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Standard Life se révise et retient son produit de garantie de retrait à vie

par Vicky Poitras | 26 novembre 2008 18h51

Standard Life Canada vient de réviser sa position quant au produit de retrait à vie : l’assureur a informé son réseau de vente que sa version du produit à garantie de retrait à vie ne sera pas offerte en 2009. La décision est tombée le 4 novembre.

Dans les deux dernières années, des assureurs comme la Financière Manuvie et la Financière Sun Life ont amassé énormément d’actif sous gestion en commercialisant un produit à garantie de retrait minimum connu en anglais sous le nom de « guaranteed minimum withdrawal benefit » (GMWB). Des compagnies ont relevé la barre en ajoutant la garantie de retrait à vie. En entrevue au Journal de l’assurance, Michel Fortin, vice-président, marketing et développement des ventes, réseaux individuels chez Standard Life, a dit que l’assureur retarde le lancement à cause de la crise économique.

« Lorsque nous développons un produit chez Standard Life, nous évaluons les tarifs potentiels », dit M. Fortin, un actuaire de formation. « Nous conduisons des tests et des scénarios de probabilité en utilisant les pires conditions possibles du marché, mais nous n’appliquons qu’une faible pondération sur les chances que ces conditions se produisent. » Selon lui, les modèles statistiques montrent que la probabilité d’une baisse de 40 % dans les marchés se produit une fois tous les deux cents ans. Alors que plusieurs bourses ont déjà subi une telle baisse, l’assureur remet en question la viabilité à long terme de ce type de produit.

M. Fortin note aussi que les récentes baisses boursières forceront peut-être certains assureurs à hausser les tarifs ou modifier les caractéristiques de leur produit à garantie de retrait minimum afin de protéger leur capital et améliorer leur rentabilité. Aux États-Unis par exemple,

Christopher Neczypor, analyste chez Goldman Sachs a sonné l’alarme le 11 novembre en affirmant que plusieurs assureurs avaient sous-évalué le risque associé à ce type de produit. M. Neczypor a alors estimé que les assureurs américains pourraient subir une perte de 50 G$ à cause de ces produits.

Quand l’assureur lancera-t-il son produit? M. Fortin n’a pas donné de date précise. « Nous voulons nous assurer que les conseillers peuvent compter sur ce produit à long terme », dit-il. « Nous croyons avoir maintenant excellente expertise. Nous sommes donc dans une situation privilégiée pour trouver des options de rechange qui pourraient combler les besoins du consommateur et du conseiller dans le marché de la retraite. »

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