Dans une nouvelle étude, Reinsurance Group of America (RGA) indique que les changements climatiques au Canada devraient entraîner une hausse minimale de la mortalité d’ici 2050. Alors que la chaleur devrait entraîner une augmentation du nombre de décès, le nombre de décès associé au froid devrait quant à lui diminuer.
En se fondant sur un scénario d’émissions « intermédiaire », RGA estime que l’effet global des températures sur la mortalité demeurera modeste d’ici le milieu du siècle.
« En Ontario, chaque hausse de 5°C de la température estivale entre 1996 et 2010 a été associée à une augmentation de 2,5% de la mortalité. À travers 12 villes canadiennes (2000-2020), les épisodes de chaleur extrême ont accru le risque quotidien de mortalité de 4,2% pour les décès non accidentels, de 3,8% pour les décès cardiovasculaires et de 11,7% pour les décès respiratoires. Les décès liés à la chaleur ont fortement augmenté, les deux tiers de ces décès depuis 1981 étant survenus après 2016 », écrit la chercheuse en médecine mondiale Hilary Henly dans le rapport de RGA, The impact of physical risks from climate change on future mortality in Canada.
« Historiquement, le froid représente une part plus importante de la mortalité liée à la température au Canada, explique l’auteure. Entre 1985 et 2012, 4,46% des décès ont été attribués à une exposition au froid, contre 0,54% liés à la chaleur. Le réchauffement des hivers devrait réduire les décès liés au froid. Les études suggèrent des effets nets modestes à l’échelle nationale d’ici 2050. »
La pollution des feux de forêt
La mortalité liée à la pollution de l’air est considérable, rappelle la chercheuse dans le rapport de RGA, et la pollution atmosphérique liée aux feux de forêt représente le principal risque émergent en matière de mortalité.
La pollution de l’air représentait 6,1% de l’ensemble des décès en 2018, dont 0,5% attribuables aux particules provenant spécifiquement des feux de forêt. Or, « les niveaux de 2023 suggèrent que ce chiffre pourrait être plusieurs fois supérieur lors des futures années à forte fumée », souligne-t-elle. D'ici 2050, les particules liées aux feux de forêt « pourraient représenter jusqu'à la moitié de l'exposition totale aux particules ».
La sécheresse, l’insécurité alimentaire et les maladies transmises par des vecteurs devraient rester des préoccupations de moindre ampleur.
La chercheuse indique également que la mortalité liée aux inondations au pays est historiquement très faible, soit moins de 0,3%. « Les risques localisés d’inondations côtières pourraient augmenter, mais les effets sur la mortalité à l’échelle nationale découlant de la hausse du niveau de la mer devraient demeurer minimes d’ici 2050 », note Mme Henly.
Des impacts modestes sur la mortalité au pays
La chercheuse ajoute que même si l’on double les effets estimés de chaque risque physique afin de tenir compte de l’incertitude, l’impact global sur la mortalité demeure modeste. Selon le scénario intermédiaire, l’augmentation nette de la mortalité attribuable aux risques physiques liés au climat devrait atteindre environ 0,8% d’ici 2050.
« Bien que le Canada soit clairement touché par le réchauffement planétaire et les changements climatiques, la mortalité future devrait être moins affectée que dans de nombreux autres pays », conclut-elle. « À l’exception des décès liés à la chaleur, les données actuellement disponibles sur les risques connus n’indiquent pas d’augmentation de la mortalité attribuable aux changements climatiques d’ici 2050. »