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L’emprise du trio dominant fléchit et les joueurs moyens en profitent

par Caroline Phémius | 30 novembre 2007 19h30

L’emprise du trio dominant a subi cette année encore un recul. Les joueurs moyens se sont quant à eux taillé une meilleure place dans ce marché où gruger quelques miettes nécessite des ventes considérables.
Selon l’étude réalisée chaque année par Fraser Group sur le marché de l’assurance collective au Canada, les revenus de ce secteur ont crû de 6,4% en 2006 par rapport à 2005. Les revenus d’assurance collective ont en effet atteint 25,3 milliards(G)$ l’an dernier, contre 23,7G$ en 2005.Ce sont toujours les trois mêmes compagnies qui se partagent la plus grosse part du marché au Canada, soit Great-West (incluant Canada-Vie et London Life), Financière Manuvie et Financière Sun Life.

En 2006, la poigne de ces mastodontes s’est toutefois relâchée quelque peu. Le trio n’accaparait plus que 66,1% du marché canadien en 2006, contre 66,8% en 2005 et 70,4% en 2004. Sun Life a été la seule à croître l’an passé : sa part du marché canadien est passée de 21,2% à 21,8%.

De leur côté, plusieurs concurrents de taille plus modeste ont tiré leur épingle du jeu grâce aux bons revenus qu’ils ont réalisés en 2006. Parmi eux, les sept joueurs qui suivent le trio dans le top 10 analysé dans l’étude de Fraser Group ont dans l’ensemble accru leur part du marché canadien de 1,3% en 2006. Ils l’ont ainsi portée à 29,2%.

Malgré le recul des trois joueurs dominants, les joueurs moyens ont permis au top 10 d’accroître sa domination sur le marché canadien, révèle les données de Fraser. Ce top 10 s’octroyait en effet une part des revenus d’assurance collective de 95,3% au 31 décembre 2006, contre 94,7% un an plus tôt.

Ces joueurs moyens répertoriés par Fraser sont, en ordre décroissant, Croix-Bleue (résultats consolidés de toutes les entités canadiennes), Desjardins Sécurité financière (DSF), SSQ Vie, Green Shield, Industrielle Alliance, Standard Life et Groupe Co-operators.

Le changement le plus marqué chez les joueurs de taille moyenne est venu de l’ensemble des Croix-Bleue canadiennes. Celles-ci ont augmenté leur part du marché de 1% entre 2005 et 2006, pour l’établir à 10,6%.

Avec une croissance beaucoup plus modeste, DSF se félicite tout de même d’avoir augmenté sa part du marché canadien de 0,2%, pour passer à 5,1% en 2006, selon Fraser. En quoi une croissance de 0,2% peut-elle impressionner? « Pour augmenter notre part de marché de 0,2%, nous avons dû faire croître nos revenus d’assurance collective de 1,165G$ à 1,289G$ », explique André Simard, vice-président ventes assurance pour les groupes et les entreprises à l’échelle canadienne. Ce qui représente des ventes nettes de 125M$ pour DSF en 2006.

Malgré les bons coups des joueurs intermédiaires, Ken Fraser écarte toute possibilité d’un bouleversement au sein du peloton de tête pour des années à venir. « Cela fait 25 ans qu’elles forment le top 3 », rappelle le président de Fraser Group.

Fusions

Si ces trois géants ont perdu quelques parts de marché dernièrement, c’est à cause de diverses fusions et consolidations, croit M. Fraser. Or, ils vont d’ici peu mettre les bouchées doubles pour se rattraper. « Les petites compagnies risquent de connaître des moments plus difficiles », anticipe-t-il.

Il constate aussi que les compagnies du top 10 se livrent une bataille féroce. Parmi les faits d’armes, il rappelle que DSF a soufflé le contrat du gouvernement de Terre-Neuve et Labrador à l’assureur Croix-Bleue en 2006.

Il ne serait pas surpris que l’on assiste à d’autres changements majeurs en 2008 puisque, dit-il, le gouvernement du Canada va actuellement au marché pour renégocier le régime qui couvre ses fonctionnaires.

DSF dépassera SSQ

Dans le marché québécois, la concentration est moins marquée à première vue. Le trio dominant ne contrôle que 51,8% du marché. Par contre, le top 10 en contrôle 98,2%. Une emprise plus marquée que dans l’ensemble du Canada.

Le mouvement des parts de marché s’est d’ailleurs fait plus discret qu’à l’échelle canadienne, selon les données de Fraser Group. Le trio a subi un recul d’un demi de 1%. Dans l’ensemble, les sept joueurs suivants n’ont accru que très légèrement leur part de marché, soit de 0,2%.

Comme dans le classement canadien de Fraser Group, celui du Québec ne comporte aucun changement de position chez les joueurs par rapport à 2005.

SSQ Vie domine toujours, suivi de Desjardins Sécurité financière et Financière Manuvie. Les deux premiers se démarquent du lot alors que Manuvie est talonné de près par Sun Life et Great-West, en ordre décroissant.

Suivent L’Industrielle Alliance, La Capitale, Croix-Bleue (regroupant toutes les entités actives en collectif au Québec), Standard Life et Empire Vie.

Or, des traditions pourraient bientôt être bouleversées dans le marché québécois. Chez DSF, André Simard s’attend en effet à damer le pion à SSQ Vie en termes de parts de marché en assurance collective au Québec en 2007.

Les données de Fraser Group ne tiennent pas compte des résultats en matière d’assurance crédit et associations (groupes affinité). Dans ses prévisions, M. Simard exclut donc aussi ce secteur. C’est que l’assureur de Lévis est également très présent en assurance crédit. Inclure ce secteur aurait pour effet de biaiser le classement.

Pour appuyer ses prévisions, André Simard rappelle que DSF a signé plusieurs gros contrats d’assurance collective au Québec cette année. « Nous avons eu six groupes de plus d’un million$ de primes, dont un d’une vingtaine de millions$ à lui seul. En fait, nous avons vendu ici au-delà de 50M$. Ajoutons que nous n’avons pas eu plus de terminaisons de régimes que prévu, et cela fait une bonne année », commente M. Simard.

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