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Créer un régulateur mondial pour s’adapter au rythme des Fintechs

par Frédérique De Simone | 20 novembre 2019 13h30

Photo : Freepik

L’évolution rapide des technologies financières et l’ouverture des marchés font pression sur les régulateurs du monde qui doivent impérativement s’adapter et collaborer pour assurer la protection du consommateur, mais aussi la stabilité et l’intégrité financières.

La Financial Conduct Authority du Royaume-Uni (FCA), voyant l’importance de mettre en place un réseau collaboratif, a mené des consultations sur l’idée de créer un terrain de jeu mondial, pour que les autorités du monde entier puissent soutenir le développement technologique et apporter un soutien aux entreprises qui développent des nouvelles solutions.

Le directeur de l’innovation à la FCA, Nick Cook, était présent lors du Forum Fintech de Montréal, qui s’est déroulé à la fin du mois d’octobre, pour parler du réseau global de l’innovation financière, appelé Global Financial Innovation Network (GFIN). Pour lui, « le défi est bien évidemment de s’adapter à la vitesse auquel le changement se produit, en conservant un environnement sécuritaire. Il a été nécessaire de créer un comité qui nous permet de dialoguer et de faire face à l’adversité ensemble », a-t-il dit.

Le GFIN permet de faire bénéficier tous les intervenants des forces de chacun, de promouvoir le dialogue entre chaque partie, de tester des approches et de faire des expérimentations, bien qu’il soit difficile de règlementer un marché complètement ouvert. « Il y a des milliers d’entités, qui ne s’entendent pas toujours. Le regroupement permet ainsi aux membres de recourir à l’expertise des paires et d’être proactifs [dans l’adoption et l’adaptation de mesures, ainsi qu’en matière d’innovation] », ajoute M. Cook.

Sécurité et défis

« En prenant conscience des divers défis auxquels nous sommes soumis, nous devons adopter une approche nous permettant d’accorder une protection et de faire la promotion de l’innovation. Il va de soi que la règlementation et les normes doivent être adaptées en conséquence. Nous offrons des options et un cadre aux entreprises qui développent des services financiers novateurs », dit Cuihua Cartwright, conseillère principale du service de l’innovation à la Commission australienne de la sécurité et des investissements (ASIC).

Aqsa Zubair, conseillère principale, blockchain et fintech à l’Autorité monétaire des Bermudes, elle aussi panelliste lors du Forum Fintech, croit qu’il est important que les autorités développent des outils pour prévenir les crimes financiers. « Par exemple, nous avons développé des formulaires et des tests pour évaluer la crédibilité des projets qui nous sont soumis », dit-elle.

Sachant que chacune des autorités à ses contraintes, en s’associant, elles sont assujetties à des contraintes supplémentaires. « Nous faisons face à divers défis, dont l’acquisition de talents, la distance qui nous sépare d’un pays à l’autre, la technologie, l’identité du GFIN, les différentes lois et règlementations et l’identification des comportements et des besoins des consommateurs, qui varient selon les pays. Au Royaume-Uni, les consommateurs ont tendance à se tourner vers les fintechs pour compléter les services qu’ils obtiennent auprès d’institutions traditionnelles, mais ce n’est pas forcément pareil ailleurs », poursuit M. Cook. 

Le GFIN en bref

« Le GFIN est encore nouveau, mais c’est un excellent groupe de soutien pour les fintechs, dit Oumar Diallo, directeur, fintech et innovation de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Nous leur offrons un environnement pour tester leurs produits, sur différents marchés financiers qui sont soumis à diverses lois et règlements, et ce, en toute sécurité. »

Le GFIN est différent des organismes mondiaux de normalisation. Il est composé de 35 autorités de règlementation de services financiers qui portent le chapeau de membre et de 7 groupes observateurs, dont le Fonds monétaire international et le Groupe de la Banque mondiale. Son but est d’améliorer le dialogue entre les entités règlementées et les autorités.

Depuis un an, le réseau global soutient l’innovation financière et met à l’essai des idées dans différents territoires. Il encourage la coordination et la collaboration entre les autorités face aux nouvelles tendances. Il sert aussi d’environnement pour tester des projets pâlots hors des limites des frontières. La première assemblée annuelle et la première réunion du groupe de coordination se sont tenues à Londres en mai 2019. Le GFIN s’est réuni à nouveau, cette fois à Montréal, en octobre dernier.

Parmi les membres on compte l’AMF, l’Autorité monétaire de Hong Kong et celle de Singapour, l’Autorité des services financiers de Dubaï et du Royaume-Uni, la Banque centrale du Bahrain, la Commission sur la sécurité et l’investissement de l’Australie et du Guernsey, entre autres.

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