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Aux conseillers de sensibiliser les jeunes à l’épargne

par La rédaction | 05 mars 2013 14h06

Pour Stéphane Langlois et Claude Paquin, respectivement président et deuxième vice-président du Conseil des fonds d’investissement du Québec (CFIQ) et, il en revient aux conseillers de sensibiliser les jeunes à l’épargne.« La dernière génération a été habituée à l’achat instantané. En plus, leur niveau d’endettement est très élevé. Je suis aussi heureux de voir que le gouvernement veut ramener les cours de finance dans les écoles. Tôt ou tard, les jeunes devront y être sensibilisés », dit-il.

Est-ce qu’Internet va prendre toute la place ? Non, dit-il.

« Regardez ce qui s’est passé durant la bulle technologique. Nortel représentait à un moment 34 % de la valeur boursière de la Bourse de Toronto. À ce moment, il y avait des analystes qui conseillaient d’en acheter encore, alors que l’action valait 120 $. On connait le reste de l’histoire », dit-il.

Il souligne que l’information était disponible sur Internet à cette époque et ça n’a pas empêché l’éclatement de la bulle techno. Est-ce que ça va changer dans 15-20 ans ?

« Les émotions ne vont pas changer. On nous a aussi beaucoup parlé de la société des loisirs. Est-ce qu’il y a beaucoup de gens qui travaillent moins que leurs parents ? La quantité d’information qu’on reçoit ne pas diminuer avec le temps. Ça nous force à recentrer nos priorités. C’est là que le rôle du conseiller prend toute son importance. Son rôle va même s’accroitre en importance compte tenu de la quantité d’information qui sera diffusée », dit M. Paquin.

M. Langlois ajoute que ce n’est pas parce qu’on reçoit beaucoup d’info qu’on n’a pas besoin d’un conseil. « J’ai été courtier en valeurs mobilières à un moment, avec un écran devant moi, et c’est là que j’ai pris mes pires décisions d’investissement. Les gens auront toujours besoin d’un conseiller pour les ramener et diminuer les émotions par rapport à cela », dit-il.

Il dit comparer le conseil d’un conseiller en investissement à ceux d’un médecin. « Quand mon jeune garçon a des boutons, ma conjointe peut aller sur Internet. Elle peut y voir des choses sur la méningite et c’est le drame. C’est toujours pire ! Ce n’est pas parce qu’il y a Internet qu’on va moins voir le médecin. Il vient nous rassurer et gérer nos émotions, notre situation. Internet amène des percées majeures pour les biens de consommation. Mais pour un produit sophistiqué comme un fonds commun, Internet ne viendra jamais remplacer le jugement d’une personne. Par contre, dans 20 ans, on n’aura peut-être pas besoin de se déplacer pour voir les gens. Le rôle que le conseiller joue ne peut être remplacé par des pages et des pages d’information », dit-il.

Ils jugent donc impossible qu’Internet en viennent à exclure le conseiller, malgré l’émergence de réseaux comme celui d’ING Direct. « Les gens peuvent faire de tels tests, dit M. Paquin. Il n’y a aucune tendance de fonds qui indique que ça s’en va là. Prendre un tel risque avec 1 000 $ est une chose. Le faire avec 200 000 $, 500 000 $ ou un million de dollars, les données ne sont pas les mêmes. C’est la tendance inverse qu’on va voir. Le conseiller va prendre de plus en plus de valeur. On n’entendait pas parler de telles recherches il y a 3 ans. Plus on va en voir, plus ça va sensibiliser le rôle du conseiller. Le Canada est d’ailleurs précurseur à cet effet », dit-il.

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