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Risques cybernétiques et assurance crédit : des créneaux à exploiter

par Alain Castonguay | 12 mai 2014 16h36

L’expansion des banques de données et l’accessibilité nouvelle offerte par la révolution numérique sont un marché à exploiter pour les courtiers. Trop peu d’entrepreneurs sont conscients des risques de brèche informatique dans leur système.La chaine de détaillants Target a été victime du vol des renseignements bancaires de millions de ses clients, en 2013. « Malgré tout, le risque cybernétique est encore difficile à vendre, affirme Charles Proulx. On en parle à l’interne, on forme nos gens. Je ne sens pas encore beaucoup d’appétit chez nos clients pour l’acheter. Souvent, la gestion de leur système est en sous-traitance, et ils se disent qu’ils sont couverts ou qu’il n’y a pas de risque. »

« Seulement deux provinces ont une législation obligeant une entreprise à divulguer qu’elle a été victime d’une brèche. Ce n’est pas le cas au Québec ou en Ontario. Le jour où il y aura une loi, ça deviendra un marché fantastique pour nous », confirme François Jean. « Je dirais qu’il y a environ douze assureurs généralistes qui offrent cette couverture particulière, dont quatre ou cinq qui le font vraiment bien et offrent des tarifs concurrentiels », dit-il.

Jean-François Beaulieu raconte qu’il vendait déjà cette couverture en 2001. « La police faisait alors 52 pages, c’était interminable. Tout client qui offre un système de paiement automatisé par Internet devrait savoir qu’il y a un risque et des menaces évidentes de poursuite en cas de pépin, avec des numéros de carte de crédit», raconte M. Beaulieu. Quand les problèmes de la faille informatique Heartbleed ont affecté le site de Revenu Canada, au début d’avril, il a suggéré à ses collègues de rappeler les clients pour leur offrir la couverture de risque cybernétique.

Par ailleurs, les courtiers devraient mieux faire connaitre l’assurance crédit auprès des entrepreneurs. « Ce n’est pas un produit très répandu, ici. Je pense qu’on est à 1 % au Canada, à 15 % aux États-Unis et à 30 % en Europe. C’est pourtant un excellent produit qui aide à obtenir un meilleur taux sur sa marge de crédit et ses conditions de financecment. Nos courtiers ne le connaissent pas beaucoup; c’est un produit très spécialisé », dit M. Beaulieu.

« Chaque entrepreneur peut gérer son risque à l’interne, et pour ceux qui ne le font pas, l’assurance crédit ne suffit pas toujours et ne couvre pas tout. L’assureur regarde la liste de comptes clients et pose des conditions. Les comptes de plus de 90 jours ne sont pas assurés. Il peut exclure un client durant la durée de la police. Certains assureurs se réservent ce droit », précise Charles Proulx.

« Le problème avec ce produit est que bien des entrepreneurs attendent un peu trop longtemps avant de se le procurer. Il n’y a pas encore le feu, mais il y a souvent de la fumée », note François Jean. Il n’est pas facile de trouver un assureur quand la situation est déjà gâtée, conclut-il.

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