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Fonds distincts : les rachats font reculer les ventes nettes

par Donna Glasgow | 19 novembre 2012 16h30

Le volume élevé de rachats a plombé les ventes nettes de fonds distincts. D’après les données recueillies par la firme de recherche Investor Economics, les ventes nettes de fonds distincts (dont le flux se calcule à partir des ventes brutes moins les rachats) avoisinaient en 2012 le milliard de dollars (G$), en date du 30 septembre. À pareille date en 2011, elles atteignaient 1,29 G$.En revanche, les données concernant les ventes brutes montrent l’intérêt des investisseurs pour les fonds distincts. Elles ont atteint 8,6 G$, en date du 30 septembre 2012, par rapport à 9 G$ pour la même période l’an dernier. Selon Karol Kalejta, analyste principal chez Investor Economics, un grand nombre de rachats concernaient des polices arrivant à échéance, vendus il y a une décennie.

Par ailleurs, les ventes nettes combinées des cinq plus grands vendeurs de fonds distincts sont plus élevées que celles de l’industrie dans son ensemble (1,16 G$ pour ces compagnies, par rapport à 999 millions de dollars (M$) pour l’industrie). Il en est de même pour les dix plus grandes compagnies, qui ont réalisé des ventes nettes de 1,35 G$.

Cela s’explique par le fait que, des 21 compagnies qui offrent des fonds distincts, les cinq ou les dix premières ont des flux positifs, explique M. Kalejta. « Or, de nombreuses compagnies affichent des flux négatifs, notamment des compagnies plus petites ou qui ont quitté le marché, ou celles qui ne réussissent pas aussi bien cette année. »

Retraits de produits

M. Kalejta a rappelé que les ventes de fonds distincts sont restées plutôt stables par rapport à l’an dernier, malgré les nombreux changements apportés à la gamme de produits en 2012, tels que le retrait ou la modification de leur produit de garantie de retraits minimums.

Un facteur expliquant la croissance des ventes provient des efforts déployés par les conseillers pour amener leurs clients à investir dans des produits de garantie de retraits avant qu’ils soient retirés du marché ou modifiés.

« Leurs efforts ont donné lieu à un afflux important de capitaux dans les fonds distincts. Les ventes nettes ont été assez soutenues, notamment dans les fonds à garantie de retraits », dit M. Kalejta. Durant l’année, des fluctuations importantes ont marqué les ventes des compagnies, selon les changements qu’elles apportaient aux produits, a-t-il ajouté.

Empire Vie progresse

Au chapitre des ventes nettes, l’assureur Empire Vie a fait un bond de la 18e position, en septembre 2011, à la sixième place, en septembre 2012. Au chapitre des ventes brutes, Empire Vie est passé du sixième rang, en 2011, au troisième, cette année, un classement plus élevé attribuable à ses fonds à garantie de retraits.

« Actuellement, c’est un des derniers joueurs du marché à ne pas avoir modifié son produit… Les montants versés et les caractéristiques offertes sont les plus élevés de l’industrie. »

Standard Life est une autre compagnie qui se démarque. Elle se classe première au chapitre des ventes nettes. Elle occupait le deuxième rang l’an dernier. Pour ce qui est des ventes brutes, elle occupe le cinquième rang, comme l’an dernier.

« Standard Life a connu un regain lors du lancement de sa garantie de retraits, et même si la compagnie l’a retirée, ses produits traditionnels ont enregistré de très bons résultats. De plus, elle peut offrir un produit avec pleine garantie de 100/100 qui plait aux clients. » Maria Cadena, analyste principale chez Investor Economics, fait observer que la composition de l’actif des fonds distincts est désormais plus conservatrice. Cette tendance s’observe aussi dans d’autres secteurs d’investissement, comme les fonds communs. « Chacun recherche un revenu fixe et les fonds distincts ne font pas exception, compte tenu du fait qu’on a plafonné leurs composantes en actions. »

Les investisseurs souhaitent tout de même un peu de rendement, ajoute-t-elle. « Parmi les principales catégories d’actif à la hausse figurent des obligations à rendement élevé et des obligations étrangères, dont le rendement est meilleur. »

M. Kalejta fait remarquer que la tendance vers des compositions plus modérées d’actif dans les fonds distincts est déterminée en fonction des investisseurs et des compagnies offrant les fonds. « Les investisseurs sont prudents. Ils aiment un rendement sous forme de revenu par opposition à l’effet de marché, qui tempère la volatilité des marchés. Mais il est aussi vrai que les produits plus modérés sont préférables pour un assureur. C’est mieux pour le bilan, car ils sont beaucoup moins volatils et, à terme, c’est mieux aussi pour les actionnaires de nombre de compagnies publiques. »

Un exemple de cette tendance modérée visant à minimiser les risques est l’absence presque complète chez les assureurs de fonds distincts avec garantie de 100 % sur le marché. Une autre illustration est la réduction des produits à garantie de retraits, un développement majeur du marché des fonds distincts, en 2012.

M. Kalejta fait remarquer qu’il y a un an, la tendance était inverse. Les compagnies investissaient ce marché avec de nouveaux produits. Or, les taux d’intérêt faibles, la volatilité des marchés et, surtout, de nouvelles exigences de fonds propres ont eu pour effet de réduire la gamme de produits.

« Les compagnies sont en ce moment en période d’examen, dit M. Kalejta. Elles étudient comment rendre leurs produits durables et valables à long terme. »

Mme Cadena ajoute avoir entendu plusieurs assureurs lui dire que ce sont les actuaires qui se retrouvent aux commandes pour ce qui est du développement de produits. « Lorsqu’ils se penchent sur un produit, ils cherchent à voir s’il est possible de le protéger contre les risques liés aux fluctuations boursières. Ils fondent donc leurs décisions davantage sur ce facteur que sur la popularité d’un produit, ses particularités ou son potentiel de croissance, des éléments qui motivaient les décisions avant. »

Donc, après avoir été aux commandes, les départements du marketing et des ventes ont-ils perdu le leadership en matière de développement de produits? Pas exactement, dit-elle. Cela s’explique par le plus grand droit de regard des actuaires et le partage plus équitable du développement de produits. « C’est maintenant plus équilibré et marqué par la prudence », dit-elle.

M. Kalejta ajoute que la situation actuelle est similaire à celle qu’ont connue les assureurs il y a dix ans, avec les exigences règlementaires de fonds propres. « Ils ont dû évaluer l’état de leurs activités. À l’époque, les services d’actuariat ont analysé le contexte, démontré son impact sur la compagnie et fixé les conditions pour la durabilité des produits. » La situation actuelle pourrait être similaire : « une quête de la durabilité et une période d’examen, mais, à terme, il va sans dire que les compagnies reviendront avec de nouveaux produits. Elles sont très innovatrices. De plus, les fonds distincts seront toujours bien accueillis par les clients. »

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