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Comment le géocodage a déjà transformé la perception et la tarification du risque

par Mathieu Carbasse | 01 décembre 2016 07h00

À l’origine, l’approche géomatique était reliée à la région de tri d’acheminement (RTA) définie par Postes Canada et désignée par les trois premiers caractères d’un code postal canadien, H2R, J9Y, etc.

Les compagnies d’assurance ont longtemps utilisé ces trois caractères pour déterminer leurs différentes zones de tarification. Malheureusement, ce code manquait cruellement de précision. En Abitibi par exemple, les trois premiers caractères (J0Z) couvrent près de 30 % de l’Abitibi…

« Historiquement, il s’agissait d’une extrapolation du code postal, souligne Jean-Sébastien Guy, vice-président responsable des ventes chez Korem. Les actuaires étaient obligés de se fier à ce code, même s’il ne reflétait pas la réalité en termes de risque d’incendie, d’inondation ou de criminalité… »

Au sein d’un même quartier, l’exposition à certains risques peut parfois varier du tout au tout en fonction de différents éléments. Comme, par exemple, la proximité avec un fleuve ou avec un commerce de matières dangereuses.

« Grâce au géocodage, on est capable de déterminer le risque en fonction d’une adresse précise. On peut mettre la pine de Google directement sur votre propriété, avance M. Guy. Comprendre le risque en fonction de la géolocalisation, c’est ce qui nous est demandé. »

Pour l’industrie, le géocodage permet d’éviter l’accumulation de risques dans une même zone géographique précisément définie. Ça permet donc de se prémunir contre une trop forte exposition. Ainsi, un assureur peut dire « je ne veux pas prendre plus de 25 % des habitations dans telle ou telle zone ». C’est encore plus vrai dans les centres-villes où les risques d’incendies, de séismes ou, depuis peu, les risques d’attaques terroristes, peuvent amener un assureur à ne pas trop accumuler de risques dans un secteur.

« D’où l’intérêt de comprendre le risque et de le répartir géographiquement, dit Jean-Sébastien Guy. C’est pourquoi la prime peut être très différente d’un secteur à un autre. Ce n’est pas nécessairement lié au risque, mais plutôt à l’accumulation du risque dans une zone. »

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