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Un employé sur trois confronté à un problème de santé mentale

par Alain Thériault | 20 avril 2015 09h00

Le tiers des travailleurs canadien composent ou ont dû composer avec un problème de santé mentale comme la dépression ou un trouble d’anxiété, révèle une enquête dont Morneau Shepell a dévoilé les résultats préliminaires cet hiver. Elle montre de plus que 27 % affirment éprouver des symptômes importants de stress et le quart avoir été malades au cours des six derniers mois en raison du stress lié au travail.photo_web_2043Dans cette enquête nationale réalisée auprès d’employés, employeurs et médecins de partout au Canada, Morneau Shepell a entre autres découvert que 58 % des employés ont rapporté avoir subi des effets négatifs du stress au travail, alors que 45 % disent avoir songé à quitter leur emploi en raison du stress lié au travail et de ses répercussions. Par ailleurs, 31 % des employés ont pris des jours de congé en raison du stress lié au travail.

« Les employeurs commencent à comprendre que la maladie mentale n’est pas un enjeu qui ne préoccupe que quelques personnes, mais qu’il concerne l’entreprise dans son ensemble », a déclaré le PDG de Morneau Shepell, Alan Torrie. Il reste beaucoup de travail à faire pour que tous les milieux de travail soient psychologiquement sains et pour donner aux gens le courage de chercher l’aide dont ils ont besoin, a-t-il ajouté.

L’enquête finale sera publiée en mai, a dit Claudine Ducharme, associée et co‐leader des services‐conseils en santé, région de l’Est du Canada de Morneau Shepell, en entrevue avec le Journal de l’assurance. Elle a aussi révélé la composition de l’échantillon : 1 005 employés au travail au moment de leur participation et réparti à peu près également entre entreprises de plus de 500 employés et de 500 employés et moins, 100 représentants des employeurs et 117 médecins.

« Un tiers des employés qui souffrent ou ont souffert de ces problèmes est un résultat qui porte à réflexion », a commenté Mme Ducharme. Elle souligne au passage les prévisions de l’Organisation mondiale de la santé, selon laquelle les maladies mentales deviendront la principale cause d’invalidité dès 2020.

La sensibilisation progresse. Selon l’enquête, 90 % des employés affirment que la gestion de la santé mentale est importante pour la productivité. En outre, 83 % ne voient pas nécessairement le stress comme quelque chose de globalement négatif et précisent que le stress lié au travail peut être positif ou négatif selon la façon dont l’employeur soutient les employés et répond à leurs besoins.

« Les participants disent que le milieu de travail joue un rôle déterminant dans la santé mentale. Un des facteurs les plus importants pour eux est le soutien des collègues et des gestionnaires de l’entreprise, plus que la charge de travail », a observé Mme Ducharme.

Toutefois, seuls 56 % des employés croient que l’entreprise pour laquelle ils travaillent favorise le bienêtre mental. L’enquête a révélé que la perception des employeurs diffère de celle des employés en ce qui a trait à la gestion de la santé mentale en milieu de travail. En général, la perception des employeurs sur la façon dont ils gèrent la santé psychologique en milieu de travail est meilleure que celle de leurs employés, a remarqué Mme Ducharme.

« En matière de respect entre collègues, 65 % des employeurs ont dit fournir un milieu de travail satisfaisant à cet égard, comparativement à 56 % des employés, a-t-elle révélé. En matière de conciliation travail-famille, 63 % des employeurs estiment bien faire alors que seuls 48 % des employés en pensent autant. En matière de reconnaissance, c’est le cas pour 60 % des employeurs et 43 % seulement pour les employés. »

Stigmatisation

Parmi les employés sondés, 71 % ont dit craindre d’être stigmatisés s’ils font part de leurs problèmes mentaux. Cette stigmatisation entourant la maladie mentale peut venir de plus d’une source. Pour 65 % des employés, l’autostigmatisation représente un problème, tandis que plus de la moitié se sont dits préoccupés d’être stigmatisés par leurs médecins.

Fait intéressant, l’enquête montre que, dans beaucoup de cas, les employés sont plus durs à l’égard des personnes atteintes d’une maladie mentale que leurs employeurs et que ces personnes font encore l’objet d’attitudes très négatives. En effet, 19 % des employés croient qu’une personne atteinte de maladie mentale exerce un plein contrôle sur sa maladie alors que seuls 12 % des employeurs pensent ainsi.

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