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Les fonds communs veulent attirer les boomers avec des solutions de placement plus simples

par Vicky Poitras | 13 août 2006 14h41

De nouvelles solutions de placement destinées aux boomers en vue de leur retraite éliminent le fardeau de veiller activement à la répartition des actifs de leurs portefeuilles.Au cours de la dernière année, plusieurs firmes de fonds communs offrant de telles solutions, dont Fidelity, Fonds Clarington, Placements Scotia et Gestion d’actifs CIBC, ont en effet préparé le terrain pour attirer des consommateurs avec de nouveaux programmes de répartition d’actifs. Et les fonds cycles de vie figurent en tête de liste de ces nouveaux programmes.

Les compagnies de fonds sont d’ailleurs très confiantes de voir les ventes de ces produits grimper au cours des prochaines années, ont-elle confié au Journal de l’assurance au fil des entrevues.

Très en vogue aux États-Unis, notamment au sein des régimes de retraite, les fonds cycle de vie sont de plus en plus populaires au Canada. L’une des caractéristiques principales de des fonds est que la répartition des actifs s’effectue automatiquement pour le compte des investisseurs. Ces derniers n’ont donc plus à s’en inquiéter.

Ces fonds permettent en effet aux investisseurs de voir cette répartition adaptée au profil de risque qui correspond à leur âge et à la date à laquelle ils prévoient prendre leur retraite.

Structurés en fonds de fonds, les fonds cycle de vie deviennent de plus en plus conservateurs à mesure que la date de retraite approche. « La répartition d’actifs passe des actions à des titres plus conservateurs, comme des titres à revenus fixes et des titres du marché monétaire, à mesure que la retraite approche », explique Ian Filderman, directeur des fonds communs chez Placements Scotia.

Phénomène croissant

Scotia a lancé la famille Fonds Scotia Vision en juin 2005. Il s’agit d’une gamme de huit fonds, la moitié avec un profil risqué et l’autre avec un profil conservateur. Les fonds sont offerts selon différentes dates d’échéance : 2010, 2015, 2020 et 2030. Depuis le lancement de ces fonds chez Placements Scotia, leur actif sous gestion a atteint près de 300 millions (M$) en un an.

Le lancement des fonds cycle de vie coïncide avec la volonté des compagnies de fonds communs de se mettre au diapason des nouvelles tendances du marché canadien de la gestion du patrimoine, affirme Ian Filderman, de Placements Scotia.

L’une de ces tendances veut que effet de voir les compagnies de fonds offrent de plus en plus de solutions intégrées de placement, tels que des fonds cycle de vie. « Il y a une augmentation des solutions intégrées dans toute l’industrie », explique M. Filderman.

Même les compagnies d’assurance vie ont pénétré ce marché récemment. Desjardins Sécurité financière, Standard Life, Manulife Financial et Financière Sun Life offrent en effet des fonds cycle de vie au sein de leurs régimes de retraite.

Ian Filderman fait ainsi écho aux propos tenus par Earl Bederman, président de la firme de recherche Investor Economics, et parus dans nos pages (voir Journal de l’assurance juin/juillet 2006).

Selon M. Bederman, le marché canadien de la gestion de patrimoine sera bouleversé au cours des huit prochaines années, sous l’impulsion des boomers qui opteront davantage pour des solutions intégrées de placement plutôt que pour la sélection de produits d’investissement à la pièce.

Le président d’Investor Economics ajoutait alors que la tendance vers la gestion intégrée d’actifs a pris et prendra davantage d’essor en grande partie en raison du vieillissement de la population et de l’enrichissement des ménages canadiens. De ce fait, les ventes de fonds communs à la pièce ralentiront au profit de produits intégrés de gestion d’actifs, a-t-il aussi affirmé.

Eric Frape, vice-président à la gestion des produits chez Fonds Clarington, affirme aussi constater cette tendance dans le marché canadien. Il diffère néanmoins d’opinion avec l’analyse d’Investor Economics à l’effet que les ventes de solutions intégrées augmenteront au détriment des fonds à la pièce.

« Je suis d’accord pour dire que la croissance des ventes ralentira. Il ne faut pas oublier que les fonds à la pièce font partie des éléments qui composent ces solutions intégrées. Je doute donc qu’il y ait un désintérêt important des produits à l’unité », avance M. Frape.

La famille de Fonds Clic, lancée par Clarington en février 2005, a rapporté 130 (M$) en actifs sous gestion à la société.

Pour sa part, Roderick Cumming, porte-parole de Gestion d’actifs CIBC, reconnaît que ce sont en grande partie les boomers qui feront croître les ventes des fonds cycle de vie, au cours des prochaines années.

CIBC a lancé ses neuf fonds Portefeuilles Séquence à la mi-juillet l’an dernier. La société en compte neuf au total. Les actifs sous gestion s’élèvent à 4,7 (M$).

Près de 30% de la population canadienne est considérée appartenir à la génération de l’après Seconde guerre mondiale, celle du baby boom, constate M. Cumming.

« Ce sont eux qui sont censés acheminer leurs dépenses de manière significative vers des loisirs, des soins de santé et des services financiers, explique M. Cumming. À la lumière de cette tendance démographique, nous sommes portés à croire que les fonds cycles de vie vont continuer à croître en popularité, dit-il. »

M. Cumming souligne néanmoins que le marché visé par les fonds cycle de vie dépasse celui des boomers. Ces produits sont aussi destinés à des consommateurs plus jeunes. À cet effet, il fait savoir que les échéances de ces fonds s’échelonnent jusqu’à un horizon de près de 40 ans. Par exemple, un consommateur investisseur âgé aujourd’hui de 30 ans peut investir dans l’un des produits de la CIBC dont la date d’échéance est prévue en 2040. Cet investisseur serait alors âgé de près de 70 ans.

Simplicité recherchée

Ian Filderman, de Placements Scotia, affirme que la diversification et la répartition des actifs faite entièrement par les institutions pour le compte des investisseurs contribuent grandement à hausser la demande pour les fonds cycle de vie chez les boomers. Les investisseurs recherchent la simplicité. Ils ne veulent pas passer du temps à suivre leurs portefeuilles, poursuit M. Filderman. « Ils se tournent donc vers ces fonds qui respectent l’essentiel des règles d’investissement en matière de diversification et de répartition d’actifs », dit-il.

Selon Eric Frape, de Fonds Clarington, les fonds cycle de vie représentent une évolution naturelle des programmes de gestion d’actifs traditionnels, qui sont offerts depuis déjà plusieurs années par la majorité des compagnies de fonds. « À mesure que les investisseurs atteignent leurs objectifs de placement, ils recherchent des produits qui offrent la répartition d’actifs », constate M. Frape. « Les consommateurs recherchent une tranquillité d’esprit à mesure qu’ils approchent de la retraite et qu’ils continuent à investir », ajoute-t-il.

Chez Gestion d’actifs TD, cette quête de tranquillité a eu pour effet de hausser les ventes des programmes de répartition d’actifs traditionnels, au cours de la dernière année. C’est notamment le cas des Fonds Gérés TD, affirme Ralph Daghfal, directeur régional des ventes. Les dernières données disponibles indiquent que la croissance de l’actif des Fonds Gérés TD, depuis le début de l’année, a été de 8,2% pour s’établir à $10,6 milliards, au 30 juin dernier.

Ralph Daghfal affirme que, même si TD n’offre pas de fonds cycle de vie, ses programmes de répartition d’actifs se vendent très bien.

Contrairement aux fonds cycle de vie, les Fonds Gérés TD requièrent toutefois davantage la participation des investisseurs, affirme M. Daghfal. La répartition d’actifs se fait d’ailleurs avec l’aide de leur conseiller financier, explique-t-il. « Par exemple, nos conseillers appellent leurs clients à intervalles réguliers pour rééquilibrer leurs portefeuilles », illustre M. Daghfal.

« Nos investisseurs doivent être mieux formés relativement à leurs placements. Ils doivent être plus actifs que les investisseurs au sein des fonds cycle de vie », explique M. Daghfal. Mais dans les deux cas, c’est la simplicité du processus de répartition d’actifs qui attire les clients, souligne M. Daghfal.

Chez Placements Scotia, les programmes de répartition d’actifs traditionnels profitent aussi de la tendance qui favorise les fonds cycle de vie. Les deux gammes de produits confondues ont atteint un sommet au cours de la dernière année chez Placements Scotia, soit 3,5 milliards d’actifs sous gestion. « Il n’y a aucun doute à ce sujet. L’intérêt pour ce type de produit est à la hausse », constate Ian Filderman.

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