Canada Vie a lancé le 30 mars 2023 un produit d’assurance vie entière conçu pour encourager les Canadiens à faire des dons aux organismes de bienfaisance. Il s’agit d’une assurance vie entière avec participation payable en une seule prime, appelée Donner au suivant.

Cette prime versée par le donateur fait de lui l’assuré. L’organisme de bienfaisance devient pour sa part propriétaire et bénéficiaire de la police d’assurance. L’organisme pourra toucher le montant de l’assurance sous forme de don, au décès de l’assuré.

Canada Vie signale que l’organisme peut aussi utiliser la valeur accumulée dans le compte de participation de la police en souscrivant de l’assurance supplémentaire. L’organisme de bienfaisance peut aussi toucher les participations annuelles de la police en espèces. 

Il y a un avantage fiscal pour le donateur, puisqu’il obtient un reçu de don de la part du bénéficiaire de l’assurance. Le bénéficiaire doit être un organisme de bienfaisance enregistré comme tel auprès de l’Agence du revenu du Canada. « Ce nouveau produit reflète nos valeurs et permet aux clients de soutenir les causes qui leur tiennent à cœur. Il suffit de verser une seule prime pour constater les effets bénéfiques du don ; il n’y aura pas d’autres versements à faire ni d’autres engagements à prendre plus tard », a affirmé Paul Orlander, vice-président exécutif, client individuel, de Canada Vie. 

Dons planifiés en croissance 

Andrea Frossard

Vice-présidente principale, solutions d’assurance vie avec participation, client individuel, de Canada Vie, Andrea Frossard a dit a en entrevue avec le Portail de l’assurance que le nouveau produit contribuera à faire augmenter de beaucoup la part de l’assurance vie dans le marché des dons planifiés.

Mme Frossard y voit une occasion de croissance. « L’espace des dons de bienfaisance est un marché vaste et inexploité du point de vue de l’assurance vie. Notre produit est une première occasion de développer le marché de l’assurance dans le créneau des dons planifiés, bien au-delà des 2 % qu’il occupe actuellement », a-t-elle signalé. Les données qu’a divulguées Mme Frossard soutiennent ses propos (voir le tableau suivant sur le marché des dons planifiés). 

Ses conversations avec des organismes de bienfaisance et des conseillers font croire à Mme Frossard que le nouveau produit pourra générer une croissance des primes de 25 % annuellement dans le créneau des dons planifiés. En raison de la nouveauté de son produit, ce rythme de croissance pourrait se maintenir les cinq prochaines années.

Complexité et autres irritants 

Andrea Frossard a dit que travailler étroitement avec un groupe de conseillers spécialisés en dons planifiés et avec des organismes de bienfaisance au moment de développer le produit a permis d’aplanir les obstacles. Elle retire de cette collaboration que la simplicité d’une vie entière payable en une seule fois enlève un irritant majeur signalé par ces intervenants. « Il était difficile et compliqué de vendre de l’assurance vie dans un but philanthropique, car la plupart des polices d’assurance de l’industrie sont à paiements multiples », explique Mme Frossard.

Elle rapporte que les organismes de bienfaisance se souciaient de savoir si le donateur paiera ou non ses prochaines primes, a-t-elle observé. Développer un produit à paiement unique a aussi fait disparaître cette préoccupation pour les donateurs et pour les conseillers, ajoute-t-elle. « Les donateurs n’ont pas à se soucier de leurs paiements pour les 10, 20 prochaines années voire plus, explique Mme Frossard. De leur côté, les conseillers n’ont plus à faire le suivi auprès du client donateur pour s’assurer qu’il acquitte ses primes.