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Le mauvais exemple du Soliris

par Alain Castonguay | 15 mars 2017 06h30

Photo : Pixabay

Il y a beaucoup d’intervenants en assurance médicaments, et chaque groupe a ses responsabilités à accomplir si l’on veut maintenir le régime, dit l’actuaire indépendant Jacques L’Espérance.

Les compagnies pharmaceutiques sont citées au premier chef par l’actuaire, qui donne souvent l’exemple d’Alexion Pharmaceuticals, fabricant du Soliris. Ce médicament aide à combattre les symptômes associés à deux pathologies rares qui attaquent le système immunitaire et permettent au patient de rester actif sans toutefois le guérir.

La prescription du Soliris coute 500 000 $ par année. « Il y a 7 000 maladies orphelines dans le monde. S’il faut dépenser ce montant pour chacune d’elles, on comprend vite que le système va casser », a dit M. L’Espérance, lors du Congrès de l’assurance et de l’investissement 2016.

Alexion a été fondé en 1992, et a déclaré ses premiers profits de 33 millions de dollars (M$) en 2008, après avoir investi quelque 800 M$ pour développer la molécule. Les sept années suivantes, les profits d’Alexion ont totalisé 2 milliards de dollars (G$), dont plus de 800 M$ seulement pour l’année 2014. « Je pense qu’ils sont rentrés dans leur argent », a dit à la blague M. L’Espérance.

Alexion a contesté devant la Cour fédérale la juridiction du Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB) et sa capacité de fixer le prix de ses produits. Le fabricant a été débouté le 23 juin 2016. L’audience du CEPMB sur le Soliris a commencé en janvier 2017 et se poursuivra en février et mars.

Au début du Régime général d’assurance médicaments (RGAM) en 1996, le médicament le plus cher était le Betaseron, utilisé pour traiter la sclérose en plaques. Il coutait alors 17 000 $ par année, soit l’équivalent de la moitié du salaire annuel moyen au Québec. À 500 000 $, le Soliris correspond désormais à 10 fois le salaire annuel moyen.

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