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Le marché de l’assurance de dommages se rétablira de lui-même, disent des dirigeants de bannières

par Hubert Roy | 14 février 2013 15h21

Le marché de l’assurance québécois a été chamboulé par les nombreuses acquisitions, qui l’ont secoué au cours des deux dernières années. Plusieurs dirigeants de bannières croient que cette situation est temporaire. Ils s’attendent ainsi à voir de nouveaux joueurs émerger.Pierre Boisvert, président d’AssurExperts, croit que la concentration des assureurs rendra les bannières indispensables pour les courtiers. « La consolidation a toutefois un impact. Les assureurs deviennent plus frileux à mesure que le volume augmente. C’est plus difficile à traiter du point de vue du courtier. Le courtier qui fait affaire avec un assureur fort a aussi besoin d’être fort lui-même. Il a alors trois options : consolider en réalisant des acquisitions, concentrer auprès d’un assureur ou joindre une bannière. »

Malgré tout, M. Boisvert dit croire que de nouveaux joueurs vont arriver dans le courtage. « Ce ne sera pas des gens qui viennent du Québec. Ils vont toutefois venir rétablir le marché », dit-il.

Mario D’Avirro, président de CourtiersNet, ne cache pas que la perte d’AXA a provoqué un changement, étant donné qu’il s’agissait d’un des deux plus gros joueurs du marché québécois, avec Intact. L’acquisition de Jevco a aussi causé la perte du plus gros marché des courtiers en auto sous-standard. « Depuis ce temps, les autres assureurs sont plus réceptifs à nos demandes. La consolidation nous a touchés, mais nous n’avons pas eu à transférer de volume, car nos franchisés décident où placer leur volume. Le tout est en train de se rétablir par lui-même. On voit dans l’industrie que les plus petits joueurs sont en train de prendre plus d’importance. Ce n’est donc pas un gros problème et il va se régler de lui-même », dit-il. Pierre Duquette, PDG d’Intergroupe, note que la plupart de ses membres ont terminé 2012 en croissance. Ils tendent toutefois à se diversifier à la fois en assurance des particuliers et en assurance des entreprises. « La réduction du nombre d’assureurs a fait en sorte que les courtiers se sont retournés vers les bannières, compte tenu que nous avons les marchés pour pallier ceux qu’ils ont perdus », dit-il.

Claude Chabot, président de Réseau Courtiers Unis, affirme que toute disparition de marché est une mauvaise nouvelle. « Qu’on ne vienne pas me dire qu’il y a là des opportunités. Oui, il y a des bons côtés à la consolidation, mais elle amène plus de mauvaises nouvelles. C’est indéniable, car les négociations qu’on a avec eux sont plus difficiles. Ils sont plus sélectifs dans leurs risques et rejettent plus facilement le client difficile à assurer. Néanmoins, ça vient justifier le besoin d’une bannière comme la nôtre, nos membres comptant plus sur nous. »

Yannick Jetté, directeur général du Groupe Jetté, ne cache pas que les courtiers s’inquiètent toujours au sujet du prochain assureur qui disparaitra. « En assurance des particuliers, on considère que nous avons une offre acceptable. En assurance des entreprises, c’est là que ça devient difficile. AXA et Intact y étaient très agressifs. Les autres assureurs ont tardé à suivre le pas. Ils sont en effervescence en ce moment. On espère revenir à la compétitivité d’autrefois entre assureurs et que d’autres joueurs à courtage vont prendre la place, car c’est en assurance des entreprises qu’on va regarder pour aller chercher de nouveaux marchés », dit-il.

Jean-Pierre Tardif, président d’Assurancia, souligne que la consolidation crée une forte pression sur le courtage. C’est encore pire si on y ajoute la question de l’harmonisation des taxes, dit-il.

« Ça peut néanmoins devenir positif. On veut tirer profit de ça. À notre avis, la consolidation n’est pas terminée. On verra encore des acquisitions, tant chez les assureurs à courtage que les directs et les courtiers. On voit que plusieurs propriétaires recherchent des solutions et ils regardent pour vendre ou fusionner. On est à l’affut de cela. Le marché est très nerveux en ce moment, comme des chevaux de course avant de prendre le départ. On veut ainsi tirer profit des opportunités qui vont se produire », dit-il.

AssurExperts exonère les nouveaux membres

AssurExperts a pris la décision d’exonérer les nouveaux membres qui se joindront à la bannière des frais pour 2013. L’offre est valide jusqu’au 31 mars. « Ça a généré beaucoup d’échanges et de commentaires, dit Pierre Boisvert. Les propriétaires de cabinets de courtage sont vieillissants et la consolidation s’accroit. Il est illusoire pour une bannière de penser avoir de la croissance, alors que le nombre de cabinets diminue. Le phénomène qu’on va vivre, c’est que les cabinets vont changer de bannière. C’est plus long comme processus, car c’est dans la nature humaine d’être réfractaire au changement. La croissance d’une bannière se fera donc au détriment d’une autre. »

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