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Medavie propose de contrer la hausse des dépenses de santé en coordonnant les soins

par Alain Thériault | 13 décembre 2017 07h00

Bernard Lord

Pour le chef de la direction de Medavie Bernard Lord, les soins de santé font face à d’importants enjeux. Il prône la coordination des soins pour les mitiger.

L’ancien Premier ministre du Nouveau-Brunswick a tenu ses propos lors du séminaire annuel de l’assureur, tenu le 16 novembre, à Montréal. Le système de santé canadien se trouve sans cesse plus pressurisé par le vieillissement de la population et l’apparition de nouveaux soins, de nouveaux médicaments et des nouvelles technologies, destinés à traiter des maladies que l’on pensait incurables il y a seulement quelques années, dit M. Lord.

Citant les plus récentes données démographiques de Statistique Canada, M. Lord a révélé qu’entre 2001 et 2016, la population des 65 ans et plus a crû de 52,6 % au Canada, contre une croissance de 17,1 % de sa population totale, et au Québec de 55,8 %, contre 12,8 %. La tendance sera similaire pour les 15 prochaines années, a-t-il ajouté.

C’est pire dans les provinces de l’Atlantique. Aux prises avec une croissance supérieure à 50 % du nombre de personnes âgées dans les 15 dernières, ces provinces ont réalisé une croissance de leur population totale de 2 %. « La prévision des 15 prochaines années est de 0,5 %. »

À une question d’un conseiller préoccupé de cette tendance, il a répondu que le Canada vivra « une nouvelle hausse des dépenses de santé, en raison des nouveaux médicaments plus performants arrivés récemment dans le marché. Mais aussi en raison de médicaments génétiques à venir, qui seront davantage individualisés ».

Les maladies chroniques encore plus fréquentes

Le chef de la direction de Medavie a rappelé une des conclusions du Sondage Sanofi sur les soins de santé, selon laquelle 58 % des assurés en collectif vivent avec au moins une maladie chronique. Plusieurs d’entre eux aimeraient un meilleur encadrement de leur condition. L’enjeu du vieillissement ne fera qu’intensifier ces conclusions, estime-t-il, puisque cette tendance génère un nombre croissant de maladies chroniques.

« Nous vivons de plus en plus longtemps avec plusieurs conditions chroniques. Cette réalité se combine avec l’augmentation des dépenses de santé, tant dans le secteur privé que public, sans que les résultats ne s’améliorent en matière de santé. Lorsque nous pensons retraite, nous pensons jardinage, voyages, loisirs. Mais la retraite, c’est aussi se déplacer d’un spécialiste à l’autre et aller prendre nos prescriptions à la pharmacie. C’est une réalité d’un océan à l’autre », rappelle M. Lord.

Pour faire face à la réalité démographique, le chef de la direction a exhorté toutes les parties prenantes à moderniser et repenser un système de santé façonné à une époque où être malade voulait dire « attraper quelque chose ou se casser quelque chose. Ça s’est développé ainsi pendant des décennies, dit-il.

« Non seulement accède-t-on à de nouveaux médicaments, mais de plus en plus nous réalisons l’importance de la santé mentale sur le mieux-être des individus, et l’objectif de bien gérer l’invalidité devient de plus en plus présent, a souligné M. Lord. Il faut une meilleure coordination de la prestation des soins et cesser de croire que les modèles du passé suffiront à aider les patients. Surtout qu’il y en aura plus. »

Approche intégrée

M. Lord croit qu’une des meilleures façons de passer au travers des enjeux est d’adopter une approche intégrée en matière des soins de santé. Il a rappelé que Croix Bleue Medavie, filiale de Medavie, ne fait pas que de l’assurance collective. Il est aussi l’assureur de programmes gouvernementaux, dont ceux des anciens combattants au gouvernement fédéral et des médecins de la Nouvelle-Écosse, a énuméré M. Lord, ajoutant que Croix Bleue Medavie compte près de trois millions d’assurés.

Sa filiale Services de santé Medavie offre du transport ambulancier terrestre et aérien en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard, mais pas au Québec, a-t-il ajouté. « Du moins pas encore », a-t-il dit.  

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