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Un banquier réagit à la montée des indépendants

par Alain Thériault | 25 juin 2014 10h20

Premier vice-président de BMO Banque privée Harris, Alan Desnoyers ne craint pas la nouvelle vague de conseillers indépendants. « Je ne suis pas d’accord que les conseillers indépendants sont plus près de leurs clients que nous, a-t-il lancé en entrevue avec le Journal de l’assurance. Les gestionnaires de placement des banques sont très près de leurs clients et travaillent chacun avec un portefeuille de taille limitée pour assurer un service personnalisé. »Il ne croit pas non plus que les indépendants vont lui arracher des parts de marché. « La tarte ne grandit pas énormément. C’est vrai que si tu prends une place, tu la prends à quelqu’un d’autre, mais Banque privée Harris a eu le plus gros rythme de croissance par rapport aux autres concurrents. »

M. Desnoyers estime que les indépendants ont leur place, mais que les banques sont mieux placées pour desservir les besoins plus pointus. « La gestion privée est un marché en croissance. Les avoirs financiers des Canadiens fortunés, qui ont des actifs financiers d’un million de dollars et plus, croissent annuellement de 8 %. Ces cinq dernières années, l’actif de nos clients canadiens fortunés a excédé 20 % par an. Nous gérions au deuxième trimestre 20 milliards de dollars (G$) en gestion de patrimoine, dont 4 G$ au Québec. Avec l’accumulation de la richesse arrivent des besoins plus complexes. Il y aura toujours des clients qui préfèreront passer par le réseau indépendant, mais les firmes indépendantes travaillent davantage en silo, alors que nous pouvons faire bénéficier nos clients d’expertises difficilement accessibles aux petits indépendants », croit le gestionnaire.

Aux clients qui souhaitent s’exposer aux marchés émergents et profiter de conseils en conséquence, BMO Harris offre la présence d’un gestionnaire en terre étrangère. « Nous avons récemment acquis un gestionnaire britannique qui a 150 ans d’expérience : FNC Asset Management. Cela nous permet d’acheter des titres directement sur les marchés asiatiques. Un indépendant ne peut avoir ce genre d’entente », souligne M. Desnoyers.

BMO Harris poursuit l’objectif de devenir la plus grosse banque privée au Canada. « Nous sommes en passe de le devenir, d’ici quelques années », a confié M. Desnoyers. Il a rappelé que BMO est la seule banque canadienne à ne pas avoir acheté de fiducie. « Nous bâtissons de façon organique. Notre défi est de le faire maintenant, de façon plus intégrée. »

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