de conformité et des technologies sont croissants. Les cabinets n’ont plus le choix que d’avoir accès à du financement et à un actionnaire solide », a-t-elle ajouté. Cela force certains cabinets à se tourner vers des assureurs ou des institutions financières pour ce faire.

Et si la règle des 20 % était transposée à l’assurance de personnes, qu’arriverait-il ? Me Verrier dit ignorer la réponse. La question en soulève plusieurs autres, souligne-t-elle.
L’enjeu fondamental de l’indépendance

Parmi les enjeux posés par la consolidation, celui d’indépendance s’avère fondamental. Me Verrier a souligné qu’il faut se pencher sur le niveau d’implication de l’acquéreur ou du prêteur.

« Est-ce qu’un cabinet va garder ses propres conseils, ses propres règles de gouvernance, quel sera le niveau d’influence ? Quelles seraient les règles par rapport aux bonis et quotas de vente ? Les conseillers auraient-ils toujours accès à une vaste gamme de produits, pour maintenir la diversité de produits que sous-entend l’indépendance ? », s’est-elle notamment questionnée.

Publicité