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Discipline et technologie seront les mots d’ordre chez Aviva Canada

par Vicky Poitras | 03 juin 2007 18h12

Aviva Canada promet ne pas s’engager dans une guerre aux parts de marché à la recherche de croissance malgré le cycle de marché mou qui stigmatise l’industrie. Parallèlement, la société investira jusqu’à 60 M$ dans sa plateforme technologique dans l’espoir de renforcer ses relations d’affaires avec les courtiers.La promesse a été faite par le nouveau président et chef de la direction d’Aviva Canada, Robin Spencer, qui a succédé en mai dernier à l’ex-numéro un, Igal Mayer. M. Spencer est catégorique : il ne suivra pas l’industrie si celle-ci devait s’engager dans une guerre aux parts de marché.

Ce cycle mou a d’ailleurs tenu en échec la croissance d’Aviva Canada. Son volume de primes directes souscrites est en effet demeuré au beau fixe de 3,0 milliards (G$), en 2006 comparativement à 2005.

Le mandat de M. Spencer s’inscrira dans la continuité de celui de son prédécesseur. Ce dernier a fait montre d’une discipline constante en refusant d’assouplir les critères de souscriptions et en refusant de diminuer la tarification de la société, a affirmé M. Spencer dans une entrevue exclusive au Journal de l’assurance.

« Notre ligne de conduite est axée et restera axée sur la discipline, a-t-il lancé. Nous continuerons dans cette voie afin de générer des profits plutôt que du volume. Nous n’hésiterons pas à laisser de côté les segments d’affaires qui n’afficheront pas de profits », a ajouté M. Spencer.

Et il a insisté : « En tant que compagnie publique, nous sommes redevables envers nos actionnaires. Nous devons donc continuer à être disciplinés et à préférer la rentabilité au volume. » Aviva a d’ailleurs livré la marchandise à ses actionnaires en 2006 : le rendement sur l’avoir des actionnaires a bondi de 17,74 en 2005 à 33,77 en 2006.

« D’autres assureurs pourront décider d’accroître leurs parts de marché en étant plus souples dans leur tarification. Et franchement, nous sommes contents qu’ils le fassent parce que nous croyons que leur démarche ne sera pas rentable », a ajouté M. Spencer.

Selon lui, deux phénomènes ont freiné la croissance organique d’Aviva Canada au cours de 2006. L’un est attribuable au cycle du marché mou qui a continué de diminuer la rentabilité du segment d’assurance aux entreprises. L’autre est la poursuite des baisses de primes en assurance auto demandées par les gouvernements de certaines provinces canadiennes, dont l’Alberta, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick.

Ce dernier phénomène explique aussi en grande partie les résultats techniques de l’assureur, qui ont chuté de 94 M$ à 77 M$ en un an. « En Ontario, par exemple, nous n’avons connu aucune augmentation de primes l’année dernière. Par contre, les coûts de réparation des véhicules, ainsi que les réclamations pour blessures cor-porelles ont augmenté de 5 à 7% pour la même période », révèle M. Spencer.

Les revenus de placement de l’assureur ont néanmoins bondi de 133 M$, passant de 284 747 M$ à 417 972 M$ entre 2005 et 2006. La raison? La société a décidé de réaliser en 2006 des gains sur certains placements, après les avoir vus prendre de l’essor en raison des rendements favorables des marchés boursiers.

Côté assurance cependant, M. Spencer entrevoit que la réduction des primes en assurance auto continuera d’affecter négativement le bilan de sa société, au moins au cours des 12 prochains mois. En dehors des acquisitions, où irez-vous chercher la croissance? « Nous nous distinguerons au niveau de l’offre des produits et des services que nous offrons aux courtiers», répond M. Spencer.

Pour ce faire, Aviva compte investir jusqu’à 60 M$ au cours de la prochaine année afin de bonifier sa plateforme technologique de manière, notamment, à faciliter le suivi des affaires des courtiers en assurance aux particuliers. M. Spencer n’a cependant pas élaboré sur les différents services qu’offrira cette plateforme améliorée. « L’idée est de revoir nos procédés d’affaires de manière à faciliter le travail des courtiers. Cela afin de les amener à se concentrer davantage sur les ventes plutôt qu’à la mécanique interne du système. »

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