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La progression des bannières stoppée par la consolidation des cabinets

par Vicky Poitras | 06 mars 2007 15h21

Le ralentissement de la progression du volume d’affaires chez les bannières n’est pas causé par un désintéressement des cabinets, affirment les dirigeants interrogés par le Journal de l’assurance. C’est la consolidation de cabinets qui l’explique. Le marché mou dans lequel se trouve l’industrie joue aussi.« Ce qui ralentit la progression des bannières est le phénomène de consolidation qu’on voit avec des cabinets comme Lussier cabinets d’assurance et services financiers ou Dale Parizeau-Morris Mckenzie. Les assureurs prennent aussi de plus en plus le contrôle de certains cabinets, non pas sur le plan financier, mais en termes d’influence. C’est ce qui fait qu’il y a un essoufflement. Ce n’est pas parce que l’utilité des bannières diminue, mais parce qu’il y a moins de courtiers », affirme Bernard Deschamps.

Jean-Pierre Lasalle abonde dans le même sens. « Il y a beaucoup de consolidation entre les bureaux. On n’a qu’à prendre le réseau de télévente d’ING comme exemple. Les petits bureaux tendent à disparaître lentement avec une telle consolidation. On a observé une bonne augmentation du volume d’affaires au cours des sept ou huit dernières années. Maintenant, il reste moins de clients. Il reste donc le même nombre de bannières qui doivent se partager le même nombre de bureaux », enchaîne-t-il.

Claude Chabot souligne que le Réseau Courtiers Unis a connu sa meilleure progression au cours de la dernière année. Il concède cependant que le marché québécois commence à être restreint au niveau des cabinets.

« Il n’y a pas un essoufflement, mais plutôt une atteinte de maturité. Il reste moins de cabinets à mettre sous les bannières. Nous travaillons à rendre nos services plus efficaces. Nous nous stabilisons », ajoute-t-il.
Selon Robert Dupont, le marché mou fait que les cabinets ont moins besoin des bannières parce qu’ils ne se tournent pas vers les marchés spécialisés.

« Le besoin des bannières est moindre, car le marché est ouvert. Nous aurions pu perdre beaucoup de courtiers chez Inter Groupe, mais nous en avons perdu seulement six. Je n’ai pas vu beaucoup d’autres courtiers sortir des bannières. Ce n’était pas le moment pour se regrouper. Ça dépend aussi des marchés. Si nous avons déjà trois cabinets dans une région, on n’y rentrera pas une quatrième fois. Il y a certains moments où on ne peut plus en prendre », mentionne-t-il.

M. Dupont prévoit un retour dans un marché dur en 2008 et croit que les cabinets sentiront alors la nécessité de se trouver sous une bannière.

« Il y aura encore plus de progression dans les regroupements à partir de 2008. Il y aura moins de marchés disponibles, car il y aura encore des fusions d’assureurs d’ici trois à cinq ans. C’est là que les cabinets sentiront plus le besoin de se regrouper. Il n’y pas juste Claude Dussault et ING qui veulent acheter. Toutes les compagnies veulent acheter. Chaque fois qu’un assureur disparaît, le besoin de se regrouper est plus fort », plaide le président d’Inter Groupe.

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