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Commerce électronique en temps réel L’ACAC reporte l’échéance de son projet à 2014

par Vicky Poitras | 25 octobre 2011 13h41

Initialement prévu pour septembre 2013, l’Association des courtiers d’assurance du Canada (ACAC, aussi connue sous son acronyme anglais IBAC) reporte l’échéance de son projet pancanadien de transmission des affaires en temps réel d’un an, soit en septembre 2014.

Ce report de l’échéance signifie-t-il que le projet rencontre des obstacles imprévus ? Pas du tout, répond Steve Masnyk, directeur des affaires publiques de l’ACAC.

« Le projet avance à fond. Je ne vois pas quel obstacle pourrait le ralentir. Septembre 2014 est l’objectif pour mettre en place le projet », assure-t-il.

Lors de l’assemblée annuelle de l’ACAC tenue à la fin septembre, à Banff, en Alberta, Brian Yetman, président du comité technologique de l’Association, a déposé son rapport sur l’avancée du projet. L’ACAC souhaite que courtiers, assureurs et firmes de logiciels de gestion de cabinet (BMS) puissent transiger leurs affaires entre eux directement par Internet, sans passer par un portail. Le projet de l’ACAC est connu sous le nom d’IBAC Ideal Workflow. M. Yetman explique que son comité a réalisé des progrès en lien avec ce projet au cours de la dernière année.

Des tests ont été menés avec ces fournisseurs, mais aussi avec des assureurs. Des essais de transactions ont été réalisés avec succès. Du côté des fournisseurs technologiques, Technologie Keal a mené à bien une telle transaction en temps réel. Du côté des assureurs, ce sont Intact Assurance et le Groupe Economical qui ont réussi à communiquer en temps réel avec l’IBAC.

« D’autres tests de transmission se font avec d’autres entreprises. Nous nous attendons à atteindre d’autres caps dans un futur proche », a indiqué M. Yetman dans le rapport annuel de l’ACAC.

Le Journal de l’assurance s’est aussi entretenu avec Brenda Rose, vice-présidente et associée du cabinet First Brook Cassie and Anderson et consultante du comité technologique de l’ACAC. Elle dirige les destinées du projet avec Sheldon Wasylenko, qui agit aussi à titre de consultant du comité technologique de l’ACAC.

Elle souligne que les assureurs travaillent présentement à voir comment ils peuvent répondre, en temps réel, à une demande faite par un courtier pour un changement sur une police d’assurance. Pour rendre cet échange possible, le comité technologique de l‘ACAC travaille avec les standards du Centre d’étude de la pratique d’assurance (CEPA, aussi connu sous son acronyme anglais CSIO).

« Notre défi réside dans le fait que chaque assureur a son propre système, qui ont tous leurs attributs particuliers et dont certains ne sont plus très jeunes. En plus de cela, il faut tenir compte du fait qu’il y a plusieurs BMS dans le marché. C’est pourquoi nous en sommes au point de travailler avec le CEPA pour voir comment amener chaque machine à communiquer avec les autres », dit Mme Rose.

John Eastly, vice-président de Policy Works, souligne qu’une telle façon de procéder rend le courtier plus efficace et aidera l’industrie. « Il y a toutefois un risque que l’assureur renvoie un champ sans information, et que cette manœuvre supprime des données que le courtier avait, mais dont cet assureur n’avait pas besoin. C’est ce genre de petites modifications qui font que les cour-tiers se désintéressent de tels projets », dit-il. C’est pourquoi l’ACAC a décidé d’emblée de s’attaquer aux problèmes causés par les changements à une police, ajoute-t-il.

L’ACAC est d’ailleurs active dans une série de tests avec les fournisseurs de BMS pour évaluer les différentes composantes d’une transaction aller-retour. Selon Mme Rose, ces tests sont nécessaires pour s’assurer que la transaction peut être initiée dans une forme compatible aux standards du CEPA. Deux fournisseurs ont fourni une transaction quasi complète à l’ACAC au cours des dernières semaines.

Surmonter les échecs du passé

Ce projet se concrétisera-t-il ou rejoindra-t-il le cimetière des projets abandonnés en cours de route depuis le début des années 1980? James Nickelo, vice-président exécutif de Compu-Quote, n’a pas la réponse, mais résume bien quelles sont les difficultés de réaliser un tel projet.

« Le Canada est un grand pays. Les compagnies nationales ont des représentants, des bureaux et des équipes à différents endroits dans le pays. Il est difficile de jongler avec tout cela, car chaque entité a sa propre autonomie. Il faut donc tous les rencontrer et les convaincre un par un. Pour convaincre un groupe, il faut parfois faire cinq ou six présentations, car chaque région a ses propres soucis et ses propres besoins. Juste pour faire un bon significatif avec un assureur, vous devez parfois faire cinq ou six rencontres selon différentes régions parce chacune des régions a ses propres soucis et ses propres besoins. »

Pat Durepos, président de Technologie Keal, croit que l’ACAC dispose de beaucoup de crédibilité auprès des assureurs grâce à leurs efforts de vouloir mettre en place des principes et d’établir des lignes directrices. « Ils ont du leadership. Ils font un excellent travail de rassembleur », dit-il. Il ajoute que les assureurs auront un intérêt à faire fonctionner le projet de l’ACAC, puisque le cout pour implanter des nouveaux outils technologiques grimpe sans arrêt. « Ils reconnaissent aussi que les composantes qu’ils ajoutent alourdissent les transactions d’affaires et font en sorte d’augmenter les chances d’un bris de système majeur », dit-il.

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