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Les ventes d’assurance maladies graves battent en retraite

par Alain Thériault | 20 février 2014 10h29

Après des années de croissance, l’assurance maladies graves a fini par payer le prix des hausses de tarifs qui affectent tous les produits garantis à long terme. Ses ventes ont davantage reculé que celles d’assurance vie, en raison de l’impact plus tardif de la hausse des prix causée par les bas taux d’intérêt.

Deux sondages de LIMRA sur les ventes d’assurance de personnes au Canada ont démontré un recul des ventes plus marqué en maladies graves qu’en vie, lors des trois premiers trimestres de 2013. Les nouvelles ventes d’assurance maladies graves ont reculé de 11 % en volume de primes et de 7 % en nombre de polices durant cette période, comparativement à la période similaire de l’année précédente.

« Les résultats montrent un déclin abrupt par rapport à la même période de 2012. L’importante chute des primes des produits permanents, soit 25 %, a été principalement causée par une ruée des ventes survenue tard en 2012. Cette ruée a été entrainée par l’annonce d’une seconde hausse des prix en assurance maladies graves au troisième trimestre de 2012 », a dit l’auteur du rapport et analyste de LIMRA, Rob Kanehl.

Les produits à période limitée ont aussi connu un revirement au troisième trimestre. Seuls les produits temporaires renouvelables ont réussi à croitre pendant ce trimestre. Pour les trois premiers trimestres de 2013, par rapport à la même période de 2012, les primes du produit limité ont reculé de 5 %, alors que celles du temporaire ont crû de 3 %.

Le réseau captif a encaissé le plus gros recul en ventes de primes d’assurance maladies graves, soit de 19 % aux trois premiers trimestres de 2013, par rapport à la même période de 2012. Le réseau indépendant a pour sa part vu ses ventes reculer de 5 % au terme de cette période de comparaison. Le réseau indépendant a produit 59 % des nouvelles primes de maladies graves durant cette période et le réseau captif, 41 %.

L’assurance vie moins touchée

La tempête semble toutefois s’achever du côté de l’assurance vie. Malgré un recul de 1 % tant pour les nouvelles primes que le nombre de polices, les ventes d’assurance vie ont repris du mieux au troisième trimestre de 2013. « Les résultats au 30 septembre 2013 ont été légèrement en deçà de ceux de 2012, soit de 1 %. C’est une amélioration par rapport à la croissance enregistrée à la même date, l’an passé », observe M. Kanehl.

Les ventes du troisième trimestre ont été fortes en termes de primes, le nombre de polices ne subissant qu’un léger recul, poursuit-il. « Largement en raison des hausses tarifaires de 2012, les résultats sont plutôt restés dans le rouge lors des deux premiers trimestres de 2013. »

Pour les trois premiers trimestres de 2013, l’assurance vie entière a vu ses primes croitre de 9 % et l’assurance temporaire, de 3 %, comparativement à la même période de l’année précédente. L’assurance vie universelle poursuit toutefois sa contreperformance, avec des nouvelles primes en recul de 19 % au terme de cette période de comparaison.

La vie entière a été le produit le plus vendu au 30 septembre 2013, recueillant 46 % des nouvelles primes, suivie de l’assurance temporaire, avec 31 %, et la vie universelle, avec 23 %. Il s’agit d’un recul important pour l’assurance vie universelle, qui avait recueilli une part de 28 % à la même période de 2012.

Les données de LIMRA révèlent en outre que la vie entière est en moyenne plus couteuse. Sa prime moyenne a été de 3 103 $ aux trois premiers trimestres de 2013, tandis que sa couverture moyenne a été de 133 574 $. « La taille des polices vie entière demeure à la baisse (de 6 % par rapport à 2012), alors que ce produit continue de se remettre des hausses de prix », a précisé M. Kanehl.

En revanche, la prime moyenne de la vie universelle a été de 2 027 $, alors que ce montant de couverture a atteint 232 893 $ durant cette période. Pendant ce temps, la prime moyenne de l’assurance temporaire s’est limitée à 781 $, alors que son montant de couverture a atteint 396 683 $.

Recul des ventes du réseau captif

En termes de primes et toujours pour les trois premiers trimestres de 2013, le réseau captif a connu un recul de ses ventes d’assurance vie de 6 %, par rapport à la même période de 2012. Le réseau des conseillers indépendants a vu pour sa part ses ventes retraiter de 12 % durant cette période de comparaison. Le réseau des valeurs mobilières a quant à lui connu une croissance de 10 % et celui des agents généraux, de 3 %.

Troisième trimestre pour troisième trimestre, les ventes de primes d’assurance vie individuelle ont stagné aux États-Unis entre 2012 et 2013, rapporte LIMRA. Les ventes ont toutefois crû de 4 % lors des trois premiers trimestres de 2013, comparativement à la même période en 2012.

La vie universelle montre des signes de faiblesses. Elle a connu une hausse de ses ventes de 1 % lors des trois premiers trimestres de 2013, par rapport à la même période de 2012. Or, le troisième trimestre de 2013 a plutôt signifié un revers de 8 % pour ce produit, par rapport à la même période en 2012.

« Alors que les autres gammes de produits ont connu une croissance au troisième trimestre, les ventes d’assurance vie universelle ont été entravées par les bas taux d’intérêt, la volatilité et les exigences de réserves accrues imposées en 2013 », a révélé Ashley Durham, analyste principal de recherche en assurance de LIMRA. L’analyste s’attend à voir les ventes de ce produit décliner encore au quatrième trimestre.

Avec une hausse de 2 % de ses ventes au troisième trimestre de 2013 par rapport à la même période de 2012, la vie entière en est à son 17e trimestre consécutif de croissance aux États-Unis. Aussi en croissance durant cette période de comparaison, l’assurance temporaire a tiré parti des assureurs qui ont mis fin aux ventes de produits d’assurance universelle temporaire pour réintroduire l’assurance temporaire traditionnelle, indique LIMRA.

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