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Les fonds négociés en bourse finissent 2018 en force

FLASHFINANCE | PRIVILÈGE DE VOTRE NIVEAU PRO
par Alain Thériault | 23 janvier 2019 09h30

Photo : Freepik

Soutenu par les investisseurs institutionnels, les fonds négociés en bourse (FNB) ont connu un fort mois de décembre, malgré une déconfiture des marchés en fin d’année.

Dans son rapport Canadian ETF Flows du 4 janvier 2019, Financière Banque Nationale révèle que les FNB ont récolté 20 milliards de dollars (G$) de nouveaux actifs en 2018, dont 2 G$ en décembre. « Un parcours impressionnant en dépit des ventes massives dans les marchés financiers », souligne le rapport. L’actif des fonds négociés en bourse s’est établi à 156,6 G$ en 2018.

En décembre, la majorité des capitaux qu’ont reçu les FNB des investisseurs sont allés dans la catégorie revenu fixe, soit 1,4 G$. Les FNB d’actions ont pour leur part récolté 906 millions de dollars (M$), dont 611 M$ en actions canadiennes, 66 M$ en actions américaines et 229 M$ en actions internationales. Pour tout 2018, 6,8 G$ sont allés dans les FNB à revenu fixe et 12,3 M$ dans les FNB d’actions, respectivement en hausse de 14 % et 13 %.

Un succès parti pour durer

Plusieurs tendances expliquent le succès remporté par les FNB en 2018, une année que le rapport qualifie de tumultueuse : migration des achats vers les fonds à cout réduit ; transactions motivées par la sécurité, attrait des FNB thématiques, entre autres. Par exemple, le FNB Horizons Marijuana Life Sciences Index a eu particulièrement la cote en 2018, amassant 1 G$ d’actifs, dans l’anticipation de voir le Canada approuver l’usage récréatif du cannabis. « L’environnement des FNB canadiens demeure en expansion, alors que de nouveaux fournisseurs arrivent en force dans le marché, et lancent sans cesse de nouveaux produits innovateurs », signale le rapport de Financière Banque Nationale.

Il met en lumière que les FNB semblent récolter les fruits d’une situation dans laquelle « tous les autres actifs sont à vendre ». Il souligne que l’actif des fonds communs fait près de dix fois celui des FNB (1,4 billion de dollars contre 156,6 G$). « La tendance peut sembler une diffusion naturelle d’actifs d’un beaucoup plus grand bassin vers un plus petit. Mais cela peut aussi souligner que les investisseurs deviennent plus conscients des couts, et que l’argent fraichement libéré prendra le chemin de produits qui ne sont pas trop couteux à gérer. »

Les FNB devancent les fonds communs

Les FNB ont devancé les fonds communs en termes de flux d’investissement. Au 30 novembre 2018, ils avaient déjà reçu des flux d’investissement de 17,8 G$, contre seulement 7,8 G$ pour les fonds communs. Ils n’avaient pas surpassé les flux annuels des fonds communs depuis 2009, signale le rapport.

En entrevue au Journal de l’assurance, le directeur de BMO FINB, Alain Desbiens, a expliqué par la demande soutenue des investisseurs institutionnels la performance des FNB. Ces investisseurs sont par exemple les grandes caisses de retraite, les compagnies d’assurance et de réassurance, les fondations. « Le mois de décembre a été un des meilleurs mois de 2018 pour les FNB. Les fonds négociés en bourse ont bénéficié du soutien des investisseurs institutionnels, un soutien que les fonds communs n’ont pas, ajoute-t-il. Les investisseurs aiment beaucoup la précision, par exemple celle d’un indice. Les FNB sont très utiles pour combler ce besoin. »

Le cout fait réfléchir

« Les conseillers recommandent de plus en plus les fonds négociés en bourse à leurs clients », observe également M. Desbiens. Il fait remarquer que les FNB représentent une excellente alternative aux fonds communs de série F (conçu pour la gestion à honoraires). M. Desbiens ajoute que les FNB connaissent aussi beaucoup de croissance par l’entremise de la gestion discrétionnaire.

Le rapport de Financière Banque Nationale a publié un tableau selon lequel près de 95 % de l’actif en FNB est géré en vertu de FNB exigeant moins de 1 % de ratio de frais de gestion (RFG). En fonction du nombre de FNB, c’est près de 90 % dont le RFG est inférieur à 1 %. « Alors que le RFG des fonds de série F est presque toujours supérieur à 1 % », commente M. Desbiens.

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