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Véhicules autonomes : vers la fin de l’assurance automobile ?

par Mathieu Carbasse | 12 septembre 2016 13h30

Photo : Tesla.com

Selon un rapport d’Aon Benfield, si l’adoption des véhicules autonomes se généralise aux États-Unis, même à un rythme modéré, les primes d’assurance automobile pourraient diminuer de 20 % d’ici 2035, et, potentiellement, de plus de 40 % à l’horizon 2050.

Dans son étude intitulée Riding the Innovation Wave, Aon Benfield prend en compte le fait que la première technologie disponible dans le commerce devrait prendre la route en 2018, avec, en prévision, une réduction de 81 % de la fréquence des sinistres. Toutefois, sont également attendues des augmentations concernant la gravité des réclamations en raison des coûts de capteurs, ainsi que celle liée à la hausse du coût de traitement des réclamations en responsabilité.

La volatilité de l’IARD en hausse de 40 %

Sachant que les véhicules personnels représentent dans le monde 47 % de la prime d'assurance, Aon Benfield estime que la volatilité de l'assurance dommages aux États-Unis pourrait augmenter de 40 %.

 « L'adoption de véhicules autonomes sera évidemment liée à de nombreuses variables telles que les défis réglementaires, le coût pour le consommateur, la sécurité, les préférences en matière de propriété du véhicule, et la technologie elle-même, a déclaré Paul Mang, PDG d'Aon Analytics. En tant qu'industrie, nous devons donc agir rapidement pour s’assurer d’avoir les produits disponibles pour nous aligner sur ce nouveau paradigme. Si nous n’y parvenons, nous devrons faire face à une véritable rupture. »

Si la croissance actuelle se maintient, Aon Benfield prévoit que d'ici 2020, les primes mondiales en cyberrisque pourraient atteindre 10 G$. En outre, le coût de la cybercriminalité pourrait même atteindre 2 000 à 3 000 G$ d'ici 2020, soit l'équivalent du PIB d'un pays parmi les plus riches de la planète.

De nouvelles opportunités d’investissement

Le rapport révèle également qu'en 2015, il y a eu 2.6 G$ d'investissements réalisés dans plus de 200 jeunes entreprises d'assurance (Insurtech), soit près d’un tiers des 9 G$ investis dans le secteur au cours des dernières années à l'échelle mondiale.

« Les investisseurs en capital-risque ne sont pas intéressés par notre industrie dans sa forme actuelle, prévient encore M. Mang. Ils visent à réorganiser nos processus et opérations afin de créer de nouvelles possibilités économiques profitables pour eux-mêmes. »

Le rapport suggère ainsi que les assureurs procèdent à un examen attentif de leur propre industrie, dans le but d'évaluer les points forts et identifier les faiblesses. Les entreprises devraient également réfléchir à la façon dont les données, et les analyses qui en découlent, peuvent être appliquées à mieux servir le client et à réorganiser les activités de base.

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