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La Survivance veut accroitre sa présence en Ontario

par Vicky Poitras | 16 juin 2010 19h13

Pour un petit joueur comme La Survivance, la spécialisation est une question de survie. Sa taille plus modeste ne l'empêche toutefois pas de croître. À cet effet, sa présence en Ontario constitue un atout majeur sur lequel l'assureur compte tabler d'ici la fin de 2010.Richard Gagnon, président et chef de la direction de la mutuelle établie à Saint-Hyacinthe et spécialisée dans les produits de prestations du vivant, souligne que son incursion en assurance voyage en Ontario avec sa filiale La Survivance-Voyage fonctionne bien. « Nous avons réalisé une croissance de 20 % dans ce segment en 2009 par rapport à 2008 dans nos affaires d'assurance voyage, et ce, avec une rentabilité intéressante. De plus, 15 % de ces ventes proviennent de l'Ontario », souligne-t-il. C'est Jean Hervieux qui dirige les activités d'assurance voyage en Ontario.
La Survivance compte aussi se développer progressivement en Ontario. Prochaine étape: connaitre la même croissance en assurance vie individuelle qu'en assurance voyage, illustre M. Gagnon. À cet effet, La Survivance a nommé un directeur pour sa filiale LS Mutual en avril. Il s'agit de Michael Suska, un transfuge de Great-West.
Le président de La Survivance croit au potentiel de l'Ontario pour ses produits spécialisés. « Nos produits spécialisés en assurance invalidité pour les cols bleus et le marché à revenus moyens ont des qualités qu'on ne retrouve pas dans le marché ontarien. Leur structure, les garanties offertes, les commissions, tout est différent », dit-il.
Par ailleurs, La Survivance amorce maintenant une réflexion sur ses grandes orientations des cinq prochaines années, après six ans d'un plan de match qu'elle a suivi à la lettre. « Nous dessinerons l'entreprise des cinq à dix prochaines années, sans toutefois faire une révolution : les choses vont trop bien. Nous remettrons en question ou revaliderons nos choix stratégiques. Nous analyserons, entre autres, quel sont les types de produits et services dont nos partenaires de distribution auront besoin dans le futur », révèle M. Gagnon.
La Survivance cherchera aussi à mieux tirer parti de son statut de mutuelle. « Nous voulons mettre de l'avant les avantages que notre statut donne à nos partenaires de distribution et à nos assurés. Il nous permet de développer nos produits et services sans la pression que subissent les sociétés publiques et qui pousse souvent les dirigeants à poser des gestes audacieux », dit-il.
Le plan 2010-2015 de La Survivance verra le jour dans huit à dix mois. Pour l'heure, la mutuelle vient de compléter son programme de refonte de la gouvernance d'entreprise. Le programme prévoit le partage des responsabilités dans l'entreprise, et précise les attentes du conseil d'administration face aux activités de La Survivance.
L'assureur réfléchit aussi aux autres outils technologiques qu'il compte mettre en place dans son prochain plan stratégique. « Plus on développe de tels outils, plus on réalise combien ils sont efficaces pour accélérer le traitement des dossiers. La barre augmente sans cesse, les délais deviennent de plus en plus court, tant à l'émission des polices qu'en réclamation », a confié M. Gagnon.
Bénéfice record en 2009
Le président de La Survivance affirme que son entreprise a réalisé des ventes exceptionnelles en 2009 malgré un climat d'incertitude. Engagé dans un plan visant à augmenter son efficacité, elle a ainsi réussi à gérer cette poussée de croissance pour produire un bénéfice net record.
Les revenus de La Survivance ont atteint 77,3 millions de dollars (M$) en 2009. Ils représentent une croissance de 30 % par rapport à ceux réalisés en 2008. L'assureur a aussi livré un bénéfice net record de 4,4 M$, pour un rendement sur l'avoir des mutualistes de 12,9 %. « 2009 a été fantastique, dit M. Gagnon. Notre croissance de 30 % n'est pas la meilleure de l'industrie. C'est ainsi depuis plusieurs années. Toutefois, nous sommes particulièrement fiers de notre bénéfice record, car il n'est pas facile de concilier forte croissance et bénéfices ».
C'est selon lui un signe que la structure financière de l'entreprise est solide. « Nous nous sommes dotés d'un profil de gestion du risque structuré il y a 18 mois. Nous avons été un des premiers assureurs québécois à le faire, se félicite-t-il. Nous suivons de près une trentaine des principaux risques qui peuvent affecter une compagnie d'assurance : volatilité, variation des taux d'intérêts, possibilité de catastrophes à l'échelle nationale, etc. Nous en mesurons l'impact, la fréquence et la probabilité pour éviter les mauvaises surprises. »
Le plan stratégique triennal mis en place en 2008 comprenait aussi un volet important sur les gains d'efficacité. « Nous travaillons depuis plusieurs années à faire croitre nos revenus plus rapidement que nos dépenses. Nous avons révisé nos méthodes et nos outils, notamment au chapitre de l'organisation du travail et de la technologie. Nous avons ainsi réussi à absorber le volume supplémentaire de ventes en maintenant la qualité du service. » La Survivance a déjà investi près de 2 M$ dans son chantier technologique et compte investir un autre million de dollars d'ici à ce que se termine son plan stratégique en 2011.
Outre les gains d'efficacité, deux autres facteurs expliquent le bénéfice net record : de bonnes stratégies de placement et un excès de prudence. « En raison des problèmes de liquidités qu'ont vécus même les grandes sociétés solides, nous avons été en mesure d'investir dans des obligations corporatives à des taux extrêmement intéressants », explique M. Gagnon. Par exemple, la Survivance a pu mettre la main sur des émissions d'institutions financières pour de longues périodes, tel 30 ans, à des taux de 7 % à 8 %. La Survivance a aussi bénéficié d'un coussin inattendu : une provision qu'elle avait mise de côté en vue d'une décision gouvernementale en matière de fiscalité. Favorable, cette décision a permis à l'assureur de se réapproprier la provision.

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