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Fonds communs : des PDG demandent une simplification

par Susan Yellin | 04 janvier 2016 07h00

De gauche à droite, Joanne Laurentiis de l’IFIC, Carol Lynde, de Bridgehouse, Paul Lorentz, de Manuvie et David Scandiffio, de CIBC.

En cette ère où non seulement les exigences réglementaires, mais aussi le nombre de fonds communs de placement et leurs séries se multiplient, le marché doit viser la simplification, et non la complexité à outrance, ont affirmé des PDG de sociétés de placements.

« L’industrie continue de lancer des fonds et des séries les uns après les autres », déplore Carol Lynde, présidente et directrice de l’exploitation de Gestionnaires d’actifs Bridgehouse, en évoquant les 3 222 fonds communs de placement destinés aux particuliers et quelque 15 000 séries offertes au Canada à la fin aout 2015. La situation est devenue ridicule. Il est temps de simplifier. Mais comment? » a-t-elle demandé lors d’une tribune portant sur les tendances de l’industrie tenue au congrès de l’Institut des fonds d’investissement du Canada (IFIC) au début d’octobre.

Accroitre la collaboration

Une des façons qui pourraient aider à réduire toute cette complexité, ce serait d’accroitre la collaboration entre les membres de l’industrie, a David Scandiffio, président et chef de la direction de Gestion d’actifs CIBC. « Je pense notamment à une collaboration entre les autorités réglementaires, les organismes de défense des investisseurs et l’industrie. Sinon, on nous imposera des exigences normatives. Inutile de compliquer les choses. »

D’un autre côté, Paul Lorentz, président des Investissements Manuvie, a expliqué que la nature des stratégies que les entreprises devront retenir dans les années à venir devra nécessairement être complexe, en partie parce que le travail présentera une envergure beaucoup plus internationale. « Ces stratégies devront procurer une protection en cas de période baissière. On aura davantage de profils d’épargnant pour gérer la complexité des solutions mises à la portée du consommateur pour lui permettre d’attendre ses objectifs à la retraite. »

Paul Lorentz croit qu’une seule et même solution ne pourra pas convenir à tous, précisant en outre que les clients – les jeunes comme les plus âgés – exigeront qu’on leur donne des conseils plus pointus au fil du temps. « Les jeunes clients ont besoin qu’on les aide à partir du bon pied et ils jouissent de l’avantage procuré par un horizon à long terme. Les plus âgés se rendront peut-être compte que la traditionnelle équation voulant que 70 % des revenus avant la retraite répondent à leurs besoins jusqu’à la fin de leurs jours ne tient peut-être plus la route, surtout s’il leur faut des soins de longue durée. »

Il mentionne aussi que les conseillers auront de plus en plus à faire pour s’assurer que les placements sont intéressants sur le plan fiscal, surtout dans le cas de clients présentant une valeur nette élevée et de ceux qui sont à la retraite. M. Lorentz prévoit que le choix de produits se diversifiera, tout comme la façon de les obtenir (facturation à honoraires ou à commission); la concurrence déterminera la suite des choses.

La technologie jouera un rôle important dans le travail que feront les conseillers pour traiter les besoins de leurs clients; ce sera aussi un outil qui aidera bon nombre d’investisseurs à mieux comprendre l’information qui leur est destinée, prévoit David Scandiffio.

Tout en reconnaissant que la technologie peut parfois agir à contre-emploi en noyant l’investisseur sous un flot d’information, il croit que celle-ci reste un précieux outil pour l’investisseur. « Dans l’ensemble, on peut faire un parallèle avec la transparence : elle aide à bien cerner le contexte et la valeur proposée. »

Des conseils automatisés

Aucun des panélistes n’a semblé très inquiet de l’arrivée, voire la croissance des conseils informatisés; il s’agit en fait à leur avis d’un outil que les conseillers devront apprendre à exploiter.

La gestion de portefeuille automatisée met à la portée des investisseurs qui s’y connaissent peu un formulaire leur permettant de dresser leur profil. Du coup, il les aide à évaluer leur tolérance au risque-tout en leur proposant des solutions peu coûteuses. « Cela pourrait être une piste intéressante à explorer », dit M. Scandiffio.

Selon un rapport produit récemment par A.T. Kearney, on s’attend à ce que quelque deux milliards de dollars soient gérés de façon automatisée d’ici 2020. C’est dire que, d’ici là, ces machines à conseils auront la mainmise sur 5,6 % des biens d’investissements des Américains, ce qui représente une augmentation de 0,5 % comparativement à aujourd’hui.

Paul Lorentz dit que le travail du conseiller est appelé à subir des transformations, mais pour l’instant « c’est au point mort », essentiellement parce que les gens n’ont pas le temps ou les compétences pour étudier eux-mêmes chacun des produits financiers offerts.

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