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L’avenir du Regroupement des conseillers en jeu

par La rédaction | 14 février 2013 14h18

Déçus de voir leur membership stagner malgré leurs efforts, le président du Regroupement des conseillers de l’industrie financière du Québec (RCF), René Auger, et son vice-président, Léon Lemoine, ont révélé en primeur au Journal de l’assurance qu’ils ne renouvèleront pas leur mandat.MM. Auger et Lemoine demeureront membres du RCF après la prochaine assemblée annuelle de mai. Ils s’inquiètent toutefois de l’avenir de l’association. Ils croient que trop de conseillers ignorent le rôle que pourrait jouer le RCF pour protéger leurs intérêts. Les deux dirigeants constatent que l’incompréhension freine l’adhésion, plus que le cout.

Élu en 2011, M. Auger s’est vite empressé de bâtir une offre de services aux membres qui soit suffisamment alléchante pour provoquer une vague de recrutement importante. Il a rehaussé la visibilité du RCF en établissant des liens avec les médias. Il a réuni des rabais aux membres pour divers services.

Un peu plus d’un an plus tard, le RCF compte toujours moins de 400 membres, comme à sa fondation, en 2006. La cotisation au RCF est pourtant modeste : 180 $ par an pour les membres qui l’acquittent à raison de 15 $ par mois et 150 $ pour ceux qui l’acquittent en un seul versement.

Si ce n’est pas une question de sous, quel est le problème, s’est questionné M. Auger. En réponse, il a récemment soumis à son conseil un bilan présidentiel qu’il qualifie aussi de successoral. Il s’inquiète de n’avoir pas atteint le cap des 1 000 membres. « Nous nous retrouvons dans une situation où quelques centaines de membres contribuent financièrement à la protection des intérêts de quelques dizaines de milliers de conseillers. C’est amoral », tranche-t-il.

« René et moi avons donné nos derniers litres de sang, renchérit de son côté le vice-président, Léon Lemoine, et ce, le plus souvent de façon bénévole. Je crois au RCF, même si j’ai parfois l’impression de prêcher dans le désert. Peut-être l’organisme a-t-il besoin de sang neuf à sa direction. »

L’heure des questions a en effet sonné pour les deux administrateurs. « Je crois à la raison d’être du RCF et je continuerai d’y croire après avoir quitté la présidence, mais nous allons demander aux conseillers : «Est-ce que vous voulez une association?», dit M. Auger. D’après mes observations et mon opinion, je pense qu’ils n’en veulent pas », laisse-t-il tomber avec amertume.

Pourtant, le besoin semble là, témoigne pour sa part M. Lemoine. « Nous recevons fréquemment des courriels et des appels de conseillers qui nous demandent pourquoi nous ne sommes pas montés aux barricades pour ceci ou cela. Je leur demande s’ils sont membres. Ils me répondent que non », déplore M. Lemoine.

Les institutions financières ne se lèvent pas pour défendre leurs travailleurs, salariés ou autonomes, constate aussi M. Lemoine. Il soutient que seule une association indépendante de conseillers peut le faire.

Il se rappelle le sondage d’Option consommateurs paru dans Protégez-Vous, en 2007, qui concluait qu’un conseiller financier sur deux est incompétent. « Personne n’a rouspété devant ce sondage dévastateur sur l’image des conseillers », se souvient-il. Il rappelle également que cette enquête avait été subventionnée par le Fonds pour l’éducation et la saine gouvernance de l’Autorité des marchés financiers.

MM. Auger et Lemoine ont d’ailleurs manifesté leur intention de demander une subvention à ce fonds. Ils croient que l’Autorité doit affecter des fonds pour aider à rétablir l’image des conseillers financiers.

Les dirigeants du RCF demeurent par ailleurs amers, après avoir entrepris des démarches auprès des agents généraux qui n’ont pas donné les résultats escomptés. Le RCF a reçu l’appui du Groupe financier Horizons – Force financière Excel lors du lancement du « Label d’éthique », en juin dernier. Son PDG, James McMahon, a même incité ses conseillers à devenir membres. Cette démarche n’a pas stimulé l’adhésion, observe M. Lemoine.

D’autres agents généraux rencontrés n’ont pas osé s’impliquer. « Je les comprends. Ils sont pris entre les intérêts de leurs conseillers et ceux de leurs fournisseurs », dit-il, en déplorant ce rendez-vous manqué. « Ils avaient pourtant l’opportunité de prendre le leadeurship et de se réunir pour dire aux assureurs : «C’est terminé, les exigences de volume» ».

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