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L’endettement affecte la vie de couple et la santé mentale

par Alain Thériault | 01 août 2018 11h30

Photo : Freepik

L’endettement et de la hausse des taux d’intérêt a un effet néfaste sur nombre de Canadiens, selon le Rapport de Manuvie sur l’endettement et la hausse des taux d’intérêt. Source de stress pour plusieurs, l’endettement rend les Canadiens particulièrement craintifs envers la hausse des taux d’intérêt. Curieusement, ils ne priorisent pas d’en parler à leur conseiller ni d’établir un plan financier.

Fort de 2003 réponses de Canadiens de 20 à 69 ans interviewés en mai, le sondage effectué par Ipsos pour le compte de Banque Manuvie révèle que l’endettement est à l’origine du stress de 50 % des répondants. De plus, 54 % estiment que leur situation financière actuelle leur rendrait difficile de gérer une dépense imprévue.

 

Détresse et insomnie

Leur niveau d’endettement empêche 32 % des participants de dormir, et a une incidence sur la santé mentale de 40 %. Parmi les participants, 47 % se sentent souvent dépassé par leur situation financière et 44 % s’inquiète du paiement de leurs factures.

Parmi les participants au sondage de Manuvie, 51 % entretiennent des sentiments négatifs à l’égard de l’endettement. Ceux-ci se concentrent chez es Canadiens très endettés, des résidants des Prairies et des locataires.

Tensions et cachoteries

Trois Canadiens mariés ou en union de fait sur dix sont d’avis que l’endettement est à l’origine de problèmes dans leur relation. Cette proportion atteint 56 % chez les très endettés et 43 % chez les moins de 35 ans. Environ le tiers des participants au sondage ont dit être très endettés ou avoir quelques dettes.

 

Parmi ceux qui parlent d’argent avec leur conjoint, la moitié indiquent que ces conversations entrainent toujours ou parfois des tensions, voire des problèmes dans leur relation. Chez les moins de 35 ans, 34 % ont dit que leur conjoint ne sait pas à combien s’élèvent leurs dettes, alors que 33 % des très endettés ont eu cette réponse.

Un Canadien endetté sur 10 a déclaré qu’il a complètement caché le cout d’un achat important à l’un de ses proches, et un sur 10 affirme avoir menti sur le cout d’un achat. Les hommes sont plus susceptibles d’avoir complètement caché à un proche le cout d’un achat. La majorité de ces achats (63 %) étaient inférieurs à 1 000 $, mais 8 % des hommes interrogés ont caché un achat d’une valeur égale ou supérieure à 15 000 $.

« Au Québec, parler d’argent semble traditionnellement tabou, même au sein d’un couple, a souligné Richard Payette, président et chef de la direction, Manuvie Québec. D’ailleurs, notre sondage révèle que près d’un quart des Québécois endettés ont avoué avoir caché un achat important à un être cher. C’est presque 60 % de plus que la moyenne canadienne ! On doit apprendre à en parler et à avoir une discussion franche et ouverte sur ces sujets. »

 

Planifier et se faire conseiller : pas une priorité

Si 54 % estiment prioritaire dans les cinq prochaines années de réduire le montant de leurs dettes, seuls 8 % priorisent d’établir un plan financier durant cette période.

Parmi leurs autres priorités financières des cinq prochaines années, les participants ne sont que 4 % à évoquer celle de trouver un conseiller financier et faire affaire avec lui. Seuls 3 % priorisent de souscrire une assurance vie. En revanche, 37 % priorisent d’épargner en vue de la retraite et 31 % en vue des vacances. De plus, 21 % reconnaissent que leur niveau d’endettement à une incidence sur leur capacité d’épargner en vue de la retraite.

« Nous voulons que les Canadiens se sentent aptes à prendre des décisions financières, et une façon simple d’y arriver peut être d’en parler avec un conseiller financier », a ajouté M. Payette.

 

Hausse des taux

Les deux tiers des Canadiens (66 %) se disent préoccupés par une hausse éventuelle des taux d’intérêt, et deux sur 10 s’en disent très préoccupés. Les résidents du Québec sont les moins préoccupés par la hausse des taux d’intérêt, soit 56 % d’entre eux. Il n’y a pas de grande différence entre les résultats des autres provinces. Or, 16 % des Québécois disent avoir discuté avec leur conseiller financier de l’incidence qu’aurait une hausse des taux sur leur situation financière, alors qu’en moyenne, seuls 11 % des Canadiens l’ont fait.

Si la hausse des taux d’intérêt se poursuit (de 1 % ou plus), sept Canadiens sur 10 ont l’intention de prendre des mesures pour la mitiger. Parmi les principales : 34 % réduiront les dépenses de divertissement comme le cinéma et les sorties dans les bars ; 33 % réduiront les dépenses de magasinage et 32 % les dépenses de produits de luxe comme les vacances.

 

Gare aux soldes impayés

Les cartes de crédit comportant un solde impayé trônent au sommet des types de dettes les plus courant pour 55 % des Canadiens qui ont répondu au sondage. Les trois quarts (75 %) des participants au sondage qui ont ce type de dette se classent dans la catégorie « très endettés ». Les prêts hypothécaires arrivent en deuxième avec 43 % des répondants, les prêts pour automobile en troisième avec 36 % et les marges de crédit en quatrième avec 32 %.

 

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