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Campagne grand public de 750 000 $ pour convaincre

par Vicky Poitras | 23 novembre 2009 13h43

Le Regroupement des cabinets de courtage d'assurance du Québec (RCCAQ) s'est donné un nouveau cheval de bataille pour 2010. En plus de la distribution d'assurance sans représentant, le RCCAQ veut maintenant s'attaquer à la récupération des parts de marché du courtage. À cet effet, une campagne de publicité grand public est prévue.C'est ce qu'ont révélé Louise Mathieu et Johanne Lamanque, respectivement présidente du conseil d'administration et directrice générale du RCCAQ, lors d'une entrevue réalisée lors du Congrès du Regroupement, le 5 novembre dernier.

« La récupération des parts de marché est quelque chose d'important pour nous, dit Mme Mathieu, qui est aussi vice-présidente de Lussier, cabinet d'assurances et de services financiers. Ce travail passera par un projet publicitaire. Nous avons assigné un montant de 750 000 $ à une campagne de publicité dans le grand public qui vise carrément cet objectif. C'est un dossier décidé par le conseil d'administration. Les détails exacts ne sont pas encore conceptualisés, mais les sommes sont réservées. Le tout sera lancé en 2010. »

Mme Lamanque rappelle que la récupération de parts de marché a été un objectif soulevé lors des États généraux de 2007. « C'est dans cette optique que nous allons travailler ce dossier. Ce n'est pas un choix fait au hasard. Nous avons attaqué de front la distribution sans représentant pour débuter, car ce sujet avait été identifié comme étant prioritaire pour nos membres. La publicité en était un aussi et nous nous y attaquons maintenant », dit-elle.

Ce budget de publicité s'ajoutera à celui de la campagne du beeper, dans lequel 500 000 $ ont été investis au cours de la dernière année. La campagne du beeper est menée par l'Association canadienne des courtiers d'assurance, et toutes les organisations provinciales de courtage y contribuent. « Nous avons eu plusieurs signaux d'alarme dans le monde du courtage en ce qui a trait aux parts de marché. Toutefois, la question soulève peut-être plus d'engouement que dans le passé. Nous voyons aussi qu'il y a certaines occasions d'affaires à saisir », a précisé la nouvelle présidente du RCCAQ.

Mme Mathieu a aussi souligné que les courtiers d'assurance possédaient une force qu'ils devaient utiliser lors de négociations gouvernementales. Elle a cité en exemple le dossier de la bancassurance, où les courtiers ont remporté une importante bataille. Le ministre des Finances du Canada Jim Flaherty a annoncé au mois d'octobre que les sites Internet des banques seront soumis aux mêmes règles d'interdiction de vente d'assurance que leurs succursales.

« Notre industrie a un pouvoir énorme compte tenu du nombre de gens qu'elle représente. Le Québec compte près de 650 cabinets d'assurance, qui emploient plus de 5 000 professionnels et qui ont un volume de primes de trois milliards de dollars. Le RCCAQ doit demeurer le seul porte-parole des courtiers d'assurance du Québec. Nous avons gagné une bataille, mais pas la guerre. Nos représentations gouvernementales seront très importantes et nous aurons besoin de la force de notre réseau », mentionne-t-elle.

Mme Mathieu a aussi fait le point des relations du RCCAQ avec la Fédération des courtiers d'assurance indépendants du Québec (FCAIQ). « Nous avons fait connaitre notre position à cet effet au début de 2008. Il n'y a pas eu d'évolution depuis ce temps. Notre position demeure la même. Nous préconisons que le RCCAQ demeure le seul porte-parole des courtiers. Il faut s'unir pour gagner nos batailles », dit-elle.

Johanne Lamanque ajoute qu'elle craint que la venue de la FCAIQ crée de la confusion dans l'industrie. « Nous sommes un marché trop petit pour permettre cette division. La FCAIQ dit vouloir promouvoir les courtiers indépendants auprès des consommateurs. Dans les faits, nous pensons qu'ils vont aller plus loin que ça », affirme-t-elle.

Pour Louise Mathieu, le RCCAQ représente tous les courtiers et tous les modèles d'affaires au Québec. « Le conseil d'administration est d'ailleurs très bien représenté par tous les modèles d'affaires. » dit-elle.

Mme Lamanque rappelle que le RCCAQ demeure à l'affût de tout ce qui peut toucher les cabinets membres du Regroupement. En exemple, elle cite la question des transferts de volumes en bloc, où le RCCAQ a fait valoir sa position vis-à-vis le projet de règlement présenté par l'Autorité des marchés financiers.

« L'objectif poursuivi par le projet de règlement est fondamental et louable, soit protéger le consommateur. Par contre, la solution qui est préconisée par l'Autorité ne rencontrera pas cet objectif et va alourdir davantage tous les processus. Elle va augmenter le risque de réclamations en responsabilité professionnelle. On recommande davantage l'application d'une clause grand-père, qui se négocie, comme c'est le cas actuellement. La différence, c'est qu'il faudrait qu'elle soit uniforme à toute l'industrie. Une telle clause grand-père viendrait assurer que, s'il y a un manque de couverture dans la nouvelle police par rapport à l'ancienne, l'assureur devra en prendre cause immédiatement pour que le tout soit au moins égal à l'ancienne police », dit-elle.

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