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COVID-19 : l'ACCAP détaille les mesures prises par les assureurs vie

par Kate McCaffery | 08 avril 2020 10h45

Stephen Frank | Photo : Réjean Meloche

Quelle a été la réponse des assureurs vie canadiens face à la crise posée par la pandémie de la COVID-19 ?

Le Portail de l’assurance s’est entretenu avec Stephen Frank, président de l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP) à ce propos.

Dès le début de la crise, il y a eu un effort coordonné des assureurs pour lever la période d’attente d’une semaine pour les gens ayant des besoins en invalidité de courte durée, a relaté M. Frank. De même, dans les cas où les assureurs demandaient l’avis d’un médecin pour remplir des formulaires et fournir de l’information médicale, cette exigence a été levée, et ce, tant pour des cas d’invalidité de courte durée que de longue durée.

En transport routier, des assureurs offrant une couverture en soins de santé à des camionneurs transportant des biens entre le Canada et les États-Unis ont continué de le faire. L’ACCAP a joué le rôle de facilitateur dans ces décisions, souligne M. Frank.

« Nous portons une attention particulière à ne pas poser de gestes qui serait anti-concurrentiel. Dans ces cas, c’était la bonne chose à faire. Ce sont aussi des choses que nous avons fait proactivement, sans que le gouvernement nous en fasse la demande », dit M. Frank.

Démontrer la valeur des produits d’assurance

M. Frank ajoute que le tout « a été fait par toutes les compagnies à travers le pays dans un effort pour ramener de l’argent dans les poches des gens. C’est une occasion de démontrer la valeur de nos produits et notre stabilité, mais aussi que nous sommes présents pour eux.

Certaines compagnies ont aussi pris des mesures supplémentaires pour soulager le consommateur moyen qui subit les impacts sur coronavirus, dit M. Frank. Le Mouvement Desjardins en est un exemple. Sa filiale d’assurance a fait savoir qu’elle permettrait de retardé de 90 jours le paiement de leurs primes s’ils avaient contracté la COVID-19 ou s’ils étaient impactés négativement par la pandémie, parmi d’autres mesures.

À plus grande échelle, M. Frank affirme que les compagnies prennent des décisions au cas par cas quant au soutien à offrir. « Tout le monde veut faire la bonne chose et offrir du soutien à ceux qui en ont réellement besoin. Les conseillers financiers facilitent ces discussions avec les manufacturiers. Nous offrons du soutien ponctuel lorsque c’est justifié. On pousse tous dans la même direction pour que le tout se passe le plus de la façon la plus douce possible. »

La grande inconnue

Que la crise débouche ou pas sur un plus grand nombre de réclamations en invalidité reste à voir. Tout comme les effets à long terme que la pandémie aura sur les assureurs de personnes, notamment en matière de souscription.

« L’autre grande inconnue est la durée de cette crise. La situation durera-t-elle trois ou quatre mois ? Est-ce que sera plus long ? Quels effets auront les programmes des gouvernements ? On ne le saura pas avant un certain temps. » - Stephen Frank

« Une des choses que l’on surveille de près est la hausse potentielle des réclamations en santé mentale si jamais il est requis que les gens doivent demeurer à leur domicile pendant de longues périodes de temps. L’autre grande inconnue est la durée de cette crise. La situation durera-t-elle trois ou quatre mois ? Est-ce que sera plus long ? Quels effets auront les programmes des gouvernements ? On ne le saura pas avant un certain temps », dit M. Frank.

Il faut aussi remarquer les plans de continuité des affaires des assureurs de personnes se sont déployés adéquatement. Ceux-ci se préparent à un long match, alors que la majorité de leurs employés travaillent de la maison.

« On continue de servir nos clients et nos conseillers comme nous le faisions auparavant. On veut s’assurer que les paiements d’invalidité, de rentes ou de retraite continuent de se faire. C’est notre priorité », dit M. Frank.

Que l’industrie de l’assurance soit reconnue comme offrant des services essentiels a d’ailleurs été l’une des premières tâches de l’ACCAP. Les gouvernements n’ont pas été difficiles à convaincre, souligne-t-il. « Il était toutefois essentiel que l’on porte le tout à leur attention pour être certain de ne pas être oublié dans la discussion », ajoute M. Frank.

Bien que l’industrie soit ouverte pour mener des affaires, il y a certains types de couvertures qui pourraient être plus difficile à souscrire dans un futur proche, dit M. Frank. C’est le cas des grosses polices d’assurance vie, qui demande des prélèvements de fluides. Des délais sont ainsi à prévoir, dit-il, alors que plusieurs services paramédicaux ont fermé leurs bureaux.

« Pour les plus petits contrats, on peut faire beaucoup de choses sans prélever de fluides. Les compagnies regardent quelle est leur limite de souscription pour la souscription sans fluide. Tout le monde y portera une attention importante », dit M. Frank.

Soutien des régulateurs

M. Frank a aussi révélé au Portail de l’assurance que l’ACCAP est en discussion avec le Conseil canadien des responsables de la réglementation en assurance (CCRRA) quant à la conduite des affaires en ces temps de pandémie. Il y aura un besoin de souplesse à cet égard tant pour les rencontres avec des clients, la signature de documents, l’entreposage de documents ou la livraison de ceux-ci, entre autres.

« Plusieurs de ces exigences s’appliquent mal dans un contexte où tout le monde est confiné à la maison. Nous avons eu de bonnes discussions avec le CCRRA à ce propos. Ils sont compréhensifs et ouverts à nous donner une flexibilité durant cette période. »

M. Frank ajoute que le CCRRA a demandé à l’ACCAP de lui fournir une liste de priorités pour discuter. « C’est important que l’on regarde comment faire les choses différemment dans cet environnement. »

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