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Les plans de financement immédiats soulèvent des questions

par Alain Thériault | 03 octobre 2017 07h00

Claude Ménard et Diane Hamel

À l’origine des 10-8, PPI est demeuré actif dans le créneau des prêts collatéraux, même après l’abolition de cette stratégie. Sa filiale PPI Conseils dit adopter une approche opposée à celle des plans de financement immédiats (PFI).

« Nous faisons le prêt levier différemment, explique Claude Ménard, vice-président principal, markéting, pour le Canada, de PPI Conseils. Nous n’acceptons pas de financer 100 % des primes comme le font certains. Nous offrons de financer la valeur de rachat de la police, non sa prime. Tu empruntes alors ton actif réel, et la valeur du contrat d’assurance est en mesure de soutenir l’emprunt », explique M. Ménard.

M. Ménard n’est pas chaud à l’idée d’utiliser des garanties collatérales pour porter le financement à 100 % de la prime, comme le font certaines banques. Si le client paie une prime de 1 000 $ et que la valeur de rachat de son contrat est de 500 $, la banque lui demandera une garantie additionnelle pour combler l’écart, rappelle-t-il. « Quel est le cout d’immobiliser un placement en garantie additionnelle auprès d’une banque », s’interroge-t-il.

En outre, les plans de financement immédiats sont des ententes renouvelables annuellement, puisqu’il s’agit d’un prêt, rappelle M. Ménard. En contrepartie, les polices en garantie courent sur 20, 30, 40 ans. Cela comporte un risque, estime-t-il. « Il est impossible que les termes prévus à l’entente initiale durent tout ce temps. »

Il aimerait voir plus d’information sur les plans de financement immédiats en cas d’un scénario défavorable, dont les conséquences de mettre fin à l’entente. Alors que les assureurs le présentent comme une source de liquidité, M. Ménard estime crucial qu’il y ait eu une analyse de sensibilité et de flexibilité auprès du client. « Qu’arrivera-t-il si le taux crédité aux participations de la police d’assurance vie entière mise en garantie baisse, et que celui du prêt augmente ? Actuellement, l’environnement économique est favorable, mais ce ne sera pas toujours le cas », s’inquiète-t-il.

Diane Hamel, vice-présidente adjointe, planification fiscale et successorale de Manuvie, convient que la stratégie n’est pas sans risque. « Le prêt est à taux flottant, et ses conditions peuvent évoluer dans le temps. Il faut être un emprunteur aguerri. Le PFI est une solution qui s’adresse à des clients bien nantis et avisés, souvent dans la fin quarantaine, début cinquantaine. Ils doivent comprendre les risques et les avantages propres au levier financier, et privilégier un horizon de placement éloigné. Parmi les avantages, le titulaire profite d’une protection d’assurance tout en conservant ses liquidités. »  

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