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Les régimes de retraite canadiens reprennent du poil de la bête

par Frédérique De Simone | 05 avril 2019 13h30

Photo : Freepik

La solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées a rapidement augmenté au premier trimestre de 2019, comblant ainsi la plupart des pertes encourues par ces régimes en décembre 2018, selon l’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite. Même constat du point de vue d’Aon à la suite de son sondage trimestriel sur le ratio de solvabilité médian.

L’intensité soutenue sur le marché canadien des rentes s’est traduite par un transfert d’environ 1 milliard de dollars de passif aux compagnies d’assurance en 2019, égalant le record atteint au premier trimestre 2018. Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer s’est établi à 97 %, au 31 mars. Alors que du côté d’Aon, le ratio de solvabilité médian a atteint la marque de 98,5 % à la fin du premier trimestre de 2019.

Appel à la prudence

« Le premier trimestre a été très bon en ce qui concerne le rendement des actifs des fonds de retraite, surtout après une année que la plupart des investisseurs institutionnels préfèreraient oublier. Les marchés boursiers nationaux et mondiaux se sont redressés, tandis que la volatilité qui a marqué le quatrième trimestre de 2018 s’est atténuée », explique Claude Lockhead, associé exécutif et directeur de la pratique retraite de la région de l’Est chez Aon.

Pour sa part, F. Hubert Tremblay, conseiller principal au sein du domaine Avoirs de Mercer Canada, appelle à la prudence et indique que « la volatilité des derniers mois a effrayé les répondants des régimes et leur a rappelé à quel point la pleine capitalisation d’un régime de retraite pouvait être temporaire. »

Des risques potentiels

Même si les marchés vont bien, des risques se profilent à l’horizon, tant au Canada qu’à l’échelle mondiale, en raison d’élections, de la signature d’accords commerciaux et de possibles conflits diplomatiques à venir en 2019.

« Il est probable que la volatilité des marchés se manifeste, compte tenu de l’incertitude persistante entourant la politique monétaire des marchés développés, la croissance économique mondiale et le risque politique, mentionne M. Lockhead. Étant donné le contexte économique, il est probable que les gains réalisés au cours des dernières années s’érodent très rapidement. »

Croissance économique au ralenti

Les investisseurs font toujours preuve de prudence, malgré une plus grande stabilité des marchés mondiaux, étant donné la croissance économique mondiale au ralenti, soutient Jean-Pierre Talon, membre du partenariat de Mercer Canada.

« Ce fléchissement économique, combiné à l’incertitude politique, a incité les banques centrales à ralentir le resserrement de leur politique par rapport à 2018. » Tant la Banque du Canada que la Réserve fédérale américaine ont laissé respectivement leurs taux à 1,75 % et à 2,5 %, durant le premier trimestre.

« L’assouplissement du financement sur base de solvabilité en Ontario et au Québec est une faveur à l’endroit des adhérents aux régimes de retraite, car il offre souplesse et protection contre la volatilité d’une année à l’autre. En revanche, il les force à se montrer proactifs dans l’établissement de leur politique de financement. Un financement minimum ne permettra plus aux régimes de retraite établis en fonction d’un horizon de placement de court à moyen terme d’atteindre leurs objectifs », ajoute F. Hubert Tremblay.

En raison de la récente règlementation sur le financement, la plupart des régimes établis en Ontario et au Québec ne subiront pas le plein impact des exigences de financement attribuables à la volatilité avant le règlement des prestations. Mercer encourage les répondants de régimes, surtout ceux des régimes de retraite à prestations déterminées gelés ou fermés, à revoir leurs politiques de financement, de placement et de gestion du risque.

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