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Les courtiers veulent l’avis des assureurs

par Vicky Poitras | 23 octobre 2009 16h18

Après avoir réalisé des essais concluants avec quatre fournisseurs technologiques de cabinets IARD, l'Association des courtiers d'assurance du Canada (ACAC-IBAC) consulte maintenant les assureurs sur la faisabilité de son projet de transmission des affaires en temps réel.

L'ACAC souhaite que courtiers, assureurs et firmes de logiciels de gestion de cabinet (BMS) puissent transiger leurs affaires entre eux directement par Internet, sans passer par un portail.

La lettre destinée aux assureurs est partie le 29 septembre dernier. « Elle a été envoyée à tous les assureurs qui ont supporté le projet du beeper. Nous attendons leur réponse au plus tard à la fin octobre », a révélé au Journal de l'assurance Brenda Rose, consultante pour le comité technologique de l'ACAC et vice-présidente du cabinet de courtage Firstbrook Cassie & Anderson.

La première étape du projet a consisté à vérifier si les firmes technologiques étaient en mesure de générer une police en format XML et de la transmettre par Internet en temps réel. Quatre fournisseurs ont réussi à transférer cette police en date du mois de septembre 2009 : Keal Technologie (qui commercialise le système sigXP), Custom Software Solutions (TBW), Zycomp Systems (Power Broker) et Policy Works (Policy Works). CIM-Data (VCIM) travaille encore de son côté à réaliser cette phase. « Un autre fournisseur, Applied Systems (TAM), a dit être intéressé par le projet, mais qu'il ne pouvait y consacrer de ressources pour le moment », a indiqué Mme Rose.

Ces fournisseurs technologiques ont dû montrer qu'ils étaient capables de transmettre un changement de police. « Lorsqu'un assuré s'achète une nouvelle voiture au cours de la durée de son contrat d'assurance, des modifications doivent être apportées à sa police. C'est un processus coûteux à la fois pour le courtier et l'assureur. C'est pourquoi nous avons mis l'accent sur le changement de police », explique Mme Rose.

La deuxième phase consiste maintenant à voir si les assureurs peuvent utiliser la police générée en format XML dans leurs systèmes. L'ACAC veut toutefois mesurer l'intérêt des assureurs avant de procéder à la seconde phase du projet.

« Si la réponse des assureurs est positive, le comité technologie de l'ACAC discutera de la marche à suivre. Si l'ACAC décide d'aller de l'avant, nous enverrons les paramètres des tests aux assureurs et nous verrons comment ils pourront incorporer le tout à leurs systèmes », explique Mme Rose.

Pas d'échéancier

La troisième phase du projet consistera à conceptualiser le modèle dans son ensemble. L'ACAC ne s'est fixé aucun échéancier pour le réaliser. « Nous ne sommes pas rendus là encore. Pour le moment, tout ce qu'on cherche, c'est un moyen d'être plus efficace dans nos transmissions de données », dit Mme Rose.

Denis Daigle, président du comité technologique de l'ACAC, qui a terminé son mandat à la tête de ce comité au dernier congrès de l'ACAC à la mi-septembre, dit douter que le projet soit réalisé avant 2011.

« On s'est fixé des échéances par phase, mais nous sommes à la merci des organisations qui doivent participer au projet. Ça ne va jamais aussi vite qu'on le voudrait. On aurait aimé aller plus vite, mais la première phase s'est réalisée dans un délai très raisonnable. Il nous reste beaucoup d'étapes à accomplir et le projet ne sera pas terminé dans un an », dit M. Daigle, qui est aussi président du cabinet de courtage Daigle Assurances, au Nouveau-Brunswick.

Bruno Fortin, membre du comité technologique de l'ACAC et seul membre provenant du Québec, abonde dans le même sens. « Nous sommes dépendants de ce que les fournisseurs technologiques et les assureurs veulent bien faire dans le délai qui leur est imparti. On ne veut pas étirer le tout trop longtemps. Ça fait un an que le projet est commencé. Si c'est faisable, on fera un nouveau projet plus précis le moment venu », a-t-il ajouté.

Le Centre d'étude de la pratique d'assurance (CEPA) pourrait avoir un rôle à jouer dans le projet, si ce dernier voit le jour. M. Fortin, qui est aussi vice-président du CEPA et président du bureau de direction du CEPA au Québec, a confirmé au Journal de l'assurance que le CEPA avait été mandaté pour voir si les données du premier test pilote étaient bonnes. Le CEPA ne s'est toutefois pas engagé dans le projet jusqu'à maintenant. « Si on voit qu'il y a une faisabilité, le CEPA sera fort probablement impliqué dans la mise en place de la plateforme de transport des données », indique M. Fortin.

Le projet de l'ACAC est connu sous le nom d'IBAC Ideal Workflow. Aucun nom ne lui a été trouvé en français pour le moment.

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