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Le régulateur doit viser les fonds maisons plutôt que la rémunération des conseillers indépendants

par Alain Thériault | 16 février 2017 07h00

Robert Frances | Photo : Réjean Meloche

Robert Frances exhorte les régulateurs à se pencher davantage sur le problème des fonds maisons. C’est là que réside le plus grand potentiel de conflits d’intérêts, clame-t-il.

Le PDG de Groupe financier PEAK dit en avoir assez de toutes ces initiatives réglementaires qui se chevauchent et s’entrecroisent, sans nécessairement atteindre leur objectif. « Une seule étude a-t-elle démontré l’effet positif de toutes ces démarches réglementaires sur l’enrichissement du client, se demande-t-il.

Il y a une fatigue présentement dans le réseau, poursuit M. Frances. « Il y a 15 ans qu’on parle du prospectus simplifié, du document à remettre au point de vente. Ça ne valait rien tout cela ? Maintenant que les clients ont ces documents, ils n’en veulent plus. Ils veulent des conseils et du rendement. »

Pour démontrer que les régulateurs ratent leur cible en exigeant le dévoilement des frais, Robert Frances évoque la métaphore du médecin. « Combien d’entre vous savez combien gagne votre médecin ? Si vous le saviez, en changeriez-vous pour un autre qui gagne 10 $ de plus. Ce n’est pas ce que les gens veulent. Ce qu’ils veulent, c’est avoir du service, vivre en santé et longtemps », dit-il.

Le PDG de PEAK estime que le régulateur perd un peu de vue la noblesse de la profession avec MRCC2. « Il donne à penser qu’un conseiller cachera sa rémunération et vendra plus un produit que l’autre en raison de la commission qu’il gagne.

C’est d’abord à la source de ce problème que doit aller le régulateur, non seulement exiger la divulgation. Cette source de conflits d’intérêts réside plutôt dans les fonds maisons des grandes institutions financières, selon M. Frances. « Les régulateurs mettent l’accent sur une partie du cout, alors qu’il y a bien d’autres facettes que la rémunération du conseiller. On devrait obliger les cabinets qui vendent des produits maisons ou qui ne sont pas indépendants à dévoiler les conflits d’intérêts potentiels », dit-il.

Il croit que les conseillers ont beaucoup plus de succès à capter l’attention des clients lorsqu’ils abordent ce que l’indépendance peut faire pour mitiger le risque de conflits d’intérêts. M. Frances appelle les conseillers à faire entendre leur voix à ce sujet.

« Le régulateur devrait mettre l’accent sur des études comme celle du CIRANO, plutôt que sur votre rémunération. Si les conseillers et leurs clients se manifestent, cela fera peut-être bouger les choses. Par exemple, les régulateurs ont reconnu que les fonds maisons pouvaient prêter le flanc à des conflits d’intérêts », dit M. Frances.

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