MENU

Évaluation du cout d’assurance: un nouvel outil amène la résidence sur l’écran du courtier

par Vicky Poitras | 12 novembre 2010 15h44

Finie l’évaluation à l’aveuglette et au téléphone de la prime d’assurance d’une résidence entre le consommateur et le courtier. SCM Gestion des risques a développé iClarify, un système d’évaluation du cout d’assurance des propriétés. Après avoir vu le jour au Canada l’an dernier, le système vient d’être lancé au Québec.Destiné aux courtiers et aux agents d'assurance, il rassemble dans un répertoire près de 3,5 millions de données, tirées d'inspections effectuées par SCM sur des maisons à travers le Canada. Les données comportent entre autres des données sur la valeur des maisons, les sinistres encourus et la géomatique. iClarify fournit ainsi des données sur la construction d'une maison, sa valeur de reconstruction au pied carré, tout en permettant de la voir sur un écran d'ordinateur sans se déplacer.

Le système a la capacité de faire des recherches parmi toutes les adresses au Canada. « Si la ville concernée a plus de 4 000 habitants, nous disposons de photos de propriétés prises depuis la rue ainsi que du voisinage, et ce, grâce à un système d'imagerie satellite. iClarify permet ainsi d'établir un profil de risque plus précis, ce qui permet de faire une meilleure évaluation de la propriété », a expliqué Jeff Sutton, directeur d'iClarify, en entrevue avec le Journal de l'assurance.

Les photos proviennent de iLOOKABOUT, compagnie établie à London en Ontario, et qui se spécialise dans l'imagerie géo-spatiale. « Chaque dossier de maison comporte plusieurs photos prises à 1.5 mètre de distance les unes des autres. C'est encore plus précis que ce que propose Street View de Google », indique Samir Hasbani, directeur national, développement des affaires services aux municipalités chez SCM.

Les photos permettent au courtier de valider depuis son bureau les données fournies par son client. SCM dit avoir déjà réalisé une importante percée en Ontario. « Plus de 700 courtiers utilisaient ce service, en date de la fin d'octobre. Environ 18 000 transactions étaient effectuées chaque semaine, pour une moyenne de 3 600 transactions quotidiennes. Le service est incorporé au portail CVA de Compu-Quote, qui permet d'établir le cout de reconstruction d'une habitation.

« Nous avons décidé de travailler avec Compu-Quote, qui est très bien implanté au Québec et en Ontario. Les courtiers qui l'utilisent ont automatiquement accès à iClarify. En revanche, ceux qui ne se servent pas de Compu-Quote peuvent s'adresser directement à nous », précise M. Sutton.

La consultation du dossier du client ne coute rien aux courtiers. Une fois que la vente du contrat d'assurance est effectuée, c'est l'assureur qui en paie le cout.

iClarify a été lancé en novembre 2009 en Ontario. « Nous avons répondu à un besoin dans l'industrie. Le client fournissait souvent de l'information approximative de sa maison. De la superficie jusqu'aux détails de ses composantes. Au lieu de ces approximations, iClarify apporte une expertise. C'est une référence pour les assureurs et les courtiers », explique M. Sutton.

Un an après son lancement, la plateforme a déjà évolué. « Nous avons intégré des informations provenant de cinq enquêtes de souscription ainsi que des données d'autres filiales de l'entreprise », spécifie M. Sutton. Courtiers et assureurs sont en mesure d'évaluer le risque que représente la résidence en matière de combat contre l'incendie. Ainsi, l'utilisateur peut voir sur son écran d'ordinateur la distance qui la sépare de la caserne de pompiers la plus proche.

Pas moins de 14 données clés sur une propriété permettent d'en évaluer la valeur (voir encadré). Si la maison en question n'a pas été inspectée, son évaluation est fondée à partir de celles des maisons voisines qui l'ont été. L'hypothèse retenue par SCM est que ces résidences voisines ont souvent été construites à la même époque et possèdent donc des caractéristiques et des finitions semblables, dit M. Sutton.

Mise à jour continue

« Dans pareil cas, nous avons des estimations, mais pas de détails. De plus, si les inspections des maisons sont vieilles de cinq ou dix ans, leurs évaluations sont estimées en fonction des nouveaux couts de construction. Nous tenons aussi compte de l'inflation », souligne M. Sutton. Une mise à jour continue des données se fait aussi.

iClarify donne aussi un aperçu de la fiabilité et de la précision de ses données avec un système de notation. SCM attribue ainsi à chaque évaluation produite un nombre d'étoiles allant d'un à six. Le principe est simple : plus il y a d'étoiles, plus l'évaluation est fiable. Le pointage est fondé sur l'ensemble des données disponibles sur la propriété. La notation tient aussi compte de la distance parcourue pour trouver des maisons possédant des caractéristiques similaires.

« Si nous attribuons six étoiles à une évaluation, cela signifie que nous sommes certains de sa fiabilité. En revanche, si une évaluation n'en possède que deux, cela ne veut pas dire qu'elle est erronée. Cela indique plutôt que nous voulons revoir les données. Il nous faut trouver une centaine de maisons aux caractéristiques semblables pour vérifier l'évaluation », a-t-il précisé.

SCM envisage aussi d'élaborer une solution permettant d'évaluer le cout de reconstruction d'une maison, un problème qui perdure en assurance. « Toutes les inspections que nous avons effectuées et les réclamations devraient nous permettre d'apporter une réponse », dit M. Sutton.

Ce dernier ajoute qu'iClarify pourrait aider à réduire la fraude à l'assurance. « On travaille avec les banques et les compagnies d'assurance qui émettent des prêts hypothécaires à cet effet. Ça pourrait réduire le nombre de fraudes liés aux hypothèques. Le système peut aussi servir en cas de pertes totales ou de réclamations très élevées sur une résidence. Dans ce cas, on pourra visualiser la maison avant l'incident », explique M. Sutton.

Publicité