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Triomphez de l’ennui pour atteindre le filon gagnant

par Jim Ruta | 18 mars 2010 20h42

Comment se fait-il que j'abandonne toujours les trucs qui rapportent et me font faire de l'argent?Une telle situation est vraiment frustrante, surtout que nous avons la réputation d'être des gens patients. Une phrase célèbre affirme d'ailleurs que « Nul n'a autant d'endurance que le vendeur d'assurances ». On voit en nous des travailleurs acharnés. Et pourtant, il nous arrive de jeter l'éponge.

Dans notre domaine, une bonne idée ne donnera jamais tout son potentiel tant qu'elle n'aura pas pleinement muri. Jusqu'à ce stade, vous croyez certes qu'elle peut rapporter, mais sachez qu'il lui reste encore beaucoup à donner.

Qu'est-ce qui nous amène à abandonner une idée prometteuse? C'est ce que j'appelle le « seuil de l'ennui ». Tant que nous n'avons pas tout mis en œuvre pour exploiter une façon de faire jusqu'à l'atteinte du « seuil de l'ennui », j'estime qu'elle n'est pas parvenue à maturité. Jusque là, on ne fait que travailler dur pour en tirer quelque chose. Une fois ce seuil dépassé, c'est elle qui travaille pour nous.

Nous pensons qu'il faut constamment renouveler nos façons de faire. Nous croyons que, si nous en avons marre de toujours faire les choses de la même façon, il en est de même pour nos clients. Nous essayons une méthode qui obtient un certain succès, nous finissons par nous en lasser, puis nous passons à autre chose. Mauvaise idée.

Je vous propose un nouvel adage : « Lorsque vous pensez qu'une façon d'agir a fait son temps, c'est que votre auditoire commence tout juste à y adhérer! » En abandonnant alors que les choses ne font que commencer, on agit un peu comme le mineur qui lancerait sa pioche alors qu'il n'est qu'à un mètre du filon principal de la mine d'or. Après avoir découvert quelques pépites, on se dit que c'est fait et on passe à une autre mine. Erreur!

Lorsqu'une façon de faire nous mène au seuil de l'ennui, nous sommes tentés de démissionner au pire moment qui soit : juste avant de découvrir le filon d'or (ou juste avant que la méthode utilisée parvienne à maturité). Au lieu de tenir compte de son cycle de vie véritable, nous estimons à tort, en tenant compte de ce que nous ressentons, qu'une méthode a fait son temps.

Il faut pourtant du temps pour qu'une idée parvienne à maturité. Même chose dans le cas d'une entreprise. Le client potentiel de qualité demeure toujours un client potentiel de qualité, et il peut en être de même des bonnes idées. Gardez-les jusqu'à ce qu'elles s'épanouissent pleinement. En fait, c'est là une bonne habitude qui convient à tous les volets de l'existence!

Profitez de ce que peuvent vous rapporter le dur labeur, les recherches et les expériences dont vous avez entouré une idée qui bourgeonne en lui laissant le temps d'éclore. Attendez d'avoir franchi le « seuil de l'ennui » et vous obtiendrez des résultats dont vous vous contentiez de rêver.

Abandonnez avant l'heure et vous vous entendrez dire « C'est ce que je faisais, avant », sans jamais avoir obtenu le succès de la personne que vous regardez aller. Cessez de poser des gestes contre-productifs : obtenez plutôt des résultats en vous disant que lorsque vous sentez l'ennui poindre, c'est que votre idée commence tout juste à marcher.

Question : Quel conseil donne-t-on le plus souvent aux conseillers et cadres qui occupent le haut de l'échelle?

Je suis souvent surpris de voir à quel point une simple mise en perspective et le fait de se donner une permission peuvent améliorer le rendement d'un travailleur quel qu'il soit. C'est en fait ce que je fais la plupart du temps, en tant que consultant.

La plupart des gens avec lesquels je travaille ont déjà une assez bonne idée de leurs problèmes et de ce qu'il faut faire pour les régler. C'est ce qui leur permet de se hisser en haut de l'échelle.

Ce qui les retient, c'est leur analyse contradictoire des nouvelles approches qu'ils considèrent : ils se disent qu'elles ne vont peut-être pas marcher (ou qu'elles ne « devraient » ou ne « pourraient » pas marcher). Ils ont un problème de prise de décision.

Le problème de prise de décision est un frein au changement. Il me fait penser au « syndrome du chevreuil aveuglé par des phares ». Nul n'y échappe. Il faut néanmoins savoir que, figé par l'indécision, le chevreuil aveuglé se fait passer dessus...

Il en va de même des travailleurs. S'ils figent, ils se font happer par le marché et se laissent aller. Or, quand on se laisse aller, ce n'est jamais vers le haut... Leur rendement déçoit. Leurs résultats piétinent. Leur avenir s'assombrit. Tous peuvent passer par là, et c'est d'ailleurs une réalité.

Ceux qui ont accès à une nouvelle façon de voir leurs problèmes et leurs solutions découvrent du coup qu'ils peuvent se donner la permission de croire en eux et en leurs idées. Là-dessus, je me contenterai de dire qu'il est tout à fait correct de se « coacher » soi-même. Cette nouvelle croyance donne le courage de changer et mène aux résultats attendus. Le rendement professionnel prend son envol en même temps que la personne.

Plus on se donne de la perspective et des permissions, plus on est solide et moins on en cherche à l'extérieur. On dispose d'un nouveau pouvoir sur soi, et celui-ci permet d'accroitre son efficacité.

Pour améliorer votre rendement, voyez vos difficultés d'un autre point de vue. Informez-vous sur ce qu'ont fait les grands de notre industrie lorsqu'ils se sont retrouvés dans des situations similaires. Lisez. Échangez. Posez des questions. Faites un bon tour d'horizon.

C'est ainsi que se prennent les meilleures décisions : seulement lorsqu'elles sont devenues nécessaires. Rassemblez votre information sans prendre tout de suite de décision. Ne fermez pas trop vite les portes autour de vous. Quand on se décide trop vite, on évalue nécessairement rapidement si certains éléments nous aident ou non. Vous n'avez pas à faire de tels exploits au quotidien.

Décidez plutôt du moment où vous prendrez votre décision. Allez ensuite à la recherche des faits qui vous guideront, sans vous laisser influencer jusqu'au jour J. Ensuite, vous aurez les dispositions nécessaires pour prendre la meilleure des décisions.

Cette façon d'améliorer vos prises de décision et vos résultats a quelque chose de magique. Pour prendre de bonnes décisions, il est indispensable d'avoir une bonne mise en perspective. Offrez-vous ce cadeau. Ce faisant, vous obtiendrez en prime le courage de croire en vous. Vous vous donnerez une permission qui vous ouvrira des portes et provoquera de bons résultats.

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