Intitulée Innovation + Strategic Risk Management : A Positive Pairing for A Better Future, l’étude publiée par Risk Management Society (RIMS), et dont le Portail de l’assurance a obtenu une copie, rapporte qu’en entreprise, plusieurs leadeurs du secteur de l’innovation voient la gestion des risques comme un mal nécessaire.
« Moins de 50 % des professionnels du risque croient que les leadeurs perçoivent leur fonction comme contributive ou essentielle à la croissance de leur entreprise », révèle l’autrice de l’étude, Monica Merrifield, aussi présidente de RIMS Strategic & Enterprise Risk Council (RIMS). Fondé en 1950, RIMS regroupe plus de 10 000 gestionnaires de risques à travers plus de 60 pays.
Les leadeurs responsables des efforts d’innovation dans leur entreprise voient l’expérience avec leurs collègues du risque comme « quelque part entre positive nette et un mal nécessaire », disent en outre 48 % des participants à l’étude.
Occasion de créer de la valeur
L’auteur invite les gestionnaires de risque à mieux comprendre ce qu’est l’innovation, soit mettre en place quelque chose de nouveau pour créer de la valeur. Ils pourront ainsi saisir des occasions qui se situent à la frontière de l’innovation et du risque.
« Comprendre plus profondément l’innovation et ce que cela prend pour innover avec succès pourrait encourager les professionnels du risque à aider les leadeurs à gérer l’incertitude de façon productive, lorsqu’ils implantent des changements », écrit Mme Merrifield.
Réflexion intégrée
L’autrice invite également les gestionnaires de risques à miser sur la créativité et à pratiquer la réflexion intégrée, des atouts qui faciliteront selon elle la collaboration entre équipes. En particulier, une attitude de réflexion intégrée peut permettre de tirer parti des vues opposées face à un problème complexe.
« La capacité à aborder de façon productive la complexité et les vues opposées est un autre trait essentiel pour imaginer et créer de la nouvelle valeur. C’est un trait que les leadeurs, y compris ceux de la gestion de risques, peuvent aisément développer », croit Mme Merrifield.
Elle ajoute que la réflexion intégrée est aussi la capacité de s’enquérir des vues opposées et de résoudre les tensions qu’elles créent, en les combinant en une solution alternative et plus prometteuse.
L’apport du risque
Parmi les recherches compilées dans l’étude, l’une signale que seuls 10 % des bonnes idées finissent par être implantées. Elles manquent souvent d’une approche systématique ou d’un soutien des efforts d’innovations.
L’innovation doit combiner créativité et rigueur pour rendre les idées suffisamment « solides » pour survivre à travers l’implantation et l’apprentissage, ajoute l’étude de RIMS. « Une gestion stratégique des risques peut offrir le genre de créativité et de rigueur requis dans l’exploration de nouveaux modèles de croissance qui auront un plus grand impact », croit l’autrice.
Elle rappelle que les innovations « disruptives » font partie du type d’innovations dont traite l’étude. Mme Merrifield cite une définition de perturbation (disruption) : de nouveaux joueurs qui ciblent un segment de marché ignoré ou mal servi en remplaçant des services et des produits couteux et complexes par d’autres plus simples et abordables. La Ford Model T ou l’ordinateur personnel en sont des exemples.