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LoJack mise sur sa fréquence radio mondiale

par Serge Therrien | 04 mai 2011 20h23

Le 1er juin prochain, les activités canadiennes de LoJack s’harmoniseront avec celles de l’entreprise à travers le monde. La filiale canadienne procédera alors au lancement d’une plateforme technologique qui commercialisera dorénavant ses produits contre le vol auto en utilisant les ondes radios.

La grande nouveauté est que LoJack aura sa propre fréquence radio et ne sera plus dépendante des ondes cellulaires de fournisseurs comme Bell, Telus et Rogers, explique Richard Allard, vice-président des ventes de Repérage Boomerang et LoJack Canada, en entrevue au Journal de l’assurance. Il était accompagné de Michael Lendick, directeur national de la sécurité et des relations policières de l’entreprise.

« Ça va nous permettre d’amener notre plateforme technologique à un autre niveau, soutient M. Allard. Puisqu’elle est uniforme avec celle de LoJack à travers le monde, cela présentera plusieurs avantages. Tout d’abord, nous réduisons nos couts. Nos clients vont ainsi en bénéficier. Il s’agit aussi d’un produit de classe mondiale extrêmement fiable conçu spécialement pour récupérer les véhicules volés. Il a été conçu par des ingénieurs d’une commission gouvernementale américaine qui se sont penchés sur le phénomène du vol auto. »

« Nous avons une fréquence unique octroyée par Industrie Canada, révèle M. Allard. Il s’agit de la même que nous avons aux États-Unis et dans les Amériques. Elle appartient au FBI, qui ne l’utilise pas. Il n’y a aucun bruit et personne d’autre ne peut l’utiliser. »

M. Lendick affirme pour sa part que la portée de sa bande radio lui permettra de rejoindre des régions plus isolées. « La portée d’un réseau cellulaire est moindre en milieu rural. Une de nos tours installée à Prévost capte des signaux provenant de Montréal », donne-t-il en exemple. M. Allard souligne que les systèmes qui seront commercialisés le 1er juin ont été conçus pour localiser des véhicules, même en présence d’un brouilleur d’ondes.

L’installation des nouveaux produits a déjà débuté en mode d’essai. Un premier repérage a d’ailleurs été réalisé. Les techniciens de LoJack ont mis moins de sept minutes pour ce faire. Les voleurs avaient placé le véhicule en cool-off et il a été retrouvé en 33 minutes.

L’entreprise veut toutefois aller plus loin au Canada. LoJack veut importer son modèle d’affaires pratiqué aux États-Unis. Elle offre d’installer un ordinateur de repérage à ses frais à l’intérieur de véhicules de polices. Aux États-Unis, l’entreprise a de telles ententes avec 1 900 services de polices. Ce sont ainsi 14 000 véhicules, allant de l’auto-patrouille à l’hélicoptère, qui disposent d’ordinateurs de localisation LoJack.

Lorsqu’un patrouilleur s’approche d’un véhicule volé doté de la technologie LoJack, un signal sonore est émis. Plus il s’approche, plus le son est continu. Un cadran lui indique dans quelle direction se trouve ce véhicule.

Une douzaine de services de police québécois ont été approchés à cet effet. M. Lendick affirme que leur accueil est enthousiaste.

LoJack veut pousser la collaboration avec les corps policiers. Lors du repérage d’un véhicule volé, elle offrira de poster quelqu’un autour et d’observer quelle activité pourrait se produire.

Le rapprochement avec les services de police est d’ailleurs au coeur de la stratégie de l’entreprise. Elle dispose déjà d’une entente avec l’Équipe nationale d’enquête portuaire. À cet effet, les techniciens de LoJack ont accès 24 heures sur 24 au port de Montréal.

L’accueil des assureurs est aussi enthousiaste, enchaine M. Allard. « Nous avons rencontré 19 assureurs. Ils nous ont tous accordé des rabais sur le champ. Dès le moment où nous avons annoncé le changement de technologie, nous avons été proches d’eux. Plusieurs questions ont été soulevées. Nous avons pris plusieurs de leurs questions en délibéré, et nous sommes revenus avec des réponses précises. »

Les normes d’installation demeurent les mêmes. « On fait des inspections. Si un dépositaire ne rencontre pas nos critères, il y a des sanctions, qui peuvent aller jusqu’au retrait de l’accréditation », prévient M. Allard.

Le client n’a aucun entretien à faire. Quant à la garantie du produit, elle est de cinq ans. Quant au transpondeur, il comprend un indicateur lumineux indiquant quand changer la batterie. Si jamais un véhicule volé n’est pas retrouvé, le client se fait rembourser tous les frais applicables.

La nouvelle technologie radio disposera de trois nouveaux produits. Tout d’abord, l’Espion, qui fonctionnera comme le Boomerang Espion. Il se détaillera 349 $, sans frais de service. LoJack s’attend à ce que ce produit représente 80 % de ses ventes. Ensuite vient l’Espion Alerte. Il sera dédié aux véhicules ciblés par les voleurs. Si un véhicule bouge sans que le transpondeur du client soit à proximité, il enverra une alerte au client par courriel, message texte ou téléphone. Il se détaillera 429 $, avec des frais de 89 $ par année.

Troisième produit : l’Espion Alerte Plus. Il fonctionnera de la même façon que l’Espion Alerte. En cas de vol, le signal sera envoyé à la centrale de LoJack, qui gèrera l’événement de façon personnalisée avec le client. Ce produit se détaillera 529 $, avec des frais de service de 119 $ par année.

Véhicules récréatifs

Avec ses nouveaux produits, LoJack abandonne toutefois un segment de marché : les véhicules récréatifs que sont les motos, les bateaux, etc. « Nous avons des produits conçus à cet effet aux États-Unis. Toutefois, nous avons décidé de ne pas les introduire au Canada pour le moment. On ne veut pas que nos unités soient mal utilisées. Sur une moto, il est difficile de cacher quelque chose. Il faut avoir recours à une autre technologie. C’est un choix stratégique de ne pas l’importer pour l’instant. On veut apprendre à marcher avant de courir », affirme M. Allard.

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