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Formation continue : la Chambre souhaite que l’offre soit adaptée à l’expérience des professionnels

par Hubert Roy | 13 septembre 2012 12h58

Il n’est pas rare de voir un jeune entrant dans la carrière assister à une session de formation continue aux côtés d’un vétéran aguerri. Malheureusement pour ce dernier, le cours auquel il assiste lui apporte peu, mais il le suit pour respecter ses obligations en matière de formation continue obligatoire. La Chambre de l’assurance de dommages souhaite corriger cette lacune et demande aux formateurs d’y prêter attention.Il s’agit de l’un des constats qu’on retrouve dans l’analyse des besoins de formation qu’a publiée la Chambre au cours des dernières semaines. Tout au long de 2011, l’organisme d’autorèglementation a organisé des groupes de discussion pour évaluer l’offre de formation continue obligatoire dispensée dans l’industrie. 57 professionnels de l’industrie y ont pris part. Onze recommandations en ont découlé.

La Chambre a mené cette enquête pour évaluer l’évolution de son règlement sur la formation continue obligatoire, adopté il y a dix ans, dit Maya Raic, PDG de la Chambre. Le Journal de l’assurance l’a rencontrée dans les locaux de la Chambre, le 28 aout dernier. Elle était accompagnée de Jocelin Pilon, directeur du service de gestion des opérations de la formation continue, et de Julie Boulanger, coordonnatrice à la formation.

« On veut bien diriger nos formateurs et nos membres. L’industrie est toujours en évolution. Il est donc important de se mettre à niveau. Il ne faut pas non plus oublier le mandat de la Chambre, qui est de protéger le public. Une offre de formation adéquate rejoint donc cet objectif », dit la PDG de la Chambre.

Besoins criants en assurance des entreprises

Un des principaux constats dégagés de l’exercice est qu’il y a un besoin au niveau de la gradation de la formation. « L’industrie présente une moyenne d’âge plus élevée que d’autres. Il y a donc un besoin d’avoir des formations destinées à des gens qui ont beaucoup d’expérience derrière la cravate. C’est important que les formateurs offrent cette gradation dans leur offre », dit Mme Raic.

Les participants aux rencontres de discussions ont aussi demandé des formations plus pointues en assurance aux entreprises, notamment en ce qui a trait à l’assurance transport, aviation, maritime, agricole ou encore à la responsabilité civile. Pour bien identifier les besoins de l’industrie, la Chambre mènera un sondage en octobre. Les résultats seront diffusés au début de 2013. Des actions en découleront ensuite.

Selon Mme Boulanger, le sondage aura aussi l’avantage de cibler pour quelles niches les membres de la Chambre ont de l’intérêt. « Les formateurs pourront ensuite bâtir leur offre. Pour le moment, il n’y a pas de formation pour plusieurs créneaux de l’assurance des entreprises, car les formateurs n’y ont pas vu de niche. Toutefois, s’ils voient que plusieurs petits cabinets sont intéressés à suivre une formation pour une niche particulière, ils se diront que ça vaudra la peine de développer quelque chose. À notre sens, il y a un bassin qu’on ne voit pas. Le sondage permettra d’avoir de l’information plus précise sur les besoins des membres », dit-elle.

Rehausser le niveau des formateurs et des gestionnaires

La Chambre veut aussi contribuer à rehausser le niveau des formateurs pour s’assurer qu’ils soient capables de rendre la matière. Au début de 2013, elle leur offrira un cours pour les sensibiliser au développement de leur expertise. « On veut pousser leur niveau de compétences plus loin et les inciter à améliorer leur pédagogie », dit Mme Raic.

Les participants ont aussi réclamé plus de formations en gestion et en leadership. La PDG de la Chambre s’est dite heureuse d’entendre une telle demande. En réponse à celle-ci, le nombre de formations accréditées dans la catégorie de l’administration a augmenté. La Chambre reconnait maintenant 20 formations pour les gestionnaires, offertes par l’École de technologie supérieure (ETS) et CFC Dolmen. De plus, la nouvelle matière, « efficacité opérationnelle », dans la catégorie « développement professionnel », sera dorénavant reconnue par la Chambre, jusqu’à un maximum de cinq heures.

M. Pilon a aussi mentionné que la Chambre avait présenté son rapport à l’Institut de l’assurance de dommages du Québec (IADQ) et à l’Association des directeurs de formation, qui comprend entre autres les formateurs de 25 grands cabinets et assureurs. « Des cabinets et des assureurs nous ont aussi joints pour avoir des copies supplémentaires du rapport, en vue de bâtir leur offre de formation pour les années à venir. On sent que nos recommandations sont bien accueillies et qu’il y a de l’intérêt pour bonifier l’offre de formation continue obligatoire », dit-il.

Les gens de la Chambre se sont toutefois dits étonnés de la faible connaissance de la politique d’accréditation de formation continue obligatoire, laquelle permet à un représentant de demander une attribution à son dossier pour une formation non accréditée. En réponse à cette lacune, la Chambre a produit un dépliant explicatif, qui sera disponible dans les prochains jours.

De plus, la section formation du site Web de la Chambre sera bonifiée. « Il y aura aussi une série d’articles et de capsules disponibles à l’attention des formateurs. On y couvrira divers sujets, dont l’analyse des besoins de formation d’un cabinet, les conditions de succès d’une formation, l’appui à l’intégration des apprentissages ou comment animer un groupe », dit Mme Boulanger.

Anglais, conformité et formulaires

La Chambre reconnaitra aussi certains cours d’anglais langue seconde, dans la mesure où le contenu du cours concerne l’assurance de dommages. Une formation qui porterait sur l’explication d’une police d’assurance à un client anglophone serait ainsi reconnue. Un maximum de cinq heures de formation en anglais pourra être reconnu par la Chambre à cet effet.

Quant aux unités de formation continue à obtenir en conformité, plusieurs participants ont fait savoir à la Chambre qu’ils avaient le sentiment que le sujet pourrait devenir redondant. L’organisme d’autorèglementation a ainsi développé une liste de sujets pouvant être reconnus dans cette catégorie.

Les participants ont aussi souligné qu’il y avait peu de formations pour soutenir les changements dans les formulaires d’assurance, qui sont pourtant nombreux. Ces formations seront dorénavant reconnues par la Chambre. La formation ne devra toutefois pas porter uniquement sur le formulaire, mais couvrir des éléments de contenu transférables d’un assureur à un autre.

Les cours en salle plus populaires

La popularité de la formation en ligne en assurance de dommages reste encore à prouver, selon les dires de la Chambre. Plusieurs participants aux rencontres de discussion ont indiqué qu’ils préféraient les cours en salle à ceux sur le Web. « On le voit aussi quand nous offrons des formations en région, dit Mme Boulanger. L’exercice est rentable, car les salles sont pleines. »

Une offre de formation est présentement disponible par le biais d’un partenariat avec Educollege. La Chambre dit toutefois poursuivre sa réflexion quant à la possibilité d’offrir elle-même des formations en ligne .

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