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Des gestionnaires conseillent aux investisseurs de miser sur la mondialisation

par Vicky Poitras | 12 octobre 2006 13h57

Avec un cycle haussier arrivé à maturité, des gestionnaires de fonds communs exhortent les investisseurs à « sortir du Canada » en effectuant davantage de placements dans des fonds étrangers.Ce sont plus de 1000 investisseurs que le président et chef de la direction de Placements Franklin Templeton a exhorté à élargir leurs horizons! « Sortez une partie de vos profits du pays et investissez-les à l’étranger! » a lancé Don Reed à l’auditoire, cet été, lors d’un forum sur l’investissement à Toronto.

Le Canada, a rappelé M. Reed, ne représente que 3% des liquidités disponibles dans les marchés mondiaux. Aussi gestionnaire principal du Fonds international d’actions Templeton, M. Reed souligne donc que l’investisseur n’atteindra une bonne répartition des actifs au sein de son portefeuille qu’en plaçant des billes dans ces 97% des marchés financiers mondiaux, souvent mal exploités par les investisseurs canadiens.

Lors du forum torontois qui regroupait les sept principaux gestionnaires des familles de fonds internationaux chez Templeton, d’autres ont prévenu que le cycle haussier qui a caractérisé les marchés financiers canadiens ces dernières années touche à sa fin. Ces gestionnaires estiment que les investisseurs doivent s’attendre à obtenir des rendements moins importants de ces marchés à l’avenir.

Par contre, certaines actions internationales présentent encore un bon potentiel de croissance, laissent-ils entendre.

C’est le cas particulièrement d’actions d’Europe, d’Asie, des États-Unis ou d’actions des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), qu’ils ont décrites comme étant des occasions d’investissement prometteuses.

Autre gestionnaire présente au forum, Lisa Myers a nommé certaines régions du monde où investir pourrait se montrer fructueux. Parmi elles, la vice-présidente et gestionnaire de portefeuille à Nassau pour Templeton Global Advisors, et vice-gestionnaire principale du Fonds de revenu mondial Templeton, voit un grand potentiel aux États-Unis.

« Les titres mondiaux de grande capitalisation sont peu onéreux de nos jours », a-t-elle lancé, évoquant des compagnies comme Pfizer, Microsoft, AIG… Les actions de Microsoft s’échangent à un rapport cours-bénéfices très bas en regard des estimations passées, explique-t-elle. Et ce qui joue en faveur de la pharmaceutique Pfizer, ce sont les nombreux nouveaux médicaments qu’elle lance dans le marché, ainsi que les dépenses qu’elle coupe. Ses actions s’échangent 20 ou 30% moins cher que la moyenne des cours-bénéfices du secteur.

Reprenant d’ailleurs la gestion principale du Fonds de croissance Templeton, à la suite du départ de George Morgan, Mme Myers entend conserver un type de gestion « constant ».

Gestionnaire en chef de Templeton Asset Management à Singapour, Mark Mobius considère pour sa part les marchés émergents comme prometteurs. Une perspective que le gestionnaire principal des fonds de Marchés émergents Templeton et de Sociétés BRIC Templeton fonde sur un ensemble de facteurs.

Parmi eux, les bas taux d’intérêt qui permettent aux entreprises d’emprunter, ou encore le pouvoir d’achat sans cesse à la hausse des consommateurs de ces pays. Par exemple, fin 2004, la Chine comptait 400 millions de téléphones portables, avec en moyenne 4 ou 5 millions de nouveaux appareils s’ajoutant chaque mois.

Lors d’une session de questions/réponses, on a demandé à M. Mobius s’il croyait que la Chine pourrait soutenir une telle croissance. Il a indiqué que selon lui, le pays ne pourrait pas conserver une augmentation de son PNB à un taux de 10% comme ça a été le cas en 2005. Il prévoit un ralentissement aux alentours de 6 ou 7% au cours des prochaines années.

AGF mise sur la mondialisation

Le gestionnaire torontois Fonds AGF jette également son dévolu sur les marchés émergents d’Extrême Orient, l’étendant à l’Europe.

D’ailleurs convaincue des mérites de ces marchés et de la mondialisation, la compagnie de fonds communs invoque quatre facteurs militant en faveur de l’investissement à l’international : la productivité croissante, le recours à la sous-traitance, la chute des obstacles au commerce international et la concurrence en provenance des autres pays.

Prenant la parole lors d’une tournée de promotion à Toronto, Jim Vlahos a expliqué que l’équipe de gestion croissance d’AGF suit la règle des trois « C ». Cette règle, c’est le bon pays (right country), la bonne compagnie et le contrôle du risque, énumère le vice-président des ventes en Ontario.

« Cette règle prévoit une gestion combinant le choix d’un pays selon ses fondamentaux économiques et celui d’un titre selon un style ascendant [N.D.L.R. ou bottom-up, soit un style de gestion habituellement axée sur la recherche de croissance à prix raisonnable). Cela pour assurer que les décisions d’investissement soient validées par de multiples perspectives. »

Quant à elle, l’Europe apparaît de plus en plus attrayante en termes de cours-bénéfices aux yeux de celui qui dirige l’équipe de gestion croissance qui s’occupe du fonds Categorie d’actions mondiale AGF, Stephen Way. Au moment de la tournée de promotion d’AGF en septembre, ce fonds détenait 33,6% de ses actifs en Amérique du nord, 31,1% dans le Pacific Rim (pays en bordure de l’océan Pacifique) et 29,3% en Europe.

M. Way inclut l’Allemagne au titre des pays attrayants pour investir. « C’est seulement depuis un an que nous avons pris un sérieux intérêt en Allemagne », précise-t-il. Au titre des attraits de l’Allemagne pour l’investisseur, M. Way souligne les cours bas et les bénéfices en croissance.

Également présente lors de la tournée de promotion, Irina Chistyakova a décrit les économies asiatiques comme des investissements prometteurs. Gestionnaire associée à l’équipe dirigée par M. Way, Mme Chistyakova a dit aimer l’Asie pour trois raisons. « Leurs économies se sont améliorées, les dépenses de consommation augmentent et les ratios cours-bénéfices sont attrayants. »

Les pays choisis par la gestionnaire incluent le Japon en raison d’une meilleure économie, la rationalisation des dépenses dans les industries, les salaires à la hausse, la croissance des entreprises et un intérêt renouvelé chez les sociétés étrangères.

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