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Les assureurs devront poser des gestes qu’ils ne regretteront pas, dit IBM

par Hubert Roy | 01 septembre 2017 07h00

Christian Bieck

Les assureurs devront implanter des technologies cognitives pour traiter avec le consommateur. Ils auront à poser quatre gestes qu’ils ne regretteront pas, affirme le géant IBM, dans son étude Insurance 2025: Reducing Rick in a Uncertain Future.

Christian Bieck, leadeur du IBM Institute for Business Global Insurance, indique que les assureurs ont toujours vu la technologie comme étant un outil leur permettant de faire face aux changements dans le marché et aux contraintes règlementaires. Plus récemment, ils ont intégré la technologie dans leurs modèles d’affaires. M. Bieck affirme que la technologie est un moyen pour eux d’étendre l’assurance au-delà des frontières actuelles de l’industrie.

Ainsi, quel sera l’impact des voitures autonomes et des réfrigérateurs connectés sur l’industrie de l’assurance lorsque leur usage sera devenu commun ? « Ça demeure incertain, dit M. Bieck. La technologie cognitive aura un grand impact. Il est difficile de prévoir comment les assureurs pourront implanter le tout. Même si leur degré d’adoption dans l’industrie est inconnu, on s’attend toutefois à ce que les assureurs qui tireront parti des technologies cognitives et de l’Internet des objets aient un avantage concurrentiel. »

IBM a ainsi identifié quatre gestes que les assureurs doivent impérativement prendre pour faire face aux changements de demain. IBM les identifie comme des « gestes qu’ils ne regretteront pas ».

Embrasser la cannibalisation

Pour IBM, les assureurs ont tout intérêt à se bâtir un trésor de guerre. Ils le feront en se cannibalisant. IBM utilise ce terme en référence au vaste travail interne que les assureurs devront faire dans leur système.

« Comme les produits vont vers des modèles de service, les assureurs devront déconstruire et subdiviser leurs systèmes patrimoniaux (legacy systems) pour soutenir la compétitivité des couts. Ils devront investir dans des systèmes hybrides, en infonuagique, qui permettront de manipuler des produits flexibles, mais aussi une vaste étendue de scénarios. Ces systèmes devront leur permettre en tout temps d’entrer dans de nouveaux marchés et d’expérimenter à faible cout », peut-on lire dans l’étude d’IBM.

Dans son étude, IBM fait d’ailleurs une revue des scénarios qui attendent les assureurs. Le premier est l’économie de ruche, qui, en assurance, se traduit par l’assurance pair-à-pair. Si ce scénario s’avère, il aura un impact perturbateur (disruptive) très fort sur les assureurs, croit IBM. La distribution de l’assurance se ferait au jour le jour.

Dans le scénario de l’intelligence centrale, les assureurs agiraient avant tout comme gardien des données du consommateur, gérant leur partenariat avec différents fournisseurs. Dans celui de l’Internet de tout, l’assurance se vendrait surtout en groupe et en des conditions bien précises. À titre d’exemple, un adolescent qui prend la route pourrait être couvert jusqu’à 9 heures le soir. Pour être couvert au-delà, il devra passer un alcootest.

Le dernier scénario est celui qui conviendrait le mieux aux assureurs, croit IBM. C’est celui de la survie du plus rapide. Il implique que les assureurs fassent usage des nouvelles technologies, sans que ces modèles prennent le pas. Ce scénario implique toutefois une vaste concentration de l’industrie et de son nombre de joueurs.

Cultiver les partenariats et bâtir des feux de croisement

Second geste que les assureurs ne regretteront pas selon IBM : préparer des écosystèmes partenaires. « Les assureurs devront collaborer, à la fois pour colliger des données, mais aussi pour participer significativement aux conversations sur le risque. Pour avoir leur mot à dire dans les changements structuraux du marché, il sera essentiel pour eux de cultiver les partenariats et de s’abonner aux écosystèmes de partenaires adjacents dans les segments où ils voudront mener des affaires », indique IBM dans son étude.

Pour son troisième conseil, IBM recommande aux assureurs de bâtir des feux de croisement. « Sachez où vous avez le besoin d’être un leadeur. Vous devrez ensuite y lier ensemble la technologie, les capacités et les investissements dans les produits. Faites usage de l’analytique en combinaison avec une multitude de sources de données pour bien comprendre où se trouve la voie du futur. Comprenez le comportement du consommateur, les paramètres de risque et ses influences. Soyez à l’affut de nouvelles formes et de nouvelles sources de données sur le client. »

Embrasser l’innovation

Et finalement, IBM croit essentiel pour les assureurs d’embrasser l’innovation. « Créez une culture qui fait foisonner l’innovation. Concevez des processus qui activent l’innovation. Les leadeurs sont proactifs parce qu’ils ont créé la flexibilité structurelle qui rend les actions rapides. Uniformisez vos processus permettant l’innovation, en centralisant le financement et les modèles d’investissement qui permettront de réaliser des projets rapidement, avec les bons partenaires. »

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