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Co-operators analyse le risque côtier avec les métadonnées

par Alain Thériault | 20 avril 2017 07h00

Confronté à l’insuffisance des données historiques sur le risque d’inondation, Co-operators a recouru à l’analyse des métadonnées pour créer un avenant qui le couvre dans le centre du Canada. L’assureur évalue l’étendre aux risques côtiers.

Appelé Avenant - Eau multirisque, la couverture des risques liés à l’eau de Co-operators protège l’assuré contre le débordement des lacs et rivières, ainsi que de tout autre dégât d’eau. L’analytique a joué un grand rôle dans ce développement, mais elle a encore ses limites.

Pour l’heure, l’offre de Co-operators se limite à l’Alberta et l’Ontario. L’offre de l’avenant a débuté en Alberta en 2015, et a suivi en Ontario en 2016, « là où il n’y a pas de risques de tsunamis », a précisé en entrevue avec le Journal de l’assurance Carl Lambert, vice-président national, intelligence d’affaires, pour l’assurance des particuliers et des entreprises, chez Co-operators. Lors de cette entrevue, M. Lambert était accompagné de François Godbout, directeur principal, recherche et innovation, intelligence d’affaires, de Co-operators, et de Cyndi Seifreid, directrice du programme d’initiatives en inondation de Co-operators.

Ainsi, l’avenant couvre les débordements qui pourraient par exemple survenir dans les rivières albertaines ou dans les Grands Lacs en raison de la pluie, ou encore les dégâts entrainés par une champlure laissée ouverte, a énuméré M. Lambert. « Toutes les habitations sont couvertes, y compris celles qui se trouvent sur le bord de l’eau », dit-il.

« Aller chercher des connaissances que nous n’avons pas »

L’assureur songe à couvrir les risques côtiers de la Colombie-Britannique et des Maritimes, ont révélé les dirigeants. L’analytique est appelée en renfort dans cette réflexion et la possibilité d’étendre l’avenant à d’autres provinces.

« Nous avons fait des modèles pour le risque côtier. Nous n’avons pas encore complété l’étude. Les techniques actuarielles traditionnelles ne suffisent plus. Nous sollicitons nos réseaux de contacts dans les universités pour aller chercher des connaissances que nous n’avions pas. Les données en provenance d’organismes gouvernementaux sur la fluctuation du niveau de l’eau de toutes les rivières et les lacs au Canada sont une mine d’or », estime M. Lambert.

Le vent est un autre risque que la souscription traditionnelle peine à saisir. « L’avenant exclut les pertes ou dommages causés directement ou indirectement par les vagues, la marée, un raz de marée ou un tsunami, ou leurs embruns, qu’ils soient transportés par le vent ou non », dit M. Godbout. 

Co-operators exclut le risque lié aux vagues pour le moment. « Nous voulons mieux le comprendre, a-t-elle expliqué. Nous nous basons sur l’expertise mondiale, mais aussi de données publiques au Canada, par exemple celles de bornes qui mesurent le niveau de l’océan », explique Mme Seifreid.

François Godbout a ajouté qu’il reste à extraire, mesurer et comprendre toutes ces données. « Il faut analyser des données sur le niveau de l’eau et aussi sur le cycle des marées et le mouvement des plaques tectoniques, même les plus mineurs de quelques millimètres. Nous voulons établir des prédictions sur des périodes de cinq ans. »

Défaut d’entretien

L’avenant exclut la fuite ou l’infiltration d’eau de façon continue ou répétée, y compris celle d’eaux usées. La fuite ou infiltration d’eau serait couverte dans le cas d’un évènement soudain et accidentel, explique M. Godbout. Il estime que les experts en sinistres sont généralement en mesure d’identifier assez clairement si les dommages sont causés par un évènement soudain et accidentel ou par une situation continue ou répétée.

« Une situation continue ou répétée s’apparente à un défaut d’entretien, ce qui explique l’exclusion de la couverture, a-t-il dit. Nous effectuons présentement des travaux de recherche dans les autres provinces canadiennes, ce qui pourrait nous amener à réviser certaines de ses exclusions dans le futur. »

Il a ajouté que l’avenant ne couvrira pas l’eau qui s’infiltre par les fissures dans une fondation. Par contre, si l’eau s’accumule à l’extérieur et passe par la fenêtre, le dommage qui en résulte sera couvert. De même, des risques inattendus comme un toit qui coule, un refoulement d’égout ou un tuyau qui fuit seront couverts, explique M. Godbout.

L’avenant qui se greffe à la police habitation du propriétaire occupant s’adresse aux particuliers et aux clients agricoles. « En ce qui touche l’inondation, le niveau d’élévation de la propriété par rapport au niveau de l’eau aura un impact extrêmement important sur le risque, dit-il. Si vous habitez au niveau de l’eau, l’avenant vous coutera très cher alors qu’à 300 mètres plus haut, il le sera beaucoup moins. Dans notre analyse, nous tenons compte du fait que l’eau suit toujours le chemin le plus facile. »

Limite maximale de couverture

La limite maximale de couverture de l’avenant se détermine par la somme de la valeur du bâtiment, la valeur de son contenu et d’autres éléments, a-t-il ajouté. Parmi ces éléments figurent entre autres les dépendances, par exemple un cabanon, et les frais de subsistances. « Dans tous les cas, nos clients peuvent choisir une limite de couverture qui est inférieure à la limite maximale, ainsi que différents niveaux de franchise, afin de bien gérer leurs couts d’assurance en fonction de leurs besoins de couverture », précise M. Godbout.

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