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Les Canadiens trop confiants face à la retraite

par Alain Thériault | 09 juin 2011 18h20

Les Canadiens sont les champions mondiaux de l’optimisme face à la retraite. Ils ne savent toutefois pas combien ils auront d’argent une fois rendu à cette étape de leur vie. Contradiction, mais aussi porte d’entrée chez les clients pour les conseillers. Autre porte à privilégier, les femmes ont besoin de leurs conseils pour devenir plus agressives dans les marchés financiers.

Vice-président exécutif, assurance de personnes et services financiers, chez AXA AssurancesRobert Landry constate dans son plus récent Baromètre de la retraitel’optimisme des Canadiens envers la retraite. Leur attitude est confiante et sereine face à la retraite fait ressortir cette vaste recherche mondiale effectuée en 2010.

La moyenne des Canadiens croient pouvoir prendre leur retraite à 62 ans, révèle leBaromètre AXA. En auront-ils les moyens, alors que 42 % des Canadiens en fin de carrière ne connaissent pas le revenu qu’ils auront à la retraite, même approximativement? « Les Canadiens ne s’inquiètent pas : ils sont convaincus que tout ira bien à la retraite. Mais ils ne savent pas combien ils auront d’argent pour en profiter. La confiance se mêle à l’insouciance », déplore M. Landry.

Cette contradiction permet toutefois aux conseillers d’amener leurs clients à réfléchir sur leur avenir financier, ajoute-t-il. « Combien avez-vous besoin d’argent à votre retraite? Vous ne savez pas? Ces questions ouvrent une porte au conseiller », croit M. Landry.

Le bonheur à la retraite, c’est de demeurer actif et les Canadiens sont parmi les plus actifs à la retraite, indique en outre le Baromètre AXA. Mais quelles activités? Plusieurs Canadiens actifs ont des projets mirobolants de voyages et d’activités familiales. À la retraite, la réalité les rattrape. Ils deviennent surtout actifs en petits loisirs.

« Ils font des voyages plus modestes, du jardinage et du bénévolat. Oui, le voilier, mais pas douze mois par année », explique M. Landry.

Une autre réalité rattrape les Canadiens : remplacer 70 % du revenu, est-ce réaliste? Même 50 % n’est peut-être pas réaliste. Cela dépend de la situation du client. Il faut tout de même une base et des produits comme l’assurance soins de longue durée peuvent en faire partie.

Le conseiller doit travailler à s’assurer que son client maintient un seuil minimum de prudence sous forme d’épargne systématique, pense M. Landry. L’épargne systématique est cruciale car nul ne peut prédire le meilleur moment d’investir dans le marché, dit-il. « Le rôle du conseiller est de faire œuvre d’éducation auprès de son client. »

Femmes et croissance

Les conseillers devront approcher les femmes différemment. Dans un langage dépouillé de jargon, ils devront les inciter à investir plus agressivement en vue de leur retraite. Les femmes sont soumises à un impératif financier : elles vivent plus longtemps que les hommes. De plus, elles forment une cohorte grandissante de la population active. Elles sont ainsi plus susceptibles de requérir des conseils financiers pour la retraite.

C’est ce qu’a fait valoir la présidente de Financière Sun Life pour le Québec, Isabelle Hudon dans un discours prononcé au Cercle Canadien de Montréal ce printemps. « L’écart entre la part des femmes et des hommes dans la population active n’a cessé de diminuer entre 1976 et 2009 selon l’Institut de la statistique du Québec. »

Les femmes se montrent en outre moins confiantes que la population en général. « Elles sont moins optimistes par rapport à l’économie. Elles sont plus inquiètes que les hommes en ce qui touche leur retraite. Elles sont davantage préoccupées des enjeux économiques immédiats, comme le prix des aliments et de l’inflation. Elles s’attendent à rester sur le marché du travail au-delà de l’âge de 65 ans », a énuméré Mme Hudon. Elle a aussi soulevé que les femmes tendent à opter pour des véhicules d’investissement plus prudents que ceux des hommes, donc souvent moins performants.

« Les femmes doivent devenir des investisseurs aguerris, qui ne craindront pas le risque lorsqu’elles investissent à long terme, parce qu’elles le comprendront. Cela est important pour les femmes qui sont aujourd’hui sur le marché du travail, parce qu’elles méritent une retraite tout aussi bien préparée que celles des hommes », dit Mme Hudon. Les hommes y gagneront, ajoute-t-elle, avec la mise en commun de deux revenus de retraite mieux adaptés à leurs besoins de couple.

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