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Chronique internationale

par Vicky Poitras | 23 janvier 2006 19h30

Par Stéphane DesjardinsSuisse de Ré s’inquiète duréchauffement climatique

Une nouvelle étude sonne l’alarme au sujet du réchauffement climatique. Le réassureur Suisse de Ré et le Programme des Nations Unies pour le développement sont les deux commanditaires de ce rapport de 138 pages publié par le Centre pour la santé et l’environnement global de l’École de médecine de Harvard.
Le rapport offre des données scientifiques nouvelles – et inquiétantes – sur le phénomène du réchauffement planétaire. Il rappelle que le coût économique planétaire des catastrophes reliées aux événements climatiques est passé de 4 G$US (G pour milliard) par année en moyenne durant la décennie de 1950 à 46 G$US durant celle de 1990. Ce coût atteignant 107 G$US en 2004. Les pertes catastrophiques mondiales assurées ont triplé, de 11% du coût total en 1960 à 26% en 1990, puis à 42% en 2004, pour totaliser 44,6 G$US l’an dernier.

Faits saillants selon Harvard

• Les changements climatiques contribuent à propager les maladies. Ils menacent la faune, les animaux d’élevage, l’agriculture, les forêts, la vie marine.
• L’instabilité climatique et la propagation de maladies sont néfastes pour la vie économique et le cours normal des affaires.
• Les impacts liés aux changements climatiques pourraient augmenter de façon exponentielle.
• La volatilité climatique va s’intensifier à l’échelle planétaire.
• Les communautés côtières sont particulièrement vulnérables.
• Un scénario optimiste fait état d’une stabilisation du climat avec la réduction de l’utilisation de combustibles fossiles et de la déforestation.
• Un programme adéquatement financé de génération planétaire d’énergie propre offre un énorme potentiel commercial et constitue le moyen le plus approprié pour stabiliser le climat.

2005 : la plus coûteuse

L’année 2005 est déjà considérée comme la plus coûteuse de l’histoire de l’assurance.
Un rapport, publié début novembre par le Property Claim Service de la firme de gestion de risque américaine ISO, établit les pertes assumées par les assureurs de dommages américains, liées aux ouragans Katrina, Rita et cinq autres catastrophes naturelles majeures, à 43,8 G$ pour les neuf premiers mois de 2005, comparé à 24,7 G$US pour la même période l’an dernier.
Les pertes pour le seul troisième trimestre s’élevaient à 23,7 G$US, comparativement à 3,7 G$ au trimestre correspondant de 2003. L’ouragan Katrina est responsable de pertes assurées de 34,4 G$US pour ce même trimestre. Rita suit avec 4,4 G$US, puis Dennis, avec 1,1 G$US.

Les entreprises sans défense devant la grippe aviaire

Une pandémie de grippe aviaire placerait de nombreuses entreprises dans une situation très difficile, ces dernières n’ayant aucune protection d’assurance, affirme un rapport de la firme internationale de courtage Aon.

Ces entreprises devront faire face à des ralentissements de leurs chaînes de production et d’approvisionnement, particulièrement celles qui ont implanté des systèmes juste-à-temps. Aon a découvert que l’industrie mondiale de l’assurance offre peu sinon pas de protection contre l’interruption des affaires issue d’une telle pandémie. Les seules protections disponibles sont les couvertures habituelles en assurance vie et santé individuelles ou collectives.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a conclu qu’une pandémie de grippe aviaire se traduirait par des bouleversements massifs sur les plans social et économique, pour les pays touchés. Aon rappelle que le SRAS, qui fut moins virulent et infectieux qu’une éventuelle pandémie de grippe aviaire, s’est traduit par des pertes de 60 milliards $US dans les pays asiatiques touchés, selon une étude de la Banque asiatique de développement.

Aon croit qu’une pandémie de grippe aviaire se traduirait par l’arrêt complet de larges pans de l’économie mondiale, comme le tourisme ou l’import-export. Les entreprises seraient aux prises avec des problèmes de flux de trésorerie alors que leurs employés seraient frappés par la maladie ou obligés de quitter leur poste pour s’occuper de leurs proches, affligés par la maladie. Des millions de personnes ne pourraient voyager à cause des quarantaines ou de problèmes d’approvisionnement en carburant.

Le gouvernement britannique a prédit que 25% de la main-d’œuvre pourrait s’absenter entre cinq jours et trois mois.

Malgré ces menaces, une étude de l’Institut américain des administrateurs agréés, citée par Aon, conclut que les entreprises ignorent les impacts dévastateurs qu’aurait une pandémie de grippe aviaire sur la continuité de leurs opérations. Les priorités, à ce chapitre, tournent davantage autour des catastrophes naturelles éventuelles, des menaces terroristes, des sinistres comme les incendies ou les pertes d’informations liées aux systèmes informatiques.

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